La tombe de Johan (1600-1649) … la suite

les forteresses de Narva et Ivangorod de chaque côté du fleuve Narva

Dans mon premier article j’évoquais ma recherche sur la localisation exacte de la tombe de Johan Kuhlman, Lieutenant-Colonel dans l’armée Suédoise.

Si on combine les informations reprises dans les différents registres nobiliaires suédois édités au fil des siècles (XVIIe au XIXe siècles), les informations connues concernant Johan donnent ceci :

Johan Kuhlman, noble Kuhlman (fils de Johan Kuhlman, Tab. 1), de Bornhagenhof en Ingermanland. Était en 1639 lieutenant-colonel. Admis en 1649-07-22, après sa mort avec son frère Peter (les fils 1650 présentés sous le n° 467). Enterré en 1648 à Narva, où le colonel Frans Johnstone a donné 100 riksdalers pour sa tombe dans l’église du château. Marié à Gertrud von Sipstein (1), qui vivait veuve en 1662.

Pour mémoire, certains extraits indiquaient le lieu de sa sépulture sans mentionner son épouse (voir par ailleurs) et d’autres son épouse sans mention de sa tombe. Ces registres, d’autre part, ne laissaient pas présager des informations ou documents que j’ai pu par la suite consulter aux archives de Suède comme les « Rullors » militaires ou lettres échangées avec la Reine Christine ou encore le Grand Chancelier Oxenstierna.

Lors de notre une visite en août 2024 du château de Narva, notre jeune guide Klim Klimenko nous indiqua qu’à part un petit lieu de recueillement situé au centre du château il n’y avait jamais eu d’église dans l’enceinte de la forteresse et qu’aucune trace d’un quelconque enterrement d’officier n’avait pu être trouvé dans les archives. Ce n’est que quelques jours après notre départ que Klim, intrigué lui aussi, eut une intuition. A cette époque, en 1649, il y avait certes deux forteresses aujourd’hui connues sous leur nom de Narva et Ivangorod (côté Russe) mais qu’elles faisaient partie intégrante de la ville de Narva alors sous domination Suédoise. De plus, si aucune église n’avait existé dans l’enceinte du château de Narva, il y en avait bien eu dans l’enceinte de celui d’Ivangorod. Dont une, initialement de rite orthodoxe, avait été transformée en temple protestant pendant l’occupation Suédoise …

Johan et sa famille ayant élu domicile du côté est du fleuve Narva (Ragoditza et Sirgonitza) en Ingrie à une quarantaine de kilomètres de Narva, l’hypothèse que sa tombe ait été en fait dans l’Eglise protestante d’Ivangorod devenait très plausible voire probable.

Les Eglises Nikolskaja (Saint-Nicolas), à gauche et Uspenskaja (de l’Assomption) dans l’enceinte de la forteresse d’Ivangorod en Russie.

L’Eglise orthodoxe qui fut un temps convertie en temple protestant s’appelle Saint-Nicolas (2). Le site internet stnicholas.org répertoriant toutes les églises portant ce nom indique : « Située juste à l’est de la rivière Narva, à la frontière avec l’Estonie, l’église fait partie du complexe de la forteresse d’Ivangorod. Construite en calcaire en 1498, elle fut la première église orthodoxe de la région de Narva. Utilisée un temps pour le culte protestant au XVIIe siècle, elle fut reconvertie au rite orthodoxe au milieu du XVIIIe siècle. Sa dernière restauration remonte aux années 1970 ».

Suivant les plans anciens, cette église se trouve bien au centre de l’enceinte du château. Reste à espérer la fin prochaine du conflit en cours pour pouvoir avoir la chance de la visiter …

Plan de la forteresse d’Ivangorod. L’Eglise Saint-Nicolas se trouve indiquée par le n°15 et celle de l’Assomption par le n°14.

Pour compléter cette évocation, il faut savoir qu’après la révolution Russe de 1917 et jusqu’à 1939, la forteresse d’Ivangorod fut à nouveau réunie à la ville de Narva comme l’indique le plan ci-dessous datant de 1929.

