La Défense de Norrköping à l’époque moderne (XVIIe–XIXe siècles) – (1/5)

L’Histoire militaire, civique et patriotique d’une ville suédoise à travers le parcours de Johan Kuhlman, officier artilleur bourgeois.

Johan Kuhlman (1738-1806)

L’histoire militaire et civique de Norrköping entre le XVIIe et le début du XIXe siècle offre un tableau saisissant de la résistance d’une ville commerçante face aux exigences de la défense nationale (riksförsvar). Le personnage de Johan Kuhlman — commerçant, chef de section puis adjudant de la Compagnie d’Artillerie Citoyenne depuis 1767 — incarne parfaitement la figure du bourgeois-citoyen suédois du XVIIIe siècle. Sa carrière militaire locale, ses liens familiaux avec la magistrature (par Jonas Lithun, son beau-frère), et sa longévité en font un témoin et acteur de premier plan de cette histoire. Ce qui frappe à la lecture croisée de Hertzman, Gullberg et des archives de Kuhlman, c’est la vitalité de l’initiative bourgeoise : les habitants de Norrköping surent s’organiser, financer, équiper et commander leurs propres forces de défense. La fin décevante de l’épisode — redoutes abandonnées, canons transférés à la Couronne, enthousiasmes retombés — ne diminue en rien la portée historique de cet élan civique. Elle rappelle simplement que la mobilisation, aussi sincère soit-elle, reste liée à la perception immédiate du danger.

Article rédigé à partir de :
• (A) Fr. Hertzman, Norrköpings historia och beskrifning, Première partie, Norrköping, Fredrik Törnequist, 1866.
• (B) Erik Gullberg, Norrköpings Historia — Norrköpings kommunalstyrelse 1719–1862, Stockholm, 1968.
• (C) Dossier documentaire sur Johan Kuhlman, officier de la Compagnie d’Artillerie de Norrköping, 1767–1769 (diapositives, archives municipales de Norrköping).

Johan Kuhlman, marchand et officier de la Compagnie d’Artillerie de Norrköping
Un homme ancré dans son siècle

Johan Kuhlman (1738–1806) est un grand commerçant (köpman) établi à Norrköping, l’une des villes les plus prospères de la Suède du XVIIIe siècle. Son parcours incarne la figure du bourgeois-citoyen suédois des Lumières : homme d’affaires actif, mais également citoyen engagé dans les institutions civiques et militaires de sa ville. Norrköping, alors en plein essor industriel grâce à ses manufactures textiles et à son port sur le Bråviken, était une ville où la bourgeoisie (borgerskapet) jouait un rôle central. Les marchands et fabricants qui la composaient ne se contentaient pas de gérer leurs affaires : ils siégeaient dans les conseils municipaux, finançaient les infrastructures publiques, et assuraient, à travers les milices bourgeoises (borgerliga militärkårer), la défense de leur cité. Johan Kuhlman fut l’un de ces hommes.

La Compagnie d’Artillerie Citoyenne (Borgerliga Artillerikompaniet)

La Compagnie d’Artillerie Citoyenne de Norrköping était l’une des formations militaires bourgeoises assurant la défense de la ville. Organisée selon le règlement du 16 octobre 1746, elle relevait de l’autorité conjointe du maire (borgmästaren) et du conseil municipal (rådhuset). Ses officiers étaient recrutés parmi les marchands et artisans les plus estimés de la ville, et avaient pour mission première de servir les canons défensifs des redoutes (skansar) de Skänäs et de Säterholmen, deux ouvrages contrôlant l’accès maritime à Norrköping par la baie de Bråviken.

Dessin de 1720 montrant les deux redoutes protégeant Norrköping à la suite de la destruction du château. Archives militaires de Suède.
Emplacement des redoutes de Norrköping indiquées sur une carte moderne.

C’est le 1er août 1767 que Johan Kuhlman reçut sa première nomination officielle. Le maire et le conseil municipal de Norrköping lui conférèrent le titre de chef de section (sektionschef) dans la Compagnie d’Artillerie Citoyenne. Le poste était devenu vacant suite à la promotion du commerçant Abraham Schröder au grade de lieutenant dans la même compagnie. L’acte de nomination, cosigné par Sven Björkman et Pehr Serlachius, au nom du maire et du conseil municipal, soulignait :

«Le conseil du maire tient à souligner la belle conduite et le comportement exemplaire du commerçant Johan Kuhlman en toutes occasions.»

