La tombe de Johan (1600-1648)

Il existe quelques traces de la tombe du Chevalier Johan Kuhlman. Suivant les époques, ces registres nobiliaires sont plus ou moins complets. Dans l’extrait ci-dessous, il est donné quelques précisions quant au lieu de la sépulture sans mention de son épouse. Sur d’autres, c’est l’inverse.

Extrait du registre : Frälsesläkter i Finland
intil stora ofreden af
Jully Ramsay

« Originaire de Bornhagenhoff en Ingermanland (Ingrie). Lieutenant Colonel. Fait chevalier le 23 juillet 1648, après sa mort, avec son frère Peter. Enterré en 1648 à Narva, où le colonel Frans Johnstone a offert 100 riksdalers pour sa sépulture dans l’église du château. Marié à Gertrud von Sipstein qui en 1662 vivait encore, veuve. En vertu de la décision de Norrköping, il s’est vu attribuer la juridiction de Ragoditsa ou Raditska (Bornhagenhof) et le village de Sergovitsa en Ingrie le 23.10.1641 ».

La ville de Narva fut presque entièrement détruite pendant la deuxième guerre mondiale. Seul est resté le château, dominant le fleuve Narva qui sépare l’Estonie de la Russie et faisant face à l’autre château d’Ivangorod, tout aussi imposant. En juillet 2023, nous nous rendirent à Narva et avons eu l’occasion de visiter le château de Narva avec un jeune guide, Klim Klimenko qui nous était réservé. Il n’y avait plus d’Eglise du Château donc plus de tombe certainement. Mais cette histoire était intrigante néanmoins car les archives n’avaient aucun document attestant de la présence d’une église à l’intérieur du château. Il y avait bien eu une église dans le village, détruite elle aussi, mais rien à l’intérieur du château à part une petite chapelle mais qui n’était pas utilisée du temps des Suédois et la disposition des bâtiments à l’époque ne permettait guère d’avoir un emplacement dédié aux sépultures des officiers, aussi importants furent-ils.

Plan de la ville de Narva, situé à l’extrémité orientale de l’Estonie, à la frontière russe, très finement exécuté. Avec une clé dans le coin inférieur gauche « A. Alte Stadt Narva. B. Neue Stadt. C. Schloss Ivanogavod. D. Brücke zwisschen Narva und Ivanogorod. ».En haut la rivière Narva.
chateau de Narva aout 2024

Quelques semaines plus tard et alors que je correspondais toujours avec notre jeune guide, il lui vient une idée que j’expose ici :

« A cette époque, sous la domination suédoise, la ville d’Ivangorod, de l’autre côté du fleuve, n’existait pas. À la place, il y avait bien la forteresse militaire d’Ivangorod, mais qui faisait partie de la forteresse de Narva et n’était pas considérée comme une structure défensive distincte. Mais comment aurait-il pu être enterré là-bas alors que la seule église de la forteresse d’Ivangorod était orthodoxe ?

J’ai alors vérifié les sources et découvert que pendant la domination suédoise, l’église orthodoxe construite au XVe siècle avait été rebaptisée et utilisée comme église luthérienne. De plus, dans les sources estoniennes, elle est mentionnée comme l’église du château de la forteresse de Narva. Ce n’est qu’une hypothèse, mais elle s’appuie sur d’autres éléments. Notamment, le domaine de votre ancêtre se trouvait de l’autre côté du fleuve, et il aurait peut-être été plus approprié de l’enterrer dans l’église militaire plus proche de chez lui. De plus, en termes d’espace, la forteresse d’Ivangorod était plus grande que celle de Narva et toujours quelque peu vide, ce qui rendait plus probable qu’elle dispose de place pour l’enterrement des officiers suédois ».

Notre visite à Narva n’avait pas comme seul objectif de retrouver la trace de Johan et sa tombe car je savais que la ville avait été détruite. Mais, il est donc probable ou possible que cette tombe existe encore car préservée dans la forteresse d’Ivangorod. Il ne reste plus qu’à attendre la fin de la guerre et espérer un laisser passer pour s’y rendre …

la Forteresse d'Ivangorod, août 2024.
la Forteresse d’Ivangorod, août 2024.

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