La famille Kuhlman traverse plus de 400 ans d'histoire européenne, de la Poméranie à l'Algérie, en passant par la Livonie, l'Ingrie et la Suède. En 1844, Josef Kuhlman, héritier de cette dynastie, devient l'un des premiers Courtiers Maritimes assermentés, puis Consul Général en 1873. Cette saga familiale est racontée par un descendant direct de Johan de Jamawitz.
Les corps militaires bourgeois (Borgerliga militärkårer)
Le parc du château de Johannisborg à Norrköping. Photo Etienne LAUDE, juillet 2022.
1. Les trois divisions du corps bourgeois
Le corps militaire du Borgerskapet fut divisé en trois divisions : La cavalerie, sous son capitaine le fabricant Peter Jakob Swartz11 ; L’infanterie, sous son capitaine le conseiller municipal Johan Jakob Westerberg¹2 et L’artillerie sous son capitaine, le marchand Hans Ekhoff13.
2. Le corps des fabricants et le Corps de Chasseurs-Libres (Frikårsjägarna)
Deux corps supplémentaires furent formés. Le premier était composé de fabricants non-bourgeois qui, n’étant pas citoyens et donc non astreints au service dans le corps de la milice, s’enrôlèrent volontairement, à condition d’être autorisés à former une troupe séparée et d’être exemptés de l’uniforme. Le magistrat résolut qu’ils étaient les bienvenus, mais qu’ils devaient d’abord demander l’approbation du gouverneur.
Le second corps, plus spectaculaire, était le Corps de Chasseurs-Libres (Frikårsjägarna ou Frijägare), formé par la jeunesse de la ville avec ses propres officiers et des uniformes verts. Un tel corps vert avait été discuté dès 1761 lors de la guerre de Poméranie, mais avait alors été interdit par le magistrat, qui le considérait comme une nuisance et une imposture lors des marches. La gravité de la situation en 1788 emporta ces réticences.
Le Corps Vert exigea cependant de rester uni à l’avenir, pour que ses membres ne soient pas obligés, lorsqu’ils obtiendraient leur brevet de bourgeois (Borgare), de rejoindre le corps militaire ordinaire. Les membres de ce dernier protestèrent, craignant que cela n’empêche le recrutement futur. Le magistrat trouva un compromis : le Corps Vert ne devait pas être augmenté de plus de membres.
3. Les exercices, la haute garde et la diffusion patriotique
Le corps bourgeois établit une haute garde et patrouilla dans les rues, à des fins déclarées d’entraînement selon le capitaine d’infanterie Westerberg. Le gouverneur, peu favorable à des exercices en semaine qui gênaient le travail, ordonna que ceux-ci aient lieu les après-midis des jours fériés.
Dans un geste remarquable de diffusion patriotique, certains de ceux qui avaient contribué à la reconstruction des redoutes décidèrent de financer une édition du discours que Gustaf Engzell14, pasteur du régiment du Corps franc de Dalécarlie, avait prononcé devant les paroissiens de Svärdsjö le 19e dimanche après la Trinité de l’année 1788. L’édition, tirée à 10 000 exemplaires, fut distribuée gratuitement aux congrégations de tout le diocèse de Linköping sur un feuillet ouvert, qui pouvait être accroché au mur de chaque chalet (stuga). Le Journal de la Société Sälskappet pour l’année 1788, n° 28, commente ainsi cette initiative :
«Cette exhortation peut maintenant être placée sur le plus grand mur du paysan, dont l’esprit est à la fois pris et suivi par les enfants et les petits-enfants, en effet tant que la Suède sera un royaume indépendant, tant qu’elle sera gouvernée par Gustave.»
4. La parade du Corps de Chasseurs-Libres (26 octobre 1788)
Le 26 octobre 1788, le Corps de Chasseurs-Libres effectua une démonstration publique mémorable : il défila de son lieu d’entraînement à Himmelstadlund sous la musique de campagne (fältmusik), conduit par son capitaine Erik Stenbom15, «ces jeunes guerriers se battant les uns contre les autres avec dévotion et amour pour le roi et le pays». L’enthousiasme était tel — le parc du château (Slottshagen) ayant également été mis à disposition pour les exercices — que le gouverneur dut limiter les tirs d’armes aux dimanches après-midi, afin que les citoyens ne perdent pas leurs heures de travail.
La suite dans un prochain numéro…
11. Peter Jakob Swartz — Fabricant et capitaine de cavalerie. Fabricant (fabrikör) de Norrköping, représentant de la bourgeoisie industrielle. Nommé capitaine de cavalerie (ryttmästare) du corps militaire bourgeois en 1788.
12. Johan Jakob Westerberg — Conseiller municipal et capitaine d’infanterie. Conseiller municipal (rådman) de Norrköping. Commande la division d’infanterie du corps militaire bourgeois en 1788. Organise les patrouilles nocturnes, justifiées comme entraînement militaire.
13. Hans Ekhoff — Marchand et capitaine d’artillerie. Marchand (köpman) de Norrköping. Commande la division d’artillerie (artilleridivisionen) du corps militaire bourgeois en 1788, inscrivant sa fonction dans la lignée des officiers artilleurs bourgeois dont Johan Kuhlman avait été le précurseur dès 1767.
14. Gustaf Engzell — Actif en 1788. Pasteur régimentaire (regementspastor) du Corps franc de Dalécarlie (Dalregementets frikår). Prononce devant les paroissiens de Svärdsjö un sermon patriotique le 19e dimanche après la Trinité de l’année 1788. Ce discours, financé par des bourgeois de Norrköping animés du même patriotisme, fut imprimé à 10 000 exemplaires et distribué gratuitement à toutes les congrégations du diocèse de Linköping — «afin que l’esprit en soit pris et suivi par les enfants et les petits-enfants».