Si l’intuition de Klim m’a permis une avancée significative dans la résolution de cette énigme, il n’en reste pas moins deux interrogations à élucider : la tombe de Johan est-elle toujours présente dans l’Eglise Saint-Nicolas ? Etait-il concevable de transporter le corps d’un officier, certes de haut-rang, sur plus de 1500 kilomètres par voie de terre à cette époque (3) ? Johan avait-il eu les mêmes faveur que le grand Roi Gustave Adolphe ou encore le Généralissime Baner ? Ou est-ce simplement une stèle évocatrice qu’avait fait poser le Colonel Johnstone en 1649?

Cette part du mystère reste entière. C’est ce que j’évoquerai dans un prochain article…

(1) L’orthographe exacte était en fait Gertrud van Sypesteyn. Voir par ailleurs.

(2) Nicolas de Myre ou Nicolas de Bari, communément connu sous le nom de saint Nicolas, est un Grec d’Anatolie né à Patare en Lycie (actuellement Turquie) vers 270 et mort à Myre en 343[Note 1]. Évêque de Myre en Lycie, il a probablement participé au premier concile de Nicée au cours duquel il combattit l’arianisme. Son culte est attesté depuis le VIe siècle en Orient et s’est répandu en Occident depuis l’Italie à partir du XIe siècle. Canonisé, il a été proclamé protecteur de nombreuses nations et de nombreux corps de métiers ; c’est un personnage populaire de l’hagiographie chrétienne et il est l’un des saints les plus vénérés de l’Église orthodoxe, réputé, entre autres, pour ses nombreux miracles (source wikipedia).

(3) La lettre de la Reine Christine datée du 20 juillet 1649 relative à l’anoblissement de Johan précise bien qu’il est mort au combat en Poméranie peu de temps avant. Ce qui me fait dater sa mort de 1649 plutôt que 1648.

Le Consulat de Suède en Algérie

Si l’on intéresse aux relations diplomatiques entres pays et que l’on essaye de s’y retrouver entre les différentes appellations (ambassades, consulats, légations) surtout aux XVIIIe et XIXe siècles il est normal de s’y perdre. Josef Kuhlman ayant été Consul Général des Royaumes de Suède et Norvège, j’ai souhaité apporter quelques clarifications.

le consulat de Suède en 1830
Le Consulat de Suède en 1830

Au XIXe siècle, la présence suédoise en France ne se résume pas à une seule “ambassade” au sens moderne du terme. Elle s’organise autour de deux dispositifs distincts, complémentaires, qui vont coexister un certain temps : d’un côté la représentation diplomatique à Paris, de l’autre un réseau consulaire déployé dans les villes où se concentrent les intérêts maritimes et commerciaux. C’est cette superposition — légation, consulats, consulat général — qui donne parfois l’impression d’un système complexe, alors qu’il obéit à une logique assez claire.

La légation installée à Paris relève d’abord du politique. Elle est la mission chargée des relations officielles entre États : négociations, correspondance gouvernementale, protocole et suivi des dossiers internationaux. À l’époque, une légation est dirigée non par un ambassadeur, mais par un ministre (souvent “envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire”). La Légation de Suède et Norvège est installée rue de Rovigo à Paris et est dirigée par un Envoyé Extraordinaire et Ministre Plénipotentiaire, en l’occurrence le Baron d’Adelswärd (du 1er août 1858 au 2 juillet 1871). La structure de la Légation comportait un secrétaire, des attachés dont un militaire), proche d’une structure diplomatique à part entière, centrée sur la capitale et tournée vers les relations gouvernementales.

Lettre autographe, datée du1er juillet 1864, du Ministre Baron Adelswärd. Il est chargé d'accueillir l'administrateur de la bibliothèque Royale de Suède souhaitant rencontrer l'administrateur de la bibliothèque Impériale du Louvre.
Lettre autographe, datée du1er juillet 1864, du Ministre Baron Adelswärd. Il est chargé d’accueillir l’administrateur de la bibliothèque Royale de Suède souhaitant rencontrer l’administrateur de la bibliothèque Impériale du Louvre. Collection personnelle de l’auteur.

