
Si vous suivez la saga des Kuhlman, vous avez compris que l’Algérie de Josef et Sigurd n’était pas seulement Alger ou Oran. Elle avait un cœur, un territoire, des familles amies dont les destins se sont croisés au milieu du XIXe siècle. Ce point de ralliement fut les villages de Marengo et Bourkika où Josef avait acheté une grande ferme à la fin des années 1860. Et c’est précisément l’histoire de ces villages et de ceux qui l’ont bâti, que raconte avec passion et rigueur le site marengodafrique.fr, que je vous recommande vivement.
Décembre 1848 : la naissance d’un village au prix du sang
Tout commence en décembre 1848, quand 950 colons débarquent dans le port de Cherchell et sont escortés par l’armée vers le site du futur village de Marengo, à une vingtaine de kilomètres de là. Beaucoup viennent de la région parisienne ; on les a envoyés ici pour désengorger une capitale en crise sociale après les journées de juin. On leur a promis des maisons, des champs défrichés. Ils trouveront des baraques à construire eux-mêmes, de la boue, et le choléra. À la fin de l’année 1849, il ne reste que 150 survivants. C’est cette tragédie fondatrice et la ténacité de ceux qui ont tenu que marengodafrique.fr s’emploie à raconter.
Michel-Eugène Beauvais : le personnage central
Le personnage central du site est Michel-Eugène Beauvais (1826–1904), maire de Marengo de 1870 à 1886, beau-frère d’Ovar Lafitte et de Sigurd Kuhlman et arrière-arrière-grand-père de l’auteur. Arrivé en Algérie en 1849 par ses propres moyens depuis Toulon, il sera de toutes les batailles : les épidémies, les invasions de criquets, la révolte de 1871, la construction des écoles, de l’hôpital, du barrage. Le Tell de Blida, à sa mort en 1904, saluait « un vieil algérien qui jouissait de l’estime et de la considération de chacun ».
Les Chapotin : la famille qui reliait tout le monde
Les lecteurs de la saga des Kuhlman connaissent Louise Chapotin, l’épouse de Sigurd. Ce qu’ils ignorent peut-être, c’est que les Chapotin étaient l’une des familles les plus ramifiées de la région. Originaires du village de Zurich (près de Cherchell), elles étaient trois sœurs dont les alliances matrimoniales ont littéralement tissé le réseau humain de la colonisation locale : l’une épouse Michel-Eugène Beauvais futur maire de Marengo, l’autre Ovar Lafitte le futur maire de Cherchell et la troisième Sigurd Kuhlman, fils de Josef. Trois familles, une seule génération, un pan entier de l’histoire de la Mitidja occidentale.
Bourkika, Zurich, Tipaza, Cherchell…
Le site ne se limite pas à Marengo. Il couvre l’ensemble du réseau de villages fondés ou gravitant autour de la municipalité : Bourkika (où les Kuhlman possédaient la Ferme Saint-Joseph), Zurich (premier village habité par les Chapotin, fondé en 1848 par le convoi n°12 auquel participait le célèbre peintre Vivant Beaucé), Tipaza, Montebello, Nador et Ameur-el-Aïn.
En 1865, Napoléon III visite personnellement Marengo. C’est dans ce contexte que Josef Kuhlman, ami du Général Brincourt, lui-même figure centrale de marengodafrique.fr, participait aux grandes évolutions de la colonie. Les deux hommes avaient d’ailleurs été conviés ensemble au couronnement du Roi Charles XV de Suède en mai 1860. Ces connexions entre la saga Kuhlman et la petite histoire de l’Algérie coloniale, l’histoire vraie, se retrouvent documentées et contextualisées sur marengodafrique.fr.
Des archives, des photographies originales, des livres
Toutes les informations du site sont tirées de documents originaux : collections personnelles de l’auteur, archives familiales, journaux d’époque numérisés sur Gallica. Le site est la vitrine en ligne du livre « Marengo d’Afrique » dont les deux premiers tomes sont déjà parus. Une newsletter, L’Écho du Chenoua, permet de suivre les nouvelles publications tous les dimanches matin.
Pour tous ceux qui lisent la saga Kuhlman et cherchent à comprendre le sol sur lequel Josef, Sigurd et leurs proches ont vécu, travaillé et construit leurs existences algériennes, marengodafrique.fr est le complément indispensable.