La procuration précisait que la nomination s’effectuait conformément au règlement du 16 octobre 1746, et que toutes les personnes étaient tenues de lui témoigner «l’honneur et l’obéissance dus au même ordre».

Délibération du conseil municipal proposant Johan Kuhlman comme chef de section.
Johan Kuhlman nommé chef de section d’artillerie le 1er août 1767 à Norrköping. Archives de la ville.
Dessin des redoutes de Skenäs et Säterholmen après la rénovation de 1741-42. Archives Militaires de Suède.

Le 6 mai 1769, Johan Kuhlman fut promu Adjudant (adjutant) de la Compagnie d’Artillerie. Cette promotion fut contresignée par Jonas Lithun, secrétaire de mairie (stadssekretare) — celui-là même qui deviendrait le beau-frère de Johan environ quatre ans plus tard, vers 1773, illustrant les liens étroits entre familles bourgeoises et carrières civiques à Norrköping.

Le 7 mai 1769, Johan est promu adjudant de la compagnie d’artillerie de la ville.
Contexte mémoriel : le sac de Norrköping (1719)

Pour comprendre l’engagement de Johan Kuhlman dans la défense de sa ville, il faut garder à l’esprit le traumatisme fondateur de juillet 1719, quand les forces navales russes pénétrèrent dans la baie de Bråviken, détruit la plupart des fermes et crofts de Kvarsebo, puis incendié Norrköping. Ce désastre, gravé dans la mémoire collective, expliquait l’ardeur avec laquelle les générations suivantes se mobilisaient dès que la menace redevenait tangible. Les chants du corps de garde bourgeois de 1788 y faisaient d’ailleurs explicitement référence :

«Souviens-toi ! Notre Ville fut jadis réduite en cendres par une Politique cruelle.»

La suite dans un prochain numéro …

Sources :
(A) Fr. Hertzman, Norrköpings historia och beskrifning : historisk-statistisk beskrifning öfver Norrköpings stad från äldre till nyare tider, Première partie, Norrköping, Fredrik Törnequist, 1866.
(B) Erik Gullberg, Norrköpings Historia — 8. Norrköpings kommunalstyrelse 1719–1862, Commission historique de la ville de Norrköping (Norrköpings stads historiekommission), dir. Björn Helmefrid et Salomon Kraft, Stockholm, 1968.
(C) Dossier documentaire sur Johan Kuhlman établit par l’auteur Etienne Laude— Actes de nomination et de promotion à la Compagnie d’Artillerie de Norrköping, 1767–1769 ; contexte historique des redoutes de Skänäs et Säterholmen ; archives municipales de Norrköping.
Référence annexe : Journal de la Société Sälskapet pour l’année 1788, n° 28 (cité in Source C, diapositive 15).

Le Cabinet de Curiosités de Linköping

A l’occasion d’un voyage en Suède, pendant l’été 2022, j’eus l’opportunité de faire un crochet vers Linköping (1) et son « cabinet de curiosités (2) » où j’avais repéré quelques effets ayant appartenu aux Kuhlman au XVIIIe siècle. Parmi les donateurs les plus remarquables du Cabinet de curiosités de Linköping figure la famille Kuhlman de Norrköping, ville voisine et jumelle de Linköping, qui a contribué à la collection à deux reprises distinctes, à travers deux générations.

Le Kuriositetskabinettet de Linköping est rattaché à la Bibliothèque diocésaine et régionale (Stifts- och landsbiblioteket), l’une des plus anciennes institutions culturelles de la ville et de la région. Sa collection s’est constituée progressivement au fil des siècles grâce aux dons de notables locaux, de marchands, de voyageurs et d’ecclésiastiques — comme en témoignent les entrées du catalogue, avec des dons échelonnés de 1777 jusqu’au XIXe siècle et au-delà. En 1996, la bibliothèque diocésaine fut entièrement détruite par un incendie criminel. Le cabinet de curiosités fut lui aussi gravement touché, mais fort heureusement de nombreux objets et livres purent être sauvés. Parmi les rescapés figure notamment le célèbre luth de Raphael Mest (1633), œuvre du maître luthier de Füssen, aujourd’hui restauré et conservé au musée du comté de Linköping. Le cabinet est aujourd’hui exposé au rez-de-chaussée de la bibliothèque principale de Linköping (Linköpings huvudbibliotek), où des expositions thématiques régulières sont organisées autour de ses collections.