À côté de cette vitrine politique, les consulats répondent à des besoins plus concrets. Leurs attributions touchent la vie quotidienne des ressortissants et le fonctionnement du commerce : navigation et affaires maritimes, protection des marins, litiges commerciaux, formalités et actes, appui aux échanges. Les travaux sur le XIXe siècle rappellent d’ailleurs que l’on oppose souvent, à tort, diplomates et consuls : en pratique, leurs rôles sont complémentaires et l’action internationale d’un État repose aussi sur ces relais “de terrain”, notamment dans les ports et les zones d’activité économique.

Dans ce contexte, Alger occupe une place particulière. Les notices administratives suédoises décrivent un poste ancien, dont le statut a évolué au gré de décisions officielles. Le consulat d’Alger, établi dans le contexte d’un accord de paix de 1729, est transformé en consulat général en 1857, avec une organisation financée (salaire et frais de bureau). Le fait que les titulaires des postes, les titulaires ont souvent porté un “titre personnel” de consul général, ce qui peut créer un décalage entre le titre de la personne et le statut administratif exact du poste. Enfin, la dénomination varie encore par la suite (retour à “consulat” en 1877), tandis que le ressort consulaire est redécoupé selon les périodes. Tout cela explique qu’un même poste puisse apparaître différemment selon l’année, le type d’annuaire et la manière dont l’auteur privilégie le statut de l’office ou le titre du titulaire.

Josef Kuhlman (1809-1876) Consul Général de Suède et Norvège de 1873 à 1876.
Josef Kuhlman (1809-1876) Consul Général de Suède et Norvège de 1873 à 1876.

La liste des titulaires du poste d’Alger permet d’illustrer concrètement cette histoire administrative : elle mentionne notamment Joseph Kuhlman, en fonctions à partir de 1873 et jusqu’à son décès en août 1876. L’annuaire du corps diplomatique et des consulats étrangers confirme par ailleurs ce maillage, en listant, à côté de la légation parisienne, des postes consulaires en France et en Algérie, et en indiquant « Alger — M. Kuhlman (Joseph), consul général ». Un élément complète utilement cette lecture : l’exequatur. Dans la pratique du XIXe siècle, un consul nommé par un État étranger ne pouvait exercer pleinement dans le pays (ou sur un territoire) où il était affecté qu’après reconnaissance par les autorités locales. Cette reconnaissance prend la forme de l’exequatur, souvent publié dans les documents officiels. Dans le Journal officiel de la République française du 9 février 1874, figure ainsi la mention : « L’exequatur a été accordé à M. Joseph Kuhlman, consul général de Suède et Norvège à Alger », ce qui atteste la reconnaissance formelle de ses fonctions par les autorités françaises.

Reste enfin la question des mots : légation ou ambassade ? La différence est d’abord une question de rang diplomatique. Une ambassade, dirigée par un ambassadeur, constitue le niveau le plus élevé de représentation et devient progressivement la norme au XXe siècle. Pour Paris, la transition est nette : la mission suédoise est élevée du rang de légation à celui d’ambassade le 15 octobre 1947 — date qui marque l’entrée dans le cadre diplomatique “moderne”, où l’ambassade s’impose comme format standard entre États.

Ainsi, loin d’être une anomalie, la coexistence d’une légation à Paris et d’un consulat général à Alger reflète l’organisation classique de la présence internationale au XIXe siècle : Paris pour la politique, les ports et places stratégiques pour le consulaire — avec, au fil du temps, des ajustements de statuts, de titres et de ressorts qui laissent des traces parfois déroutantes dans les annuaires, mais cohérentes une fois replacées dans leur logique administrative.

Après l’indépendance de l’Algérie, la représentation suédoise change de nature : elle s’inscrit désormais dans des relations bilatérales entre États souverains. Le site officiel de la Suède à l’étranger (Sweden Abroad) rappelle que les relations entre la Suède et l’Algérie sont anciennes (1729) et que la Suède reconnaît l’Algérie comme État souverain après la proclamation de l’indépendance en 1962, une représentation diplomatique suédoise est mise en place à Alger au niveau des ambassadeurs dès 1963. Cette ouverture marque le passage d’une logique consulaire héritée des siècles précédents à une représentation diplomatique moderne, chargée à la fois du suivi politique, du développement des relations bilatérales et des services consulaires.