15. Erik Stenbom — Capitaine du Corps de Chasseurs-Libres. Actif en 1788 à Norrköping. Capitaine (kapten) du Corps de Chasseurs-Libres (Frikårsjägarna). Conduit la parade mémorable du 26 octobre 1788 depuis Himmelstadlund au son de la musique de campagne.
Avec cet article j’entame la rédaction d’une autre histoire parallèle à celle des Kuhlman. Une longue Saga dont la principale enigme, l’origine exacte d’un personnage mystérieux, arrivé à Christiania (Oslo) vers 1786 et grand-père d’Augusta Wilhemina Maklin, première épouse de Josef Kuhlman et mère de Sigurd…
Au printemps 1791, Johan Kuhlman prit sa plume et écrivit à son vieil ami Gjörwell (1), Bibliothécaire du Roi à Stockholm, une lettre en apparence anodine :
« Monsieur le Maître de Cavalerie de Haga m’a fait parvenir un dessin de la cave à glace, comme je le voulais. Mes relations avec lui sont très bonnes ! »
Il n’en dit pas plus. Le dessin avait voyagé de main en main — passé, dit-il, par un intermédiaire, puis par son ami le professeur Lidén, avant d’atterrir sur son bureau de Norrköping. L’auteur demeurait, lui, à l’autre bout du pays, dans le vieux quartier de Haga. Mais de quel Haga s’agissait-il ?
Lettre de Johan Kuhlman à Carl Christopher Gjörwell, 18 avril 1791. Archives Royales de Suède.
Il existait alors deux « Haga » en Suède. Celui de Stockholm d’abord — ce parc royal où le roi Gustave III, grand francophile, faisait édifier un palais monumental sous la direction d’un architecte français, Louis-Jean Desprez. Et puis celui de Göteborg — le plus vieux quartier de la ville, fondé en 1648, avec ses ruelles pavées et ses maisons en bois, à l’écart du fracas du port. C’est là, au numéro 35 de la rue Kyrkogatan, qu’une famille française avait élu domicile quelques mois plus tôt.
L’homme s’appelait Vegult. C’est ainsi, en tout cas, qu’on le nommait en Suède. Son vrai nom était « de Vigeuil » ou « du Vigueil », plus exactement : une vieille seigneurie du Limousin, mentionnée dans les armoriaux du royaume de France comme le titre des Aubert, une lignée noble aujourd’hui oubliée. La légende familiale le prétendait Marquis et il était un ancien écuyer du Roi Louis XVI et catholique de surcroit émigré dans un pays luthérien, ce qui, en soi, constituait une forme de singularité qu’on ne peut ignorer.
Il était arrivé de France vers 1787, ou peut-être avant, avec son épouse, quelques caisses et des portraits familiaux de ses parents, certainement. En France, quelque chose s’était brisé. Mais quoi exactement ? Il n’en parlait pas.
Ce qu’on savait de lui, c’est qu’il avait été maître d’armes à Christiania (Oslo), qu’il était proche de Karl von Hessen-Cassel (2), le gouverneur de Norvège, professeur de français et peintre de portraits miniatures à ses heures. Un homme aux talents multiples, qui lui avait permis de toujours rebondir.
Était-ce lui, le mystérieux Maître de dessin de Haga ?
Il faut bien l’avouer : rien ne permet de l’attester si ce n’est ma propre intuition. L’hypothèse est cependant tentante — peut-être trop. Vegult vivait bien dans le quartier Haga de Göteborg au moment précis où Kuhlman reçut ce dessin. Il peignait, il dessinait, il enseignait. Et le professeur Lidén — l’intermédiaire mentionné dans la lettre — était le plus proche des amis de Johan, celui qu’il allait voir à Lida en calèche sur la route de Rödmossen, celui dont il parlait avec une affection particulière. Que Lidén ait croisé un maitre d’armes et artiste français à Göteborg et songé à en parler à son ami de Norrköping : rien de plus naturel, dans ce réseau de lettrés et de curieux qui tissaient alors la vie intellectuelle de la Suède gustavienne. Mais ce n’est qu’une hypothèse. Elle a la solidité de la chronologie mais pas encore la certitude d’une archive.
Ce qui est sûr, c’est que trois ans après cette lettre mystérieuse, en octobre 1794, un Français répondant au nom de Vegult arriva à Norrköping. Il prit une chambre chez le Directeur des Postes, proposa ses services comme professeur de français et peintre de portraits. Dans ses bagages, toujours ces tableaux : un homme à la perruque blanche et à la cape cramoisie — son père, disait-on — une femme aux boucles légères et au regard tranquille, un inconnu à la perruque sombre, et un jeune homme au crâne rasé qui fixait le regard avec une intensité que le temps n’avait pas effacée. Des visages venus d’une France qu’il ne reverrait probablement jamais.
Les portraits des de Vigueil. Collection personnelle de l’auteur.
Johan Kuhlman parlait le français. Sa bibliothèque de plus de mille volumes, son cercle d’amis cultivés, ses liens avec Gjörwell et Lidén, sa fascination pour les idées des Lumières — tout cela faisait de lui un homme à qui l’on pouvait parler sans traducteur, et peut-être sans masque. Est-ce que le nom — du Vigueil, une vieille seigneurie du Limousin — lui dit quelque chose ? Est-ce que l’accent, les manières, les portraits sur les murs de cet homme éveillèrent sa curiosité ? Je cherche encore à pouvoir le confirmer. Car ces portraits ont traversé le temps jusqu’à nous…
Ils se croisèrent à Norrköping, c’est certain. Peut-être se connurent-ils déjà.