Inventaire des dons de la famille Kuhlman :

N° 48 — Boîte en écorce de bouleau

XVIIIe siècle | H 2,7 cm — Ø 8,7 cm

Boîte ronde en écorce de bouleau, recouverte de velours noir et décorée de broderies en étain. À l’intérieur du couvercle, une inscription manuscrite : « De l’ouvrage des femmes lapones. Obtenu sur place en août 1777. I. Kuhlman. »

Donateur : Johan Kuhlman (1738–1806), négociant en manufactures à Norrköping. Date du don : 1777.

N° 52 — Médaillon en fonte représentant Charles XII

Fin XVIIIe – début XIXe siècle | L 13,1 cm — H 17,3 cm

Médaillon en fonte représentant le buste de Charles XII de face. Le personnage et le texte sont dorés. L’atelier de fabrication est inconnu.

Donateur : Nils Gustaf Kuhlman (1780–1849), commerçant à Norrköping. Date du don : 1839.

Note personnelle : ce médaillon a probablement appartenu à Heinrich Kuhlman (1693-1865). Le premier à s’être installé à Norrköping en 1826. D’autre part une médaille identique est mentionnée dans l’inventaire de sa succession sous le nom de Charles XI. Peut-être une erreur de copie.

N° 179 — Chaussures d’homme

Fin XVIIIe siècle | Lo 24 cm — L 7,5 cm — H du talon 2,3 cm

Chaussure à boucle en peau de chèvre, avec semelles retournées à bords rouges. Selon la tradition, ces chaussures sont identiques à celles portées par Gustave III avec l’uniforme du Svea Livgarde lors du coup d’État du 19 août 1772. Une inscription sur l’une des semelles précise : « A appartenu au conseiller de gouvernement von Schewen » (Johan Adolf von Schewen, 1737–1817).

Donateur : N. G. J. Kuhlman (1780–1849), Norrköping. Date du don : 1838.

N° 222 — Astrolabe

Vers 1630 | Ø 31 cm

Instrument composé de deux gravures sur cuivre collées sur les deux faces d’une planche en bois plane, l’une étant munie de graduations métalliques mobiles. Sur une cartouche en saillie prévue pour suspendre l’instrument, les gravures sont signées : « Amstelodami Prostant apud Guiljemum Blaeuw A° 1624 » et « (Delineavit) et excudit (Gui)ljemus Blaeuw A° 1628 ».

Willem Janszon Blaeu, élève de Tycho Brahe à Ven, était l’un des plus grands fabricants de globes, cartes et instruments scientifiques de son temps. L’astrolabe est une projection de la voûte céleste sur une surface plane ; il constitue l’instrument universel pour toutes les mesures astronomiques et nautiques.

Donateur : N. J. G. Kuhlman, commerçant à Norrköping. Date du don : 1839.

Cette pièce est sans nul doute la pièce la plus intéressante et il y a fort à parier qu’elle a appartenu au célèbre navigateur Christopher Henrik Braad (1728-1781), beau-frère de Johan Kuhlman (1738-1806). Voir l’article correspondant.