Enfin, il faut rappeler que la mention « Suède et Norvège » dans les documents du XIXe siècle renvoie à l’Union qui liait les deux royaumes : cette union pris fin en 1905, date à laquelle la Norvège se sépare de la Suède et recouvre une politique extérieure pleinement distincte.

CLARIS MAIORUM EXEMPLIS

Sur la façade sud du Palais de la Noblesse à Stockholm, connu en suédois sous le nom de Riddarhuset, orne une inscription latine “CLARIS MAIORUM EXEMPLIS” (suivant l’exemple clair des ancêtres) accompagné d’une statue de Gustav Vasa, roi de Suède de 1523 à 1560.

Riddarhuset

Cet édifice emblématique est situé dans le quartier de Gamla Stan (la vieille ville). Il s’agit à la fois d’un bâtiment historique et d’une corporation qui gère les archives et les intérêts de la noblesse suédoise. Construit entre 1641 et 1674, il représente l’un des plus beaux exemples d’architecture baroque en Europe du Nord. Le projet a été initié par l’architecte français Simon de la Vallée, qui en a conçu les plans initiaux, mais il a été assassiné par un noble suédois en 1642.

blason Kuhlman au Riddarhuset
Le blason des Kuhlman au Riddarhuset, n°467

Son fils, Jean de la Vallée, a repris et finalisé les plans en 1660, avec des contributions d’autres architectes comme Heinrich Wilhelm (1645-1652) et Joost Vingboons (1653-1656). Le bâtiment a servi de lieu de réunion pour la noblesse suédoise lors d’événements historiques majeurs, et deux ailes ont été ajoutées en 1870.

Le palais est stratégiquement placé entre le Palais Royal et l’île de Riddarholmen, soulignant son rôle historique au cœur du pouvoir. Son toit, ses portails et son escalier sont l’œuvre exclusive de Jean de la Vallée. À l’intérieur, il abrite une collection héraldique impressionnante, avec des armoiries des familles nobles suédoises, et sert aujourd’hui de sanctuaire pour l’histoire de l’aristocratie.

Aujourd’hui, le Riddarhuset continue de préserver le patrimoine historique de la noblesse suédoise, en maintenant des registres et en organisant des événements. Il est ouvert au public pour des visites, bien que souvent méconnu des touristes pressés entre les sites voisins.

L’assassinat du Roi Gustave III

Le Roi Gustave III, dessin de Pehr Horberg datant de 1779
Le Roi Gustave III, dessin de Pehr Horberg daté de 1779.

Gustave III de Suède, né le 24 janvier 1746 à Stockholm est mort assassiné le 29 mars 1792 dans cette même ville. Il est roi de Suède et grand-duc de Finlande du 12 février 1771 jusqu’à son assassinat. Parlant et écrivant parfaitement le français, Gustave III est un souverain francophile, adepte de la philosophie des Lumières. Il admire Beaumarchais, Marmontel et Voltaire. Il visite à deux reprises la Cour de Versailles, qui lui réserve le meilleur accueil. Patron des arts, il entretient une troupe de comédiens, de chanteurs et de danseurs français. En 1773, il crée la première troupe d’opéra de Suède et fait bâtir le premier opéra royal de Stockholm, qui sera inauguré en 1782. Il favorisa la diffusion en Suède d’œuvres d’art françaises.

extrait lettre de Johan Peter Kuhlman à son oncle Johan au sujet de l'assassinat de Gustave III 1792

Les archives Royales de Suède contiennent une lettre intéressante de Johan Peter Kuhlman (1767-1839) à son oncle, Johan (1738-1806) qui l’éleva ayant perdu son père très jeune. Johan Peter est le père de Josef, futur Consul Général de Suède et Norvège à Alger. Cette intéressante lettre est écrite à une période cruciale, alors le Roi, Gustave III venait de subir un attentat et alors qu’il était entre la vie et la mort. Alors qu’il réduisait le pouvoir des nobles et imposait son absolutisme, de nombreux nobles en Suède commencèrent à mépriser le roi et complotèrent activement contre lui. Le 16 mars 1792, alors que le roi assistait à un bal masqué à l’opéra royal de Stockholm, l’assassin Jacob Johan Anckarström (1) tira sur le roi dans le dos. Gustave III mourut treize jours plus tard d’une septicémie. La lettre est écrite le 20 mars, quatre jours après la tentative d’assassinat… Gustave III agonisera encore pendant neuf jours.