Ce que Johan Kuhlman ne pouvait pas savoir, ce soir-là, c’est que la fille de cet homme — Louise Marie, élevée dans les années difficiles qui suivirent par son épouse Charlotte — épouserait un jour un Maklin. Que leur fille Augusta deviendrait la première épouse de son neveu Joseph. Que par ce chemin imprévisible, une famille française en errance, loin de ses racines désormais, traverserait deux siècles et trois continents pour finir par se mêler au nom Kuhlman.
Mais cela, c’est une autre histoire. Ou plutôt : c’est la même.
(1) Carl Christoffer Gjörwell, né le 10 février 1731 à Landskrona, mort le 26 août 1811 à Stockholm, est un homme de presse, éditorialiste, bibliothécaire et auteur de psaumes suédois. Bibliothécaire du roi, il est l’éditeur, à partir de 1755, du Mercure suédois, premier journal critique de son époque
(2) Charles de Hesse-Cassel, landgrave de Hesse-Cassel, né le 19 décembre 1744 à Cassel et mort le 17 août 1836 au château de Louisenlund à Güby, est un prince allemand de la maison de Hesse, beau-frère de Christian VII de Danemark et gouverneur de la couronne danoise dans les duchés. Charles de Hesse-Cassel est le deuxième fils survivant du futur landgrave Frédéric II de Hesse-Cassel et de son épouse, née princesse Marie de Hanovre (fille du roi George II de Grande-Bretagne). Frédéric II se convertit en 1747 à la foi catholique ce qui éloigne de lui son épouse demeurée protestante. Charles et ses frères sont éloignés de leur père, puis élevés par leur tante maternelle, Louise, reine du Danemark; mais elle meurt en 1751. Le prince Charles reste au Danemark, puis il devient en 1768 le successeur du comte von Dehn, comme gouverneur des duchés du Schleswig et du Holstein provinces en majorité germanophones qui appartenaient personnellement à la couronne du Danemark. Il réside au château de Gottorf. Le prince Charles épouse, le 30 août 1766, au château de Christiansborg la princesse Louise de Danemark, fille du roi Frédéric V. Il achète en 1768 le manoir et le village de Rumpenheim en Hesse qu’il agrandit en 1771 pour en faire un grand château, celui de Rumpenheim, ainsi que le domaine de Gereby en 1790, puis en 1807 les terres de Schlei et de Schwansen dans le Schleswig. Il hérite aussi du château de Panker. Le prince Charles de Hesse-Cassel devient landgrave de Hesse-Cassel le 25 janvier 1805, son frère aîné, qui était revenu en Hesse-Cassel en 1785, étant devenu prince-électeur. Il nomme son château de Louisenlund, dans le duché de Schleswig en l’honneur de son épouse, où il termine ses jours.
Ici commencent les terres du domaine d’Algutsboda, à la venue desquelles, lors du mesurage en cours, le propriétaire dudit domaine, le Capitaine (Corpwaerdie Capitainen) Björkman, se présenta et reconnut la possession immémoriale (urminneslig häfd) telle qu’elle a existé et existe conformément à la Carte d’Allmänning de 1708 mentionnée précédemment, entre les domaines d’Algutsboda et Rödmossen, telle que la montre la clôture désormais mesurée et reportée sur la carte, jusqu’au premier point N° I. Le 15 août, Le bornage (Rågång) autour de la zone de mise en culture accordée, conformément à la décision du Haut Gouverneur et à l’Inspection de la Régie de la Couronne, étant ainsi accompli et la zone séparée de la Commune, on procéda au mesurage des tourbières et terrains élevés accordés à la mise en culture, qui se trouvent à l’intérieur de cette délimitation et en lien avec les terres cultivées du domaine de Rödmossen, et dont l’étendue et la nature sont indiquées par la Description de Carte (Chartæ Beskrifning) ci-après.
✦ Découvertes majeures de cette page : le Captain Björkman (propriétaire d’Algutsboda, et ancien propriétaire de Rödmossen avant Kuhlman) était présent lors du bornage et a confirmé la frontière ancestrale entre les deux domaines. Cette frontière existait depuis au moins 1708, attestée par une Carte d’Allmänning de 1708 (document cartographique antérieur maintenant connu). Le bornage a duré du 8 au 15 août ; les mesures de surface ont été prises à partir du 15 août, pour être finalisées le 24 août 1791.
