À la recherche du visage d’Augusta

Le point de départ : quatre photos sans nom
Le début d’une enquête, 2008.

Tout commence avec l’album de Sigurd, cet album de famille que mon père Lucien avait pu récupérer et photocopier chez Suzette, fille de Germaine Kuhlman. Quatre photos s’y trouvaient regroupées. Aucune n’était annotée, à l’exception d’un garçon appelé « Spanti ». Les questions étaient nombreuses. Après échange avec Dag, nous avions pu identifier les personnages un à un. La photo D représentait Swante Nyland, fils de la cousine germaine de Sigurd. La photo C montrait sa mère Amalia Sofia Augusta Hellberg (1831-1873) avec sa fille Amalia Augusta Fernanda (1854-1935). La photo B représentait la mère et grand-mère de ces dernières.

Restait la photo A, celle de gauche.

Une ressemblance troublante

Dès le premier regard, cette femme me frappait. On y reconnaissait quelque chose de familier, des traits que je retrouvais chez ma grand-mère Suzanne et chez sa sœur Germaine, des traits indéniablement Kuhlman. Ma conviction s’était forgée naturellement : il s’agissait d’Augusta Wilhelmina Macklin, première femme de Joseph Kuhlman et mère de Sigurd.

Le doute : une chronologie qui ne colle pas

Mais en examinant la photo de plus près, un détail me fit hésiter. Le format, la qualité, le carton support : il s’agissait sans aucun doute d’une carte de visite photographique. Or ce format n’est popularisé en Suède qu’à partir de 1854, grâce au procédé mis au point par Disdéri. Et Augusta, elle, était morte le 28 octobre 1853.

La chronologie rendait l’identification impossible.

Le dos de la photo : Axel Rydin, Norrköping
Ingeborg Beata Kuhlman (1802-1875), sœur de Josef. Collection personnelle de l’auteur.
Verso de la photographie format CDV. Collection personnelle de l’auteur.

C’est alors que je retournai la photo. Au verso, une inscription en élégantes lettres bleues : Axel Rydins Fotografi-Atelier, Norrköping, Enkefru Lindéns gård, Nya Torget.

Axel Rydin (1837-1912) était un photographe-portraitiste suédois, actif à son studio de la Lindénska gården, Nya Torget à Norrköping, entre 1860 et 1871. La photo avait donc été prise au minimum sept ans après la mort d’Augusta. Toute identification avec elle était définitivement exclue.

Mais quelle Kuhlman vivait à Norrköping ?

La ressemblance familiale était pourtant réelle. Si cette femme ne pouvait pas être Augusta, elle portait indéniablement les traits des Kuhlman. La question devenait alors : quelle Kuhlman vivait à Norrköping entre 1860 et 1871, et était suffisamment proche de Josef ou Sigurd pour figurer dans leur album ? La réponse s’imposa : Ingeborg Kuhlman, sœur aînée de Joseph, avec qui celui-ci entretenait une correspondance régulière. Sigurd l’avait conservée dans son album, en souvenir de sa tante et du lien qui unissait son père à sa famille restée en Suède.

La vraie découverte : un daguerréotype oublié

C’est en continuant à feuilleter l’album que je fis la découverte la plus inattendue. Collé au dos d’une autre photo, presque invisible, se trouvait un vieux daguerréotype découpé et dont les traits s’étaient presque entièrement effacés avec le temps. En jouant sur les contrastes, en retravaillant l’image, je parvins à en améliorer la lisibilité. Puis, en utilisant l’intelligence artificielle, j’obtins une évocation du visage dissimulé sous les années : une femme assise, au regard direct, tenant une lettre dans la main, vêtue avec la sobriété élégante de son époque.

Le vieux daguerréotype. Collection personnelle de l’auteur.
Note : l’image présentée ici est une évocation générée par intelligence artificielle à partir du daguerréotype original très dégradé. Elle ne constitue pas une restauration fidèle mais une interprétation visuelle destinée à donner un visage à celle qui n’en avait plus.

Un daguerréotype ne peut dater que d’avant les années 1860, et potentiellement d’avant 1853. La chronologie, cette fois, n’excluait pas Augusta, bien au contraire.