Johan Peter mentionne également Johan Arosénius. (1769-1848). Après avoir fait ses classes chez Johan Kuhlman dés 1781 en tant que commis commerçant, Arosénius s’associera avec son futur Lars Söderberg en 1791 pour créer la fameuse société de textile Söderberg & Arosenius . En 1792, Arosénius (tout comme Söderberg également commis négociant chez Kuhlman) commençait à développer sa société et s’approvisionnait en matières premières chez les Kuhlman.

Stockholm, le 20 mars 1792,

Je ne sais si ma lettre par courrier de première classe est arrivée. A mon oncle, je peux aussi mentionner qu’ils ont reçu une réponse à la lettre qu’Arosenius m’a envoyée, que j’ai reçu une somme d’argent de 35,24 Ryksdalers et que les lettres qui y étaient contenues, ont été retirées précédemment. Avec ce courrier, j’ai aussi reçu une lettre de mon oncle du 16 mars. Ils ont demandé 15 acres que Ratin a déclaré à Arosenius et il y fait réfèrence . Les projets de loi pour le démembrement des terres suivent ici. Je n’ai pas obtenu de bons conseils de la part d’Apirrci ou d’un autre fabricant, et j’ai été contraint de suivre les conseils de M. Misiag, qui les a également homologués pour obtenir un bon prix, c’est quelqu’un de précis.

Ici aussi ont été vendus pour 35 Ryksdalers : une palette de barils et pour 26 dalers – à la place du vieux « Ryllmarne » à 35 dalers mais je n’ai pas encore reçu la palette de barils de sable à 24 dalers ; , ceci sera envoyé plus tard. Au cours des 35 derniers jours, Min Farbror a été crédité.

Mon oncle est-il informé du tragique attentat qui est arrivé à notre gracieux seigneur ? Dans la nuit du vendredi au samedi, il fut blessé au pistolet par une âme abandonnée de Dieu, un capitaine congédié nommé Anckarström; mais il ne fut pas rendu infâme de ce crime inouï, car beaucoup, en effet, ne furent pas malheureux de cet acte qu’ils considèrent comme une merveille purificatrice.
Dieu a été clément, cependant, car le roi n’est pas encore sur le point de la mort, car nous avons encore besoin de lui vivant, bien qu’il soit connu qu’il peut avoir des travers. On dit que la grenaille de plomb est assez redoutable et qu’une deuxième balle est logée dans une zone du corps. Dieu, qui a tout le pouvoir entre ses mains, aidera Le Roi et tous les autres !

Le navire de Callvagen est arrivé samedi. La nuit dernière, nous avons fait l’éloge de Lisjamenaus. Il est heureux et joyeux, et pourra bientôt voyager, car aujourd’hui les taxes de douanes sont réduites. Il sera bientôt à la maison, et quand il rentrera, il sera entendu. Il est venu à mentionner une mademoiselle Kempe, chez elle à Söderhamn, qui a un enfant de plus, et qui a bien grandi.

Dans l’espoir d’avoir un peu de succès que la dernière fois, je peux faire une tournée du Norrland ce printemps.

A la vie, à la mort
Fidèlement

J.P. Kuhlman

PS : Dans le cas où cette lettre est authentique, je vous promets humblement que je ne l’accepterai pas. Les feuillets d’aujourd’hui ont été imprimés et signés à nouveau pour les besoins de cette affaire.

