En Algérie (1844-1899)

Josef Kuhlman était mon trisaïeul. Né le 2 janvier 1809 à Stockholm, il est le fils de Johan Peter (1767-1839) lui même neveu de Johan (1738-1806) et deviendra l’héritier de la dynastie des Kuhlman. Après des études à l’Université d’Uppsala, il intègrera le Kommerskollegium en 1834. Certains textes le mentionnent comme stationné au Consulat de Tunis à partir de 1838 mais cela n’a pas pu être vérifié. Mais on sait qu’il n’était pas présent en Suède à cette époque. Une énigme qu’il me reste à élucider …

En décembre 1844 il apparait dans le premier Gouvernement Bugeaud en tant que courtier maritime et de marchandises et traducteur assermenté Suédois, Norvégien, Anglais, Allemand et Français ! Josef n’aura de cesse de publier dans les journaux Suédois de l’époque des articles incitants les investisseurs et exportateurs Suédois à s’intéresser à l’Algérie. Ces textes précieux nous donnent également beaucoup d’indications sur le développement de la colonie. Son fils Sigurd le rejoint en 1849, il a alors 14 ans à peine. Sigurd apprend le métier de courtier auprès de son père et du Consul de Suède Rouget de Saint-Hermine avant de devenir lui même courtier maritime en 1867 à Oran.

Gravure représentant le Consulat de Suède en 1830.

Il est fort probable que Josef et sa première épouse, Augusta Maklin ne vécurent pas longtemps ensemble. Après la naissance de Sigurd en septembre 1835, on ne trouve pas de trace notable de leur présence ensemble. Augusta était partie rejoindre sa mère Louise à Borga (Poorvo) en Finlande. Louise était la fille d’un ancien Ecuyer du Roi Louis XVI, le Marquis Louis Frédéric de Vigeuil (1741-1801). En septembre 1862, Josef se marie avec une jeune fille originaire de Muraz dans le Valais Suisse et ils auront trois enfants ensemble, Henric, Ingeborg Josepha et Bertha.

Josef Kuhlman et sa deuxième épouse Marie Pauline Carraux. Collection personnelle de l'auteur.
Josef Kuhlman et sa deuxième épouse Marie Pauline Carraux. Collection personnelle de l’auteur.

En 1863, Josef participe à la commission sénatoriale sur le devenir du commerce et la navigation en Algérie, suite à la lettre de l’Empereur Napoléon III au Maréchal Pélissier, alors gouverneur Général. Ses prises de positions novatrices pour l’époque ne manquèrent pas de faire réagir les membres de la commissions. Josef avait alors une grande expérience de l’Algérie, vingt ans déjà, et avait pour amis nombre de personnages importants dont le Général Yusuf ou encore le Général Brincourt (lire « Marengo d’Afrique »). Brincourt et Kuhlman avaient été invités ensemble d’ailleurs au couronnement du Roi Charles XV en mai 1860. Les présents offerts par le Roi lors de son couronnement (une photo de lui et de la Reine accompagnés de personnages habillés en costumes de l’époque) se trouvent toujours dans l’album de famille. Un album que j’ai appelé « l’Album de Sigurd »…

la ferme Saint-Joseph à Bourkika
La ferme Saint-Joseph à Bourkika, propriété de la famille à partir de 1860.

Josef devient Consul Général en septembre 1872, il a alors 63 ans. Un an plus tôt il est également devenu Consul du Danemark après en avoir été le Chancelier dès le début des années 1850. Josef meurt à Alger le 4 août 1876 et est enterré au Carré des Consuls du Cimetière de Saint-Eugène à Alger.

Sigurd Kuhlman (1835-1899)
Sigurd Kuhlman (1835-1899)

En 1891, Sigurd ouvrira la première ligne directe de passagers Oran – New York. Quelques années auparavant, alors qu’il était appelé à Arzew lors d’un naufrage, il fera une rencontre surprenante avec un passager qui n’allait pas tarder à devenir célèbre (lire « Le Naufrage du Mayumba »).

Sigurd se maria avec une jeune fille d’une famille modeste de Paris, Louise Chapotin le 6 janvier 1864 à Marengo (voir marengodafrique.com et le livre du même nom). Sigurd a été le premier de cette dynastie Suédoise à être naturalisé Français, en septembre 1876. Il décède à Saint-Cloud d’Algérie, où il est enterré, le 22 novembre 1899. C’était le grand-père de ma grand-mère…

tombe de Josef Kuhlman, carré des consuls à Alger, octobre 2012
l’auteur sur la tombe de Josef Kuhlman, Carré des Consuls en octobre 2012.