Norrköping (1719-1770)

Norrköping est une ville de l’Östergötland dont l’essor est étroitement lié au Motala ström (énergie hydraulique) et à son débouché sur la Baltique via Bråviken, ce qui favorise très tôt l’implantation d’activités industrielles et commerciales.

Norrköping à la fin du XVIIe et le chateau de Johannisborg
La ville à la fin du xviie siècle, avec le château Johannisborg au centre qui sera détruit en 1719.

Après une première phase de croissance marquée au XVIIᵉ siècle, la ville subit un choc majeur pendant la Grande guerre du Nord : à l’été 1719, dans le cadre des rysshärjningarna (raids russes le long de la côte orientale suédoise), l’opération conduite par la flotte de galères vise à « dévaster et brûler autant que possible » afin de faire pression sur le gouvernement suédois au moment des négociations de paix ; Norrköping est explicitement citée comme l’une des villes touchées et, dans cette narration, sa destruction apparaît comme un point culminant de la campagne avant que la flotte ne remonte ensuite vers le nord. Les conséquences sont celles d’un incendie de guerre : bâtiments, réserves et infrastructures locales sont anéantis, et l’épisode s’inscrit dans un bilan plus large de villes et de milliers de fermes détruites sur le littoral.

Les « galères » de l’Amiral Fyodor Apraksin
Les « galères » de l’Amiral Fyodor Apraksin.

Au XVIIIᵉ siècle, la ville est reconstruite et l’activité redémarre : des industries reprennent pied notamment l’implantation puis l’essor au milieu du siècle d’activités comme le snus et l’existence de raffineries de sucre dans les années 1740 et plusieurs édifices urbains importants datent de cette phase de relèvement. Cette destruction de 1719 ne met pas fin durablement au rôle urbain de Norrköping mais provoque une rupture brutale, suivie d’une réorganisation et d’une reconstruction qui permettent au tissu économique et urbain de se reconstituer au cours du siècle.

« Le village brûle », peinture de 1862 de Franciszek Kostrzewski.
De nombreux habitants de l’archipel se sont cachés dans la forêt pendant que les Russes incendiaient leurs fermes. « Le village brûle », peinture de 1862 de Franciszek Kostrzewski.
Extrait du registre des Borgare, archives de Norrköping, 17 novembre 1726.

C’est dans ce contexte que Heinrich Kuhlman (1693-1865) s’installe à Norrköping et devient « Borgare » citoyen et marchand ayant une licence pour commercer. Il prend possession d’une autre propriété octroyée à son aïeul Johan Kuhlman (1600-1648). C’est le début d’une nouvelle époque pour les Kuhlman, une époque marquée par le développement du commerce et des grands voyages à travers l’Europe. La première trace de Heinrich Kuhlman , père Henric Junior et Johan, grand-père de Johan Peter et arrière grand-père de Joseph le futur Consul Général qui émigrera à Alger en 1843 date du 17 novembre 1726, date à laquelle il prête serment à Norrköping et devient « Borgare », que l’on peut traduire par « Bourgeois » ou « Citoyen ». A l’époque devenir « Borgare », tout en donnant un statut particulier dans les villes consistait également à recevoir une patente pour exercer un métier qui était régit par des règles et des codes. Le 17 novembre 1726, Heinrich Kuhlman s’établit à Norrköping pour exercer le métier de marchand, négociant.

« le 17 novembre en présence des échevins Mathias Wetterberg, David Schröder, Petter Mortenson, Henric Klüver, Johan Gladhem et Elias Wetterblad ont signé le Protocole de délivrance de la patente de Commerçant les marchands Carl Grönvall, Carl Hilcke, Isaac Blosing, Johan Åberg, Lorens Wetterllén, Johan Zettrén, Claes Dahlgren, Anders Gertson et Henric Kühlman ont prêté le serment de « borgar », la main sur le livre ».