PARTIE III — DESCRIPTION DE CARTE (Chartæ Beskrifning)
III-1 : tourbières
Parcelle N° 1 — Norra Mäsen (Marais Nord)
Constitué d’une tourbière basse (sank dyvall) couverte de petits pins (Täll) et d’arbustes d’épicéas (Granbufkar) ; il s’avère qu’il peut être mis en culture en prairie, après un coût considérable de dessouchage (Rothugning) et d’aménagement de fossés de drainage ; le terrain une fois nivelé et aménagé contient une surface : 5 tunnland 17 kappland (≈ 2,7 ha)
Parcelle N° 2 — Lilla Mäse (Petite Tourbière)
Une petite Tourbière est située le long de l’enclos (Intaga) du Torpet Häradssvedens [la cense des terres communales du district] ; de terre défrichée (rödjord) et de gazon tourbeux (Mästupen wall) ; également propice à la mise en culture en prairie, mais de qualité moindre que la précédente ; contient une surface de 1 tunnland 30 kappland (≈ 0,9 ha)
Parcelle N° 3 — Carlsmäsen
Carlsmäsen (Tourbière de Carls) : aux bordures tourbeuses et au fond marécageux profond (funk dyball) ; couverte de petites épicéas, d’aulnes (Al) et de bouleaux (Björk) ; au centre [légèrement relevé] mais de nature de sol rougeâtre (rödaktig Jordsorten) ; couverte de petits genévriers (marteliger) ; après aménagement de fossés vers le ruisseau à l’extrémité est, où il y a une déclivité permettant l’évacuation des eaux, propice à la fenaison (Äng) ; contient une surface de 12 tunnland 27 kappland (≈ 6,4 ha)
Parcelle N° 4 — Rödmäsen (La Tourbière Rouge)
Rödmossen [La Tourbière Rouge] : de même nature que celle mentionnée précédemment (Carlsmäsen) ; contient une surface de 7 tunnland 10 kappland (≈ 3,5 ha). C’est la tourbière éponyme du domaine. Sa description comme étant « de même nature » que Carlsmäsen est très significative : la rédaction confirme que les deux tourbières sont de nature identique — fond marécageux, végétation clairsemée, sol rougeâtre caractéristique.
Parcelle N° 5 — Terrain de la Couronne (Träfsvederne)
Un terrain référencé sous N° 1 dans l’Inspection de la Régie de la Couronne, comprenant également [le secteur de] la route de Rödmossen et les Marais Nord sur les lieux-dits Träfsvederne ; tract situé sur sol sablonneux (Sandfjord), couvert d’une forêt claire qui ne peut s’avérer utile qu’en pâturage (Betesmark). Surface : 3 tunnland 4 kappland (≈ 1,6 ha)
Parcelle N° 6 — Terrain haut et vallonné / Rödmäse Hage
Terrain haut et vallonné (Höglännd och daldig mark), référencé sous N° 6 dans l’Inspection de la Régie de la Couronne, de terre argilo-sableuse (Sandblandad Lerjord), couverte de forêt haute et clairsemée (Långskog), situé entre Rödmossen et la prairie d’Algutsboda (Algutfbo Äng), propice aux enclos de pâturage (Beteshage) ; dont le domaine a jusqu’à présent fait peu d’usage (misfning) ; Il est rapporté que ce même terrain, ainsi que les terres rocailleuses environnantes, était anciennement enclos et utilisé comme pâture (Hage) pour le domaine de Rödmossen ; c’est pourquoi il s’appelle désormais Rödmäse Hage [la Pâture de Rödmossen] : Surface : 4 tunnland 28 kappland (≈ 2,5 ha).
Parcelle N° 7 — Terrain mixte
Terrain en partie vallonné, en partie légèrement élevé, tel que décrit au 7e point de l’Inspection ; constitué de terre argilo-sableuse ; couvert de forêt haute et clairsemée ; également propice aux enclos de pâturage ; contient une surface de 7 tunnland 4 kappland (≈ 3,5 ha) Sous-total Terrains élevés (N° 5–7) : 15 tunnland 4 kappland ≈ 7,4 ha
TOTAL TERRES DE DÉFRICHEMENT (Summa Upodlingsmark) : 42 tunnland 24 kappland ≈ 20,9 ha
III.3 Terres rocailleuses et incultes
Les Terres Rocailleuses et Incultes, à l’intérieur des limites bornées et arpentées, situées entre et autour des Terrains de Défrichement décrits ci-dessus, couvertes ici et là uniquement d’une mauvaise forêt de pins (Gläfskog), contiennent les étendues suivantes :
Parcelle N° 8 — Träfsvederne (Terres de la Couronne)
Dites Träfsvederne, décrites sous N° 1 dans l’Inspection de la Régie de la Couronne ; situées entre la grand-route (Landsvägen) et le Marais Nord (Norra Mäsen) ; cette zone est constituée d’une lande sablonneuse liée à des roches (stenbunden sandmo), le reste étant de hauts rochers et terres incultes ; contient une surface de 12 tunnland 18 kappland (≈ 6,2 ha)
Parcelle N° 9 — Rödmäse Hage (partie rocailleuse)
Le terrain rocheux et incultivable entre Rödmossen et la prairie d’Algutsboda (Elgutfbo Äng), mentionné dans la Régie de la Couronne sous N° 6, et qui s’appelle désormais Rödmäse Hage [Pâture de Rödmossen] ; d’une surface : 41 tunnland (≈ 20,1 ha) — (calculé d’après le total général : 116:18 − 12:18 − 63:0 = 41:0)
Parcelle N° 10 — Grand terrain rocheux (autour de Carlsmäsen)
Le terrain rocheux du 7e point de l’Inspection, à l’ouest du Domaine, s’étendant autour de Carlsmäsen et jusqu’aux limites ouest de Rödmossen, ainsi qu’aux terres cultivées (odalaägor) du Domaine ; d’une surface de 63 tunnland (≈ 30,8 ha)
TOTAL TERRES INCULTES (Summa Bergig och odugligmark) : 116 tunnland 18 kappland ≈ 57,5 ha
PARTIE IV — ATTESTATION FINALE ET SIGNATURES :
Ainsi mesuré, calculé et établi, et cette zone de mise en culture séparée et délimitée par des lignes droites depuis la Commune, certifiée : À Rödmossen, le 24 août 1791. Au nom des travaux, Joh[an] Nystrand (arpenteur officiel — lantmätare) Johan Märtensson à Hult — Nils Olsson à Ingelstad J.M.S. — Nämdeman (jurés-témoins) — N.O.S.