Pourquoi Sigurd aurait-il conservé précieusement, collé au dos d’une autre photo, ce daguerréotype quasi effacé, sinon parce qu’il représentait quelqu’un d’irremplaçable ? Quelqu’un qu’il avait quitté à l’âge de 14 ans pour rejoindre son père en Algérie, et qu’il n’avait jamais revu. Sa mère. Mais pourquoi était-elle cachée ? Nous ne le saurons jamais mais ce daguerréotype est peut-être la seule représentation photographique connue d’Augusta Wilhelmina Macklin.

Note : l’image présentée ici est une évocation générée par intelligence artificielle à partir du daguerréotype original très dégradé. Elle ne constitue pas une restauration fidèle mais une interprétation visuelle destinée à donner un visage à celle qui n’en avait plus.

Sources : album photographique de Sigurd Kuhlman, collection familiale Laude-Kuhlman ; Axel Rydin (fotograf), Wikipedia suédoise ; DigitaltMuseum, Nordiska museet.

Augusta Wilhelmina Maklin (1811-1853)

La première épouse du Consul et mère de Sigurd.

Une ascendance aristocratique franco-nordique

Augusta Wilhelmina Maklin naît le 31 janvier 1811 à Stockholm. Elle est la quatrième et dernière fille de Gustaf Maklin et de Louise Marie Johanna Vegult (1782–1855), elle-même fille du Marquis Louis Frédéric de Vigeuil et de Charlotte Rebecka Hummelbaeck. Par sa grand-mère maternelle, Augusta est la petite-fille du Maître d’Écurie du Roi Louis XVI, une ascendance aristocratique française qui contraste singulièrement avec la vie discrète et solitaire qu’elle mènera. Augusta grandit dans une fratrie de quatre sœurs : Charlotta Kristina (1804–1887), Lovisa Amalia (1806–1893) et Sofia Magdalena (1808–1896).

Un mariage de circonstance

Le 9 janvier 1835, Augusta épouse Joseph Kuhlman (1809–1876) à Stockholm. Joseph y occupe alors la fonction de Secrétaire de la Chambre Royale de Commerce. Le contexte de cette union est révélateur : six jours seulement avant le mariage, le père de Joseph, Johan Peter Kuhlman, ouvre une école pour jeunes filles à Stockholm, école qui sera placée sous la direction de Louise Johanna de Vegult, la propre mère d’Augusta. Le fait que leur fils Sigurd naisse sept mois après le mariage laisse penser que cette union fut contractée pour « réparer un égarement », la création de l’école par Johan Peter faisant figure de compensation.

Joseph et Augusta ne vivront d’ailleurs probablement très peu de temps ensemble. Leur mariage ne sera marqué que par ce seul enfant.

Sigurd, leur fils unique

Sigurd Kuhlman naît en 1835 à Stockholm. Fils unique d’Augusta et Joseph, il partira rejoindre son père à Alger dès 1849, comme l’atteste son dossier de naturalisation de 1876, qui précise qu’il était en Algérie depuis cette date. Il deviendra pendant trente ans courtier maritime à Oran, loin de sa mère qui mourra seule, sans lui à ses côtés.

Une vie d’itinérances

La vie d’Augusta après son mariage est celle d’une femme seule, en mouvement constant. En 1838, elle quitte Stockholm pour la Finlande, rejoignant sa mère et sa sœur Charlotta Kristina. Un document de la paroisse Hedvig Eleonora de Stockholm, daté du 15 novembre 1838, confirme ce départ. Elle travaille alors de 1838 à 1839 à l’usine Fiskars, à Fiskari, dans la municipalité de Raseborg, sur la côte sud-ouest de la Finlande, une manufacture fondée en 1649, réputée pour ses outils et ses forges.

« Madame Augusta Wilhelmina Kuhlman, née Maklin, qui se déplace maintenant vers la Finlande, est née à Stockholm le 31 janvier 1811 et est pourvue d’une solide connaissance de la chrétienté, d’une pratique régulière [des sacrements], d’une conduite honorable, et est unie par les liens du mariage au Secrétaire de la Chambre Joseph Kuhlman.
Stockholm, le 6 novembre 1838. Pehr Lindström, Pasteur à Hedvig Eleonora. »
« Madame Augusta Wilhelmina Kuhlman, née Macklin, qui est arrivée de Stockholm en 1838 et qui se déplace maintenant vers Helsingfors (Helsinki), est, selon l’attestation apportée avec elle, née à Stockholm le 31 janvier 1811, pourvue d’une solide connaissance de la chrétienté, d’une pratique régulière des sacrements et d’une conduite honorable, et est unie par les liens du mariage au Secrétaire de la Chambre Joseph Kuhlman.
Porjo, le 17 avril 1839. Pour le Pasteur, Stadius, Pasteur adjoint »