(1) Linköping (prononcé « Line-cheu-ping ») est une ville d’environ 168 000 habitants, située dans le sud de la Suède, au cœur de la province historique d’Östergötland, à environ 200 kilomètres au sud-ouest de Stockholm (coordonnées : 58° 24′ N, 15° 37′ E). Chef-lieu du comté d’Östergötland depuis le XVIIe siècle, Linköping était dès le XIIe siècle le centre de cette province historique et devint le siège de l’évêché de Linköping. Sa cathédrale, l’une des plus importantes de Suède, témoigne encore aujourd’hui de ce passé ecclésiastique remarquable. Linköping est le berceau de l’aviation suédoise — En 1912, Carl Cederström y fonde la première école de pilotage. L’entreprise SAAB (Svensk Aeroplan AB), fondée en 1937, y est toujours implantée et produit notamment le chasseur Gripen. La ville abrite le Flygvapenmuseum, musée de l’armée de l’air. Linköping forme avec sa voisine Norrköping, distante d’une cinquantaine de kilomètres, la quatrième aire urbaine de Suède — un binôme souvent appelé les « villes jumelles de l’Est suédois ».

(2) Le terme « cabinet de curiosités » ou Wunderkammer en allemand ou encore Kuriositetskabinettet en Suédois, désigne une collection encyclopédique et hétéroclite rassemblant des objets extraordinaires, rares ou étranges.
À l’origine, le cabinet était simplement un meuble à tiroirs dans lequel on rangeait des objets précieux : médailles, gemmes, bijoux. Avec le développement des collections, le mot a désigné d’abord une petite pièce dédiée, puis, aux XVIIe et XVIIIe siècles, à la fois la collection entière et son lieu d’exposition. Le terme est encore employé aujourd’hui dans le domaine de la muséologie pour désigner une salle aux dimensions restreintes dans laquelle sont exposés quelques éléments d’une collection.
Dès le Moyen Âge, les premiers grands collectionneurs font leur apparition — Louis d’Anjou, Jean de Berry — mais ce n’est qu’à la fin du XVe et au début du XVIe siècle que les princes italiens se font construire des studiolo décorés de peintures, comme Frédéric de Montefeltre à Urbino ou Isabelle d’Este à Mantoue. Ces espaces privés évoluent progressivement vers des lieux plus ouverts, mêlant peintures, petites sculptures, estampes et curiosités de toutes natures et provenances.
Avec l’essor des grandes compagnies maritimes et des expéditions, les collectionneurs développent un goût prononcé pour l’inédit et l’étrange, accumulant des objets d’histoire naturelle, des momies égyptiennes, du sang de dragon séché ou des squelettes d’animaux mythiques, côtoyant des œuvres d’art. Ces collections prennent alors souvent le nom de Chambres des Merveilles.
Ces cabinets rassemblaient ainsi pêle-mêle :
• des œuvres d’art (peintures, sculptures, miniatures, estampes) ;
• des curiosités naturelles (animaux empaillés, fossiles, pierres rares) ;
• des objets exotiques rapportés par les explorateurs ;
• des instruments scientifiques et philosophiques ;
• des raretés historiques et des reliques.
Rares sont les cabinets ayant survécu avec tout leur contenu. Mais ceux qui ont survécu sont d’un intérêt sans pareil.

La fabrique de cartes à jouer d’Henrik.

En août 2022, visitant le musée de la technologie de Norrköping, j’eu la chance de pouvoir me procurer à la librairie du musée une étude relative aux plans des principales propriétés de la ville à cette époque (1). Le plan détaillé de la propriété Kuhlman indiquait la présence d’une petite fabrique de cartes à jouer. En recherchant des informations sur les différentes fabriques de cartes en Suède au XVIIIe siècle, je compris qu’un jeune ingénieur passionné de technique avait sillonné le pays dans sa jeunesse afin de répertorier et dessiner des forges, des fabriques en tout genre dont celle de Kuhlman… Ce jeune ingénieur s’appelait Carl Bernhard Wadström (2).

Journal de Wadström , 7 février 1770. Fig.1

Dans un livre récent sur Wadström, l’auteur Philip K. Nelson, intitulé « Carl Bernhard Wadström, l’homme derrière le mythe », même si l’objet de l’ouvrage traite surtout des voyages de Wadström et de son engagement pour la cause abolitionniste, livre un passage intéressant sur la période Suédoise du sujet : « il a réussi à rendre un service inestimable à la postérité en dessinant des établissements tels que la mine de Dannemora et la fabrique de cartes à jouer de Kuhlman. Certains de ces dessins industriels sont les seules illustrations que nous ayons d’un monde disparu ». L’auteur précise par ailleurs que ces dessins font partie du journal personnel de Wadström, heureusement préservé. Il ne me restait plus qu’à me procurer une copie de ce journal.