Jacob Johan Anckarström, né à Roslagen le 11 mai 1762 et mort à Stockholm le 27 avril 1792, est un militaire suédois, assassin du roi Gustave III.
Jacob Johan Anckarström, vers 1792

(1) Jacob Johan Anckarström, né à Roslagen le 11 mai 1762 et mort à Stockholm le 27 avril 1792, est un militaire suédois, assassin du roi Gustave III. Il fut arrêté le lendemain de l’attentat, qui eut lieu lors d’un bal masqué à l’Opéra royal de Stockholm le 16 mars 1792. Il avoua rapidement son crime et fut condamné le 16 avril 1792 à être enchaîné et flagellé publiquement pendant trois jours dans trois endroits différents de la ville. Le 27 avril 1792, sa main droite fut tranchée, il fut décapité, puis son corps écartelé.

La mort de Gerhard à Saatzig

L’historien Samuel Freiherr von Pufendorf (1), rapporte dans son ouvrage « Sechs und Zwantzig Büchern » publié en 1688 pour l’année 1637 la mort au combat du Lieutenant-Colonel Gerhard Kuhlman (le jeune frère de Johan Kuhlman, mon ancêtre direct) :

« De Stetin, Wrangel (2) tira de nouveau ses hommes vers Löckenitz (3) (entre le 30 avril et le 4 mai 1637), décida aussi d’attaquer les officiers ennemis qui se trouvaient à Prentzlow (4) dans le cantonnement ; mais justement dans la nuit (du 12 mai), ils s’étaient enfuis et étaient retournés dans la Marche (5), craignant l’arrivée de Baner (6) sur la Havel ; et parce que celui-ci avait écrit au margrave Sigismund (7) qu’il voulait que tout fût prêt à Berlin pour recevoir les nouveaux hôtes. C’est pourquoi les Impériaux se retirèrent pour protéger cette ville ; Wrangel envoya après eux le lieutenant-colonel Dromond, qui n’en rencontra que peu et revint donc sans avoir rien fait. Seulement sur l’Oder, le lieutenant-major brandebourgeois Vorhauer (8) avait attaqué par surprise les Polonais qui faisaient cantonnement à Dramburg , il fut repoussé par eux dans une violente escarmouche , de sorte qu’il n’en resta pas plus de 20 du côté des Polonais, sans compter les blessés.

PUFENDORF, Sechs und Zwantzig Bücher, extrait sur les circonstances de la mort de Gerhard Kuhlman, p. 381.
le chateau de Saatzig Dessin extrait du livre « Festscheist 600 Jahre Jacobshagen » publié en 1936 à l’occasion des 600 ans de Saatzig.
Dessin extrait du livre « Festscheist 600 Jahre Jacobshagen » publié en 1936 à l’occasion des 600 ans de Saatzig.

Ce même chef s’empara peu après et avec peu de peine du château de Saatzig (9), que les Poméraniens occupaient, et de là il alla à Stargard et appela les nobles poméraniens à rendre hommage au prince de Brandebourg : Mais personne ne voulut répondre à son ordre insensé. Wrangel fut donc amené à retourner à Stetin, et Vitzthumen (10) , avec des cavaliers, des dragons et 400 hommes à pied, commanda à Vorhauern de passer l’Oder et de reprendre Saatzig avant que les Brandebourgeois ne s’y fussent établis. Après un siège de trois jours, Saatzig se rendit faute de poudre et les dragons de l’Armée Impériale furent laissés sur place ; les Brandebourgeois durent cependant se soumettre à la volonté des Suédois. Du côté suédois, 24 hommes ont été portés disparus, dont le lieutenant-colonel Kulemann » . (Pufendorf, 1688), page 381.

En ce qui concerne les circonstances de sa mort, le Pasteur Christoph SCHULTETUS, rapporte dans son homélie funèbre :

« Il était particulièrement doux et gentil avec les pauvres et les veuves, et Dieu tout-puissant lui a donné bon succès et bonheur dans toutes ses expéditions jusqu’à ce que finalement le 10 mai à 12 heures de la nuit, quand il est arrivé devant le château de Saatzig, où il avait été envoyé le 7 de ce mois par Son Excellence le Haut Seigneur Herman Wrangeln, Seigneur du Monastère de Lerpeholm des Chevaliers d’Overpohl, représentant de Sa Majesté et le Conseil Impérial Suédois, Maréchal Général et Commandant en Chef des Armées et des Garnisons en Poméranie, ainsi que le Noble et Strict Sir Johann Vitzthumb d’Echstedt, Lieutenant Général Royal Suédois à Cheval et à Pied, entre autres commandants, a été abattu à la jambe droite en une si louable occasion.