En avril 1839, un certificat de déplacement de la paroisse de Porjo (Porvoo) atteste qu’elle s’apprête à partir pour Helsinki. Ce document souligne également ses bonnes connaissances de la foi chrétienne et rappelle sa qualité d’épouse du secrétaire consulaire Joseph Kuhlman. Elle s’installe ensuite à Porvoo (en suédois Borgå), ville historique de la côte sud de la Finlande, où elle vit de 1840 jusqu’au 6 août 1844, avant de retourner en Suède, dans la région de Stockholm, sur l’île de Munsö, au lieu-dit Lilla Norrby, sur le lac Mälaren. Sa sœur restera à l’adresse finlandaise jusqu’au 17 septembre 1847.

Les archives de la paroisse de Stockholm (Klara kyrkoarkiv) la mentionnent dans la capitale en 1843, 1845 et 1846, avec son fils Sigurd.

La séparation définitive (1849)

En novembre 1849, Augusta s’installe seule dans la paroisse de Västra Eneby, près de Kisa. Les registres paroissiaux ne mentionnent pas Sigurd à ses côtés. Croisé avec son dossier de naturalisation de 1876 attestant qu’il était en Algérie depuis 1849, cela permet de déduire que c’est à cette époque que le jeune homme, alors âgé de 14 ans, part rejoindre son père Joseph à Alger pour y apprendre le métier. La famille est désormais dispersée : Joseph en Algérie, Sigurd parti le rejoindre, Augusta seule en Suède.

Kisa, de nos jours.
Une femme d’initiative

Le 29 novembre 1851, Augusta publie une annonce dans le journal Westerwiks Weckoblad, journal de Västervik, comté de Kalmar :

« La soussignée a l’intention d’établir une pension pour jeunes femmes ; quiconque intéressé est prié de me contacter pour de plus amples informations. Augusta Kuhlman, née Mac-Lean. »

Ce projet témoigne d’une femme d’initiative, déterminée à construire son autonomie, seule, loin d’un mari absent installé à l’étranger.

La mort, seule à Kisa

Augusta Wilhelmina Maklin décède le 28 octobre 1853 à Kisa, emportée par la tuberculose (lungsot). Elle avait 42 ans. Les obsèques ont lieu le 6 novembre 1853.

« Mme Augusta Wilhemina Kuhlman née Nac Lean le  31 janvier 1811, est décédée à kisa le 28 octobre, pleurée par son fils et sa mère de 78 ans ».

Le registre civil des décès de Kisa est éloquent : Augusta ne vivait pas avec son mari, qui résidait à l’étranger. Elle n’avait pas d’enfant auprès d’elle, Sigurd étant en Algérie depuis 1849. Sa mère, quant à elle, vivait chez sa fille Sofia Magdalena à Leksand, dans le comté de Dalarna, à 200 km au nord-ouest de Stockholm. L’avis de décès publié dans le Post- och Inrikes Tidningar est sobre :

« Mme Augusta Wilhemina Kuhlman née Mac Lean le 31 janvier 1811, est décédée à Kisa le 28 octobre, pleurée par son fils et sa mère. »

Significativement, son mari n’est pas mentionné parmi les personnes en deuil. Augusta meurt véritablement seule, sans Joseph, sans Sigurd, sans sa mère. Elle est pleurée de loin, par un fils parti en Algérie et une mère qui lui survivra deux ans, mourant à son tour le 21 décembre 1855 à Leksand, chez sa fille Sofia Magdalena.

Une vie en pointillés

Augusta Wilhelmina Maklin laisse l’image d’une femme issue d’une lignée aristocratique franco-nordique, petite-fille d’un officier de la cour de Louis XVI, qui traversa sa vie dans une solitude discrète : un mariage sans partage, un fils parti loin, des déménagements répétés de Stockholm à la Finlande, de Munsö à Västervik, jusqu’à sa mort dans la campagne suédoise de Kisa. Par son fils Sigurd, elle est l’ancêtre directe de la branche Kuhlman qui s’enracinera durablement en Algérie.