1770, Journal de Carl Bernhard Wadström, le 7 février.

Journal de Wadström, 7 février 1770.

Rapport d’hier

Aujourd’hui, je me suis rendu en ville, où je suis immédiatement monté chez le marchand Kuhlman et j’ai vu sa fabrique de cartes et obtenu ce qui suit :
Le papier, qui peut être de 3 sortes. Le plus fin, comme celui-ci, est acheté à l’étranger et est préparé comme ceci :
Ce qui doit être imprimé, c’est-à-dire la feuille extérieure et la feuille intérieure des cartes, est d’abord refroidit. La feuille extérieure est imprimée d’une forme d’empreinte en carrés bleus ou rouges, tandis que sur la feuille intérieure est imprimée des carrés de tête bleus sur les cartes. Cela doit être fait alors que la feuille encadre les personnages, puis le moule est posé sur la table, le papier ci-dessus sur le dessus des lettres avec une gomme raisonnablement dure, (puis le moule est pressé sur la pièce avec un pinceau qui a été trempé dans le fer), il faut frotté encore et encore. Cela doit se faire le plus rapidement possible. Clipsés ensemble de cette manière.

Pour faire des cartes fines, collez ensemble trois feuilles du papier le plus fin avec de la colle, qui est faite de farine de blé mélangée à de la laine, comme une couverture de laine. Ensuite, elles sont placées sous un tissu comme indiqué sur la figure, d’un côté à l’autre, un petit morceau de papier est récupéré et avec lui, ils sont accrochés à des ficelles qui sont attachées au tissu, pour sécher.

Lorsqu’elles ont séché sur le tapis, elles sont enlevées et mises en tas, puis placées sous un carton ou un tissu fin mais ferme, qui est enduit de glue et recouvert de peinture. Avec un tel carton, on procède ensuite jusqu’à ce que toute la feuille soit terminée, s’il en est ainsi pour chaque couleur, sur tous les cartons. Polissage : les cartes seront placées sous un cadre en forme d’anneau, et dont le résultat est que la figure de l’autre côté de la face soit également polie.

Fig 1. Sur la planche a, légèrement inclinée et bien lisse, on place un arbre court b. et, au moyen du guide c., on le déplace d’avant en arrière, sous le ruban. La pierre est posée, l’ensemble de la pièce est placé de manière tout à fait uniforme, et il ne faut pas appuyer plus fort sur l’une des cisailles, car de grandes entailles sont alors faites dans la feuille. Le fer, qui est bien tendu, donne à sa tige élastique une forte pression au milieu. La pièce est fixée à la main.

Journal de Wadström, 7 février 1770 page 2.

Fig. 2. à prendre séparément et à jeter, car le socle doit être tendre, scié ou lissé et est de chêne et de silex à sa largeur et à sa taille, autant qu’on peut le voir en dehors du bois, semble-t-il.

Fig. 3. Entre ces deux profils, est placée une meule de silex ordinaire, dans sa partie inférieure.

Avant de placer la feuille sous le silex à empocher, on étale un morceau de savon sur un morceau de bois avec lequel on frotte ensuite la feuille, sur laquelle le silex passera ensuite plus légèrement. Après avoir été polie, la pièce est terminée. Puis coupez la feuille d’abord sur 2 côtés avec le bord de la cisaille, à l’aide de la cisaille a.

Fig 4. Celle-ci est posée de face sur un banc et peut être réglée à l’aide des vis c,c et d,d, soit plus loin, soit plus près du côté, des planches e et f. Comme il s’agit maintenant de cartes à bords, le bord droit se pose contre la planche de façon tout à fait parallèle au bord axial, coupant le jeu de cartes entier en coins aussi larges que les cartes sont longues. Ensuite, les cartes sont coupées avec des ciseaux plus petits (6) de la même manière que pour les premiers, en feuilles courtes, dont elles sont coupées et placées ensemble sous la presse, chaque jeu un par an.