PARTIE V — TABLEAU RÉCAPITULATIF GÉNÉRAL (Surfaces — Charta Beskrifning)
N°
Désignation
Type
Surface
Ha ≈
1
Norra Mäsen — Marais Nord
Tourbière
5 tl 17 kpl
2,7 ha
2
Lilla Mäse (près Torpet Häradssvedens)
Tourbière
1 tl 30 kpl
0,9 ha
3
Carlsmäsen — Tourbière de Carls
Tourbière
12 tl 27 kpl
6,4 ha
4
Rödmäsen — La Tourbière Rouge
Tourbière
7 tl 10 kpl
3,5 ha
Sous-total Tourbières
27 tl 20 kpl
≈ 13,5 ha
5
Träfsvederne (Couronne)
Pâturage
3 tl 4 kpl
1,6 ha
6
Rödmäse Hage — Pâture
Pâturage enclos
4 tl 28 kpl
2,5 ha
7
Terrain mixte
Pâturage
7 tl 4 kpl
3,5 ha
Sous-total Terrains élevés
15 tl 4 kpl
≈ 7,4 ha
TOTAL TERRES DE DÉFRICHEMENT
42 tl 24 kpl
≈ 20,9 ha
8
Träfsvederne — entre route et Norra Mäsen
Rocheux
12 tl 18 kpl
6,2 ha
9
Rödmäse Hage (partie rocailleuse)
Rocheux
41 tl
20,1 ha
10
Grand terrain autour de Carlsmäsen (ouest)
Rocheux
63 tl
30,8 ha
TOTAL TERRES INCULTES
116 tl 18 kpl
≈ 57,5 ha
TOTAL GÉNÉRAL DU DOMAINE
≈ 159 tl
≈ 78,4 ha
Pour aller plus loin : « Le Livre d’Or de Rödmossen« , commenté par Etienne LAUDE, descendant de Johan Kuhlman (1738-1806), intégrant les biographies de tous les personnages ayant laissé une trace dans ce livre.
Références : Nystrand, Joh., Charta öfver Hemmanet Rödmåsen med en till samma Hemman på Bråbo Härads Allmänning Kolmården belägat Upodlings-Tract, uti Östergötland, Bråbo Härad och Kvillinge Socken, Rödmossen, 24 août 1791. Akt D57-71:1 — LMA (Lantmäterimyndigheternas arkiv), Östergötland, Norrköping. Transcription et traduction intégrales réalisées d’après les 11 pages zoomées du document original, mars 2026.
La guerre de 1788 (Kriget 1788) : la mobilisation civique de Norrköping
Les premières délibérations et l’initiative de Weijerin
La guerre entre la Suède et la Russie, déclenchée en 1788 sous le règne du roi Gustave III7 (Gustav III), provoqua une vague de mobilisation patriotique sans précédent. À Norrköping, c’est Daniel Weijerin, président du conseil des bourgeois (borgarrådets ordförande), qui prit l’initiative en demandant au magistrat : de solliciter l’aide d’un officier de fortification pour les îles, d’envoyer le régiment de cavalerie d’Östergöta pour couvrir la ville et de pourvoir les citadins d’armes de poing et de munitions. Le magistrat était à la fois désireux d’agir et craintif de s’avancer. Une proposition de convoquer la congrégation pour discuter publiquement des défenses fut même rejetée, car on estimait que cela «provoquerait une alarme inutile dans la ville».
La consultation de von Röök et l’incident Iggeström
Néanmoins, un officier de fortification, le colonel C. F. von Röök8, fut convoqué. Il se rendit sur les redoutes en compagnie de l’échevin à la police Iggeström et du marchand Wadström pour examiner les possibilités de défense. Lors de ce déplacement survint un incident révélateur des tensions internes à la magistrature : pendant le voyage, Iggeström lut à voix haute une lettre adressée conjointement au magistrat et aux anciens de la bourgeoisie (borgerskapet). Le magistrat prit fort mal la chose et décida de rappeler à Iggeström «de s’occuper une autre fois de la dignité qui est due à la fonction de magistrat». L’échevin en charge de la justice Ekermann précisa pour sa part que le magistrat ne devait pas être tenu responsable de la gestion et de la correspondance de la ville conjointement avec les anciens. Ekermann, de manière générale, «avait une aversion pour les grandes institutions de défense».
Le gouverneur temporise
Le gouverneur (landshövdingen), dans une lettre du 25 août 1788, loua certes la nécessité de la défense de la ville, mais calma les esprits en rappelant qu’il fallait attendre l’avis du Roi sur l’étendue du danger. L’ennemi, argumentait-il, ne disposait pas de navires d’archipel (skärgårdsfartyg) ; la menace restait donc faible. Il insistait néanmoins sur la nécessité de préparer l’établissement des redoutes et de donner à la bourgeoisie «une certaine pratique de guerre plus grande ». Des gardes devaient être établis sur les hauteurs à l’extérieur de la ville, capables de recevoir des signaux des habitants de l’archipel lorsque l’ennemi arriverait. Sur le dos de cette lettre du gouverneur, une petite strophe avait été écrite au crayon, témoignant de l’humeur royaliste qui régnait dans la ville à l’époque où la ligue d’Anjala (Anjalaförbundet) manifestait son aversion pour le roi :
«Quand les voleurs d’or préparent la chute du Roi, pour rien au monde je n’hésiterai pas à suivre mon Roi dans la mort.»