Dans un prochain article, j’expliquerai comment, avec force de déduction, j’ai pu retrouver et identifier ce qui est peut-être la seule représentation photographique d’Augusta…

Sources : Archives paroissiales de Stockholm, Porvoo, Västra Eneby et Kisa ; registres d’état civil suédois et finlandais ; dossier de naturalisation de Sigurd Kuhlman (1876) ; Post- och Inrikes Tidningar (1853) ; Westerwiks Weckoblad (1851).

Le Maitre de Haga

L’Enigme Vegult, un mystère encore non élucidé…

Avec cet article j’entame la rédaction d’une autre histoire parallèle à celle des Kuhlman. Une longue Saga dont la principale enigme, l’origine exacte d’un personnage mystérieux, arrivé à Christiania (Oslo) vers 1786 et grand-père d’Augusta Wilhemina Maklin, première épouse de Josef Kuhlman et mère de Sigurd…

Au printemps 1791, Johan Kuhlman prit sa plume et écrivit à son vieil ami Gjörwell (1), Bibliothécaire du Roi à Stockholm, une lettre en apparence anodine :

« Monsieur le Maître de Cavalerie de Haga m’a fait parvenir un dessin de la cave à glace, comme je le voulais. Mes relations avec lui sont très bonnes ! »

Il n’en dit pas plus. Le dessin avait voyagé de main en main — passé, dit-il, par un intermédiaire, puis par son ami le professeur Lidén, avant d’atterrir sur son bureau de Norrköping. L’auteur demeurait, lui, à l’autre bout du pays, dans le vieux quartier de Haga. Mais de quel Haga s’agissait-il ?

Lettre de Johan Kuhlman à Carl Christopher Gjörwell, 18 avril 1791. Archives Royales de Suède.

Il existait alors deux « Haga » en Suède. Celui de Stockholm d’abord — ce parc royal où le roi Gustave III, grand francophile, faisait édifier un palais monumental sous la direction d’un architecte français, Louis-Jean Desprez. Et puis celui de Göteborg — le plus vieux quartier de la ville, fondé en 1648, avec ses ruelles pavées et ses maisons en bois, à l’écart du fracas du port. C’est là, au numéro 35 de la rue Kyrkogatan, qu’une famille française avait élu domicile quelques mois plus tôt.

L’homme s’appelait Vegult. C’est ainsi, en tout cas, qu’on le nommait en Suède. Son vrai nom était « de Vigeuil » ou « du Vigueil », plus exactement : une vieille seigneurie du Limousin, mentionnée dans les armoriaux du royaume de France comme le titre des Aubert, une lignée noble aujourd’hui oubliée. La légende familiale le prétendait Marquis et il était un ancien écuyer du Roi Louis XVI et catholique de surcroit émigré dans un pays luthérien, ce qui, en soi, constituait une forme de singularité qu’on ne peut ignorer.

Il était arrivé de France vers 1787, ou peut-être avant, avec son épouse, quelques caisses et des portraits familiaux de ses parents, certainement. En France, quelque chose s’était brisé. Mais quoi exactement ? Il n’en parlait pas.

Ce qu’on savait de lui, c’est qu’il avait été maître d’armes à Christiania (Oslo), qu’il était proche de Karl von Hessen-Cassel (2), le gouverneur de Norvège, professeur de français et peintre de portraits miniatures à ses heures. Un homme aux talents multiples, qui lui avait permis de toujours rebondir.

Était-ce lui, le mystérieux Maître de dessin de Haga ?

Il faut bien l’avouer : rien ne permet de l’attester si ce n’est ma propre intuition. L’hypothèse est cependant tentante — peut-être trop. Vegult vivait bien dans le quartier Haga de Göteborg au moment précis où Kuhlman reçut ce dessin. Il peignait, il dessinait, il enseignait. Et le professeur Lidén — l’intermédiaire mentionné dans la lettre — était le plus proche des amis de Johan, celui qu’il allait voir à Lida en calèche sur la route de Rödmossen, celui dont il parlait avec une affection particulière. Que Lidén ait croisé un maitre d’armes et artiste français à Göteborg et songé à en parler à son ami de Norrköping : rien de plus naturel, dans ce réseau de lettrés et de curieux qui tissaient alors la vie intellectuelle de la Suède gustavienne. Mais ce n’est qu’une hypothèse. Elle a la solidité de la chronologie mais pas encore la certitude d’une archive.