Bien que des docteurs distingués et des barbiers (11) expérimentés aient continuellement observé, et consulté, et qu’ils n’aient pas manqué de diligence, l’aide humaine et les moyens naturels n’ont pas non plus fait défaut : Cependant, le malum a dépassé tout art et tout soin, et parce que le temps lui a été fixé par Dieu, il s’est montré patient pendant tout le temps de sa défaite, dans les douleurs qu’il a endurées, et parce que, uni à la volonté de Dieu, il a confié son corps et son âme à Dieu, qui est bon. a confié à des mains fidèles, et le 29 mai, peu avant son décès, s’est réconcilié avec son Dieu en utilisant le saint et vénérable sacrement du vrai corps et du sang de notre Seigneur et pays de salut Jésus-Christ, et s’est notamment réconcilié avec la belle formule en présence de Monsieur Doctoris Schulteri, en tant que confesseur de son maître, ainsi Dieu a aimé le monde … et sous cette application, il a été sauvé et bienheureux par le gracieux conseil de Dieu, et il a quitté ce monde à dix heures du matin, après avoir accompli le cours de sa vie en 28 ans, 2 mois, 3 semaines et 3 jours ».

(1) Samuel von Pufendorf, né le 8 janvier 1632 à Dorfchemnitz en Saxe, mort le 13 octobre 1694 (à 62 ans) à Berlin, est un historien, juriste et philosophe allemand, représentant du droit naturel moderne ou protestant.

(2) Le comte Carl Gustaf Wrangel, né le 23 décembre 1613 à Skokloster et mort le 5 juillet 1676 au château de Spyker, sur l’île de Rügen, était un militaire et homme d’État suédois, originaire d’une famille allemande des pays baltes. Il fut le dernier acteur militaire suédois majeur de la guerre de Trente Ans.

(3) Löcknitz est une municipalité allemande du land de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale et l’arrondissement de Poméranie-Occidentale-Greifswald. 25 km à l’ouest de Stettin côté Allemand de nos jours.

(4) Prenzlau en Allemagne d’aujourd’hui, 55 km à l’ouest de Löcknitz.

(5) Le comté de La Marck (en allemand : Grafschaft Mark) est un ancien État du Saint-Empire romain. Fondé en 1198 par la maison de La Marck, il rejoint le cercle du Bas-Rhin-Westphalie en 1512. Possession des Hohenzollern à partir de 1614, La Marck, avec le duché de Clèves et le comté de Ravensberg, devient un territoire de l’État de Brandebourg-Prusse dans l’Ouest de l’Allemagne.

(6) Johan Banér (23.6./3.7.1596 Djursholm-20.5.1641 Halberstadt), maréchal de campagne suédois (Feldsmarshall). Officier sous Gustave II Adolphe de Suède en 1614, promu capitaine en 1620, colonel en 1621, major général en 1623, lieutenant général en 1630, participe à la bataille de Breitenfeld le 17.9.1631, prend le commandement en chef de l’Allemagne du Sud à l’automne 1632, est promu maréchal de Suède en 1633 et prend le commandement en chef des troupes stationnées en Silésie.

(7) Sigismund Markgraf von Brandenburg-Ansbach (1592-1640), colonel de l’armée impériale.

(8) Johann von Vorhauer (Vorhawer) ( -après 1649), colonel suédois.

(9) Saatzig (Szadko en Polonais).

(10) Hans (VI) (Johann) Vitzthum von Eckstädt (1595-11.1.1648) né à Sommerschenburg, colonel dans l’armée suédoise. Frère de Barbara, épouse de Gerhardt Kuhlman.

(11) Barbier, rebouteux [suédois barberare] : Au Moyen Âge et au début des temps modernes, les barbiers étaient des personnes actives dans le domaine des soins corporels, de la cicatrisation des plaies et des soins aux malades, comme les barbiers, les baigneurs et les infirmiers. Avec le médecin, le barbier s’occupait des patients, principalement des hommes, en soignant leurs cheveux et leurs barbes.