La collecte de fonds et le plan de défense
L’hésitation du magistrat fut probablement dissipée par la lettre du gouverneur, et le 28 août 1788, la congrégation se réunit pour discuter des moyens de financer la construction des redoutes et l’acquisition des canons. Une collecte publique en numéraire permit de réunir la somme de 2 718 rixdales et 16 shillings. Le plan de défense élaboré par von Röök fut approuvé lors d’une réunion du conseil général le 28 août. Son exécution fut confiée à 6 députés, désignés sous le nom de «Défense-Députation» (Försvarsdeputationen), assistée d’un commissaire aux comptes (revisor) et d’un comptable (bokhållare). Un major Wallander9 fut engagé pour enseigner les exercices militaires aux conscrits : division des hommes en rangs, maniement des armes, etc.
Le recensement des armes et l’enrôlement
Toutes les armes à feu de la ville furent inventoriées. Les hommes servant en dehors de la bourgeoisie habituelle — meuniers, maçons, charpentiers, planteurs de tabac — furent enrôlés quartier par quartier par les conseillers municipaux (rådmän). On parvint à enrôler 1 500 hommes. Dans la cave du marchand Peter Lindahl10, on découvrit 17 centners de poudre à canon (centner krut), aussitôt mis à disposition. En revanche, les 16 canons de la ville étaient hors d’usage, et l’on n’osa pas puiser dans les caisses municipales (stadskassan) pour en acquérir de nouveaux.
Tous ces arrangements furent rapportés au Roi, qui, par lettre du 10 septembre 1788, exprima son «gracieux bon plaisir» (nådigt välbehag) et autorisa les citoyens à prélever sur les réserves de la Couronne 50 centners de poudre à canon supplémentaires.
La suite dans un prochain numéro …
Le Roi Gustave III, dessin de Pehr Hörberg daté de 1773.
7. Gustave III (Gustav III) — Roi de Suède. Né le 24 janvier 1746 à Stockholm — Mort assassiné le 29 mars 1792 à Stockholm. Fils du roi Adolphe-Frédéric et de la princesse Louise-Ulrique de Prusse (sœur de Frédéric le Grand). Despote éclairé francophile, en correspondance avec Voltaire. Abolit la torture, fonde l’opéra royal (1773) et l’Académie suédoise (Svenska Akademien, 1786). Premier chef d’État à reconnaître l’indépendance des États-Unis (1782). Engage la guerre russo-suédoise de 1788–1790 sans résultat territorial décisif. Assassiné lors d’un bal masqué (maskeradbalen) à l’opéra de Stockholm par le capitaine Jacob Johan Anckarström. Inspirera l’opéra Un ballo in maschera de Verdi (1859).
Colonel Carl Fredrik von Röök (1725-1793)
8. Carl Fredrik von Röök — Colonel, officier du génie suédois. Né le 11 mai 1725 — Mort le 2 avril 1793. Officier de fortification au service de la France de 1744 à 1748. Major en 1762, colonel en 1773. En 1772, dirige les enquêtes pour la construction de la route du canal Göta à travers l’Östergötland. Reçoit la noblesse allemande en 1763, naturalisé suédois en 1773. Musicien amateur passionné (violoniste), élu membre n° 82 de l’Académie royale de musique (Kungliga Musikakademien) le 28 mars 1782. Père de Lars Jacob von Röök. En 1788, organise les défenses de Norrköping et dirige les travaux sur les redoutes de Skänäs et Säterholmen. Son fils Gustaf (1773-1852) laissera une note dans le livre d’Or de Johan le 21 août 1802.
9. Major Wallander — Instructeur militaire. Actif en 1788 à Norrköping. Officier engagé par la Défense-Députation pour enseigner aux conscrits de Norrköping les exercices militaires : division des hommes en rangs, maniement des armes, manœuvres d’infanterie. Célébré aux côtés de von Röök dans les chants patriotiques du corps de garde.
10. Peter Lindahl — Marchand de Norrköping et ami de Johan Kuhlman. Son fils Johan Nicolas Lindahl (1769-1813), inscrira un poème dans le livre d’or de Johan le 29 juin 1792.
A travers les personnages évoqués dans ce chapitre on commence à voir se dessiner … le Cercle de Johan.
La carte de Nystrand : bornage (limites de la propriété)
Cette carte et la description qui l’accompagne constitue le document le plus complet et le plus précis de la propriété de Rödmossen. Réalisée par Jacob Nystrand en 1791 suite à la demande de Johan , c’est une merveille de précision. Ce même Jacob Nystrand repassera par Rödmossen en 1794 et déposera dans le livre d’Or de Johan et Margaretha un petit poème présenté à la fin de la deuxième partie de cette évocation de la propriété de campagne des Kuhlman. La description de la propriété est présentée dans cet article dans son intégralité, traduite du Suédois.
Jakob Nystrand, lantmätare — relevé géométrique complet de Rödmossen en 1791. Archives d’Östergötland, Norrköping.