Ce qui est sûr, c’est que trois ans après cette lettre mystérieuse, en octobre 1794, un Français répondant au nom de Vegult arriva à Norrköping. Il prit une chambre chez le Directeur des Postes, proposa ses services comme professeur de français et peintre de portraits. Dans ses bagages, toujours ces tableaux : un homme à la perruque blanche et à la cape cramoisie — son père, disait-on — une femme aux boucles légères et au regard tranquille, un inconnu à la perruque sombre, et un jeune homme au crâne rasé qui fixait le regard avec une intensité que le temps n’avait pas effacée. Des visages venus d’une France qu’il ne reverrait probablement jamais.

Les portraits des de Vigueil. Collection personnelle de l’auteur.

Johan Kuhlman parlait le français. Sa bibliothèque de plus de mille volumes, son cercle d’amis cultivés, ses liens avec Gjörwell et Lidén, sa fascination pour les idées des Lumières — tout cela faisait de lui un homme à qui l’on pouvait parler sans traducteur, et peut-être sans masque. Est-ce que le nom — du Vigueil, une vieille seigneurie du Limousin — lui dit quelque chose ? Est-ce que l’accent, les manières, les portraits sur les murs de cet homme éveillèrent sa curiosité ? Je cherche encore à pouvoir le confirmer. Car ces portraits ont traversé le temps jusqu’à nous…

Ils se croisèrent à Norrköping, c’est certain. Peut-être se connurent-ils déjà.

Ce que Johan Kuhlman ne pouvait pas savoir, ce soir-là, c’est que la fille de cet homme — Louise Marie, élevée dans les années difficiles qui suivirent par son épouse Charlotte — épouserait un jour un Maklin. Que leur fille Augusta deviendrait la première épouse de son neveu Joseph. Que par ce chemin imprévisible, une famille française en errance, loin de ses racines désormais, traverserait deux siècles et trois continents pour finir par se mêler au nom Kuhlman.

Mais cela, c’est une autre histoire. Ou plutôt : c’est la même.

(1) Carl Christoffer Gjörwell, né le 10 février 1731 à Landskrona, mort le 26 août 1811 à Stockholm, est un homme de presse, éditorialiste, bibliothécaire et auteur de psaumes suédois. Bibliothécaire du roi, il est l’éditeur, à partir de 1755, du Mercure suédois, premier journal critique de son époque

(2) Charles de Hesse-Cassel, landgrave de Hesse-Cassel, né le 19 décembre 1744 à Cassel et mort le 17 août 1836 au château de Louisenlund à Güby, est un prince allemand de la maison de Hesse, beau-frère de Christian VII de Danemark et gouverneur de la couronne danoise dans les duchés. Charles de Hesse-Cassel est le deuxième fils survivant du futur landgrave Frédéric II de Hesse-Cassel et de son épouse, née princesse Marie de Hanovre (fille du roi George II de Grande-Bretagne). Frédéric II se convertit en 1747 à la foi catholique ce qui éloigne de lui son épouse demeurée protestante. Charles et ses frères sont éloignés de leur père, puis élevés par leur tante maternelle, Louise, reine du Danemark; mais elle meurt en 1751. Le prince Charles reste au Danemark, puis il devient en 1768 le successeur du comte von Dehn, comme gouverneur des duchés du Schleswig et du Holstein provinces en majorité germanophones qui appartenaient personnellement à la couronne du Danemark. Il réside au château de Gottorf. Le prince Charles épouse, le 30 août 1766, au château de Christiansborg la princesse Louise de Danemark, fille du roi Frédéric V. Il achète en 1768 le manoir et le village de Rumpenheim en Hesse qu’il agrandit en 1771 pour en faire un grand château, celui de Rumpenheim, ainsi que le domaine de Gereby en 1790, puis en 1807 les terres de Schlei et de Schwansen dans le Schleswig. Il hérite aussi du château de Panker. Le prince Charles de Hesse-Cassel devient landgrave de Hesse-Cassel le 25 janvier 1805, son frère aîné, qui était revenu en Hesse-Cassel en 1785, étant devenu prince-électeur. Il nomme son château de Louisenlund, dans le duché de Schleswig en l’honneur de son épouse, où il termine ses jours.