PARTIE I — PROTOCOLE D’OUVERTURE
En l’an 1791, le 8 août, en vertu de la décision (Utslag) du Gouverneur Royal (Kongl. Majts Befallningshafvande) de l’Östergötland et du Comté de Västra, du 7 juin dernier, qui accorde au Négociant de Norrköping Monsieur Johan Kuhlman le droit d’ajouter à sa possession le [quart ?] du domaine franc (frälsehemman) de Rödmossen, en Östergötland, district de Bråbo et paroisse de Kvillinge ; à prendre sur la Commune (Allmänning) dudit district sur le lieu-dit Kolmården, et à mettre en culture contre redevance au Roi et à la Couronne en champs et prairies quatre tourbières, avec 2 petits terrains hauts sur ladite Commune ; l’arpenteur soussigné entreprit, avec l’assistance des jurés-témoins (Nämdeman) Johan Märtensson à Hult et Nils Olsson à Ingelstad, paroisse de Risinge, de mesurer et décrire, et de séparer de la Commune cette zone de mise en culture, selon les limites fixées lors de l’Inspection de la Régie de la Couronne du 19 août de l’année dernière [1790] et confirmées par le Haut Gouverneur Royal. Se présentèrent à cette occasion, conformément à la disposition de ladite décision, au nom du Roi et de la Couronne pour la Commune, le Shérif de la Couronne (Krono Länsmannen) Monsieur Samuel Forsberg ; ainsi que le détenteur du Domaine Rödmossen, Monsieur le Négociant Kuhlman. Bien que cette opération ait été officiellement annoncée dans les églises du district (Östra Eneby, Kvillinge et Simonstorp) selon les attestations des pasteurs sur les annonces publiées, et que les délégués du district aient été requis, il ne se présenta néanmoins aucun habitant du district en qualité de délégué ; c’est pourquoi, en vertu du §59 de l’Ordonnance Royale de Géodésie de 1783, l’arpenteur n’ayant rien à objecter, l’opération se déroulera en bonne et due forme.
Informations clés de cette page :
Information
Détail
Date d’ouverture
8 août 1791
Autorité
Gouverneur Royal de l’Östergötland
Décision d’autorisation
Utslag du 7 juin 1791
Commanditaire
Johan Kuhlman, Négociant (Handelsman) à Norrköping
Droits accordés
Mise en culture de 4 tourbières + 2 terrains hauts sur la Commune de Kolmården
Représentant de la Couronne
Krono Länsmannen Samuel Forsberg
Témoins assermentés
Johan Märtensson (à Hult) et Nils Olsson (à Ingelstad, paroisse de Risinge)
Base juridique
§59 de l’Ordonnance Royale de Géodésie de 1783
Inspection préalable
Krono Betjeningens Besigning du 19 août 1790
PARTIE II — BORNAGE (Rågångsbeskrivning)
Description des 18 bornes frontières. Le bornage délimite le périmètre complet de la zone de mise en culture accordée. Chaque borne (skäl) est décrite avec sa position, ses matériaux et ses dimensions.
Note : 1 aune = 0,6 m
N° I — Storängsskälet (Borne de la Grande Prairie)
Erigée à 59 aunes du coin nord-est de la prairie du domaine Rödmossen, coin qui est également mitoyen de la prairie du domaine Algutsboda ; dans un ruisseau qui coule des tourbières de Carlsmäsen et de Rödmossen et descend vers la rivière dite Gela Bäck. Le cairn (Röret) a été maçonné sur un talus au sud d’un rocher, demi-aune de diamètre, 1 aune de haut ; dans lequel a été enchâssée une pierre plate sur sa face gauche et légèrement rugueuse à l’est, demi-aune de haut, demi-aune de large au milieu, mince et pointue vers le haut. Le guide-pierre vers la prairie : 33 aunes, et vers N° II : 18½ aunes depuis la borne.— Depuis ce point, la ligne droite fut tracée jusqu’à la borne routière N° IV ! et 4 guide-pierres furent placées sur cette même ligne droite ; la première étant la N°2.
N° II —342 aunes depuis N° I. Une pierre pointue et triandrique, 1½ aune de haut, 9 pouces de large et 6 pouces d’épaisseur au milieu, entourée d’un cairn de pierres.
N° III —342 aunes depuis la précédente et 561 aunes depuis N° IV, sur le bord nord d’un chemin allant de Rödmossen à Algutsboda ; cette pierre fait 1 aune de haut, ¼ aune de large et 4 pouces d’épaisseur.
N° IV — Landsvägsskälet (Borne de la Grand-Route)
Landsvägsskälet (Borne de la Grand-Route), située sur le bord sud de la grande route de Stockholm à Norrköping ; cairn de 2½ aunes de diamètre, ½ aune de haut ; la pierre est quadrangulaire à pointe saillante, 2 aunes de haut, 1 aune de large à la base et 15 pouces au milieu, 10 pouces d’épaisseur ; indique la ligne vers N° 3, 2 et 1 avec un guide-pierre dans la même direction ; 25 aunes depuis la borne ; puis 206 aunes jusqu’à [N° V]. ✦ Note importante : La borne N° IV est directement sur la route royale Stockholm–Norrköping — ce qui prouve que la propriété de Rödmossen était traversée par cette grande voie de communication.
N° V — Bergskälet (Borne du Rocher)
Bergskälet (Borne du Rocher), située à 52 aunes du point où le chemin de Rödmossen rejoint la grand-route, près d’un haut rocher à l’est ; cairn de 3 aunes de diamètre, 1 aune de haut, dans lequel est enchâssée une dalle plate de 1 aune 9 pouces de haut, 1 aune de large au milieu, ¼ aune d’épaisseur ; indique N° IV. Un guide-pierre dans la direction de N° VI érigé sur le rocher à 33 aunes de N° V.
N° VI — Norrängsskälet (Borne de la Prairie Nord)
Norrängsskälet (Borne de la Prairie Nord), sur un haut rocher au-dessus du coin nord-ouest de la Prairie Nord de Rödmossen (Norräng) ; là où commencent les terres du Torpet Häradssvedens [la cense des terres de la commune du district] ; une dalle ronde côté est et plate côté ouest, pointue vers le haut, 1½ aune de haut, ¾ de large au milieu ; indique N° V. Entourée d’un cairn de 2¼ aunes de diamètre et ¾ aune de haut.
N° VII — Hagskälet (Borne de la Pâture)
Un cairn dit Hagskälet (Borne de la Pâture) fut érigé près de la clôture de la Prairie Nord (Norräng) du domaine Rödmossen, près d’un rocher ; la pierre est plate côté nord et ronde côté sud, ½ aune de haut, ¾ aune de large, avec une arête vive vers le haut ; indique la ligne partant d’ici vers N° VIII, entourée d’un cairn de 2½ aunes de diamètre et 1 aune de haut. L’Intaga [enclos] de Häradssvedens depuis la Commune suit depuis ici jusqu’à [N° VIII].
N° VIII — Borne à Lilla Mäsen
La borne à la Lilla Mäsen (Petite Tourbière), maçonnée dans un amas de pierres au sud d’un rocher, 33 aunes à l’est de la tourbière.
N° IX — Guide-pierre
Un guide-pierre (ledare) : 387 aunes depuis N° VIII, sur un haut rocher, entouré d’un cairn ; la pierre est triandrique avec pointe saillante, 1 aune 14 pouces de haut, 11 pouces de large et 4 pouces d’épaisseur au milieu. Depuis ce point où les terres de Häradssvedens se terminent et où la Commune reprend, la même ligne droite fut tracée sur 415 aunes jusqu’à [N° X].
N° X — Dalskälet (Borne du Vallon)
Dalskälet (Borne du Vallon), érigée dans un vallon au nord-ouest de Carlsmäsen, sur un terrain plat ; cairn de 2 aunes de diamètre, ¼ aune de haut, dans lequel est enchâssée une dalle plate côté est et ronde et anguleuse côté ouest, 1 aune 8 pouces de haut, ¼ aune de large au milieu ; munie de guide-pierres à 25 aunes de la borne au sud. Depuis ce point, longeant le côté est de Carlsmäsen, le bornage monta en ligne droite par-dessus un haut rocher sur 690 aunes jusqu’à [N° XI].
N° XI — Carlsmäseskälet (Borne de Carlsmäsen)
Carlsmäseskälet (Borne de Carlsmäsen), situé sur un rocher à 50 aunes du bord ouest de ladite tourbière ; cairn de 2 aunes de diamètre et ¼ aune de haut, dans lequel est enchâssée une pierre triandrique, plate côté ouest et arrondie côté est, ¼ aune de haut, ¼ aune de large, ¼ aune d’épaisseur, pointant vers N° X.— Depuis cet endroit, le bornage fut mesuré et jalonné autour d’un marais et d’un vallon en lien avec Carlsmäsen…
N° XIII — Wägskälet (Borne du Chemin) . Note : curieusement borne XII non précisée.
Wägskälet (Borne du Chemin), à 10 aunes au sud d’un chemin menant à Rödmossen, maçonnée dans un amas de pierres ; la pierre fait 6 quarts de haut, 3 quarts de large, plate et mince s’effilant vers le haut, pointant vers N° XIV ; cairn de 3 aunes de diamètre, 1 aune de haut.— Puis 187 aunes jusqu’à [N° XIV].
N° XIV — Källskälet (Borne de la Source)
Källskälet (Borne de la Source), érigée côté nord et tout près d’un rocher, et à 40 aunes d’une source située à l’ouest de ce même rocher (appelée Jacobs Källa — la Source de Jacob) ; le cairn fait 2½ aunes de diamètre, 1 aune de haut, dans lequel est enchâssée une pierre quadrangulaire ; ½ quart de haut, 10 pouces de large et ½ aune d’épaisseur au milieu ; avec un guide-pierre posé à 2 aunes de là ; indiquant une pointe saillante ; depuis ici, la ligne droite traversant les rochers est longue de 1 169 aunes ; 2 guide-pierres furent placées sur cette ligne droite. ✦ Découverte majeure : La Source de Jacob (Jacobs Källa) est ici localisée avec précision : elle se trouve à 40 aunes (≈ 23,8 mètres) à l’ouest de la borne N° XIV Källskälet, elle-même au nord d’un rocher.
N° XV — Guide-pierre : 318 aunes depuis N° XIV, maçonnée sur un haut rocher ; une dalle plate s’effilant vers le haut, ½ aune de haut, ¾ de large au milieu.
N° XVI — Guide-pierre : 544 aunes depuis la précédente, également sur un rocher, entourée d’un cairn ; pierre triandrique à pointe saillante, 1 aune 2 pouces de haut, 7 pouces de large et 4 pouces d’épaisseur au milieu.— Puis dans la même ligne droite jusqu’à [N° XVII].
XVII — Halfsnaneskälet (Borne en demi-lune)
Halfsnaneskälet (Borne en Demi-Lune), maçonnée près d’un rocher, raison pour laquelle le cairn a pris la forme d’un demi-croissant de lune ; 2½ aunes de diamètre, ½ aune de haut ; la pierre indicatrice est triandrique et rugueuse avec des arêtes vives et plate vers le haut ; indique la ligne vers N° XVI ; munie de 2 guide-pierres, l’un vers N° XVII et l’autre vers N° XVIII.—11 aunes depuis la borne.— La dernière ligne de séparation avec la Commune du District fut finalement tracée depuis cet endroit sur 545 aunes jusqu’à [N° XVIII].
N° XVIII — Algutsboda Ängeskäl (Borne des Prairies d’Algutsboda)
Algutsboda Ängeskäl (Borne des Prairies d’Algutsboda), érigée à un angle de clôture à l’ouest de la Prairie d’Algutsboda ; cairn de 2½ aunes de diamètre, ¾ aune de haut ; pierre triandrique, plate côté est et rugueuse côté ouest, 1½ aune de haut, ¾ aune de large au milieu et plate vers le haut ; indique la ligne vers N° XVII.