Après enquête, il m’a été indiqué que les ouvriers de la fabrique avaient besoin de 16 de ces couteaux, 2 ou 3 ramettes de papier, coutant à la compagnie 24 dallers. Ces 16 douzaines peuvent donner un total de 21 en cas de moindre perte. Sur les 16 douzaines de plaques, certaines ont été utilisées sans limite pour réaliser des cartes ou des gravures. J’ai demandé comment il se faisait que la carte de Stockholm avait la réputation d’être meilleure que celle de Norrköping ; non pas que ce soit mon avis, car c’est plutôt l’inverse. Les cartes lettones sont en anglais, mais ne sont pas supérieures en genre à toutes les cartes suédoises qui sont utilisées là-bas. Les textes juridiques l’attestent. Ils sont aussi couramment utilisés par les étrangers pour étudier les arbres. Cela est dû au recours à des moules en cuivre, qui font notre réputation autant que notre notoriété. Ici, on fabrique trois sortes de cartes, les plus fines sont en papier de coton comme celui-ci, de sorte qu’elles sont brillantes, les cartes de qualité intermédiaire sont en papier de laine comme celui-ci, mais la plus petite qualité est grossière et se détache par simple friction. Dans cette qualité la feuille interne est grossière est rendait les cartes très noires, mais elles sont aussi chères. On ne fabrique à Norrköping, contrairement à Stockholm, que des cartes de première qualité, ce qui est très bien. Pour que les cartes puissent rapidement sécher, ils utilisent un poêle qui fait monter la chaleur dans le toit, loin d’eux, de sorte que les cartes peuvent sécher en une nuit.

Son apparence est comme une figure ci-jointe, et est composée de 6 pièces démontables. Les cartes sont maintenant vendues par l’usine, les meilleures coûtant 12 shillings la douzaine et les moins bonnes 6 shillings. Le commerçant Kuhlman qui est maintenant le propriétaire de l’usine la dirige efficacité et de bonnes ventes.

Note personnelle : en février 1770, Henrik Jr frère ainé de Johan vivait toujours (il est mort un an plus tard). On peut raisonnablement penser que c’est lui qu’à rencontré Carl Bernhard Wagström. Johan n’avait que 22 ans et Henrik Jr, 30. Henrik (1731-1771) était le père de Johan Peter (1767-1839) et grand-père de Josef (1809-1876).

Plus tard, au XIXe siècle, Norrköping devint un centre majeur pour les cartes lithographiées avec la fondation de Lithografiska AB en 1858, qui produisit les premières cartes colorées par lithographie en Suède et domina le marché national.

(1) Le document s’intitule « Från frihetstidens Norrköping – Fakta bakom modellen Norköping på 1700-talet” ou ” Du Norrköping de la liberté – Les faits derrière la maquette de Norrköping au 18e siècle ».

Portraits de Carl Bernhard Wadström et du prince africain Peter Panah, 1789 par Carl Frederik von Breda.

(2) Carl Bernhard Wadström (1746-1799) était un ingénieur, inventeur et abolitionniste suédois, né à Stockholm mais qui grandit près de Norrköping, ville qu’il considérait comme sa ville natale. Fils d’un juriste et homme d’affaires, il montra tôt un intérêt pour la technique, les mathématiques et l’industrie, étudiant notamment la fabrication de cartes à jouer et d’armes à Norrköping, où il documenta les finesses techniques dans son journal. Il travailla dans des mines, des écluses et des forges, et accomplit en 1774 une mission d’espionnage risquée en Allemagne pour recruter des forgerons qualifiés pour la Suède, ce qui le mena à l’emprisonnement et à une évasion. Parmi les figures influentes qu’il rencontra dans le Norrköping culturel et savant de l’époque figuraient le professeur Johan Henric Lidén (1741-1793), un érudit suédois, philosophe, bibliographe, humaniste et critique littéraire, connu comme historien de la littérature suédoise et professeur d’histoire de l’apprentissage. Lidén, qui fut un ami proche de Wadström, vécut à Norrköping avec son ami Johan Kuhlman, un marchand respecté dont la firme commerciale servait de pépinière pour de jeunes commerçants et industriels. Vers la fin de sa vie, Lidén continua ses travaux savants et fit don de sa collection de livres à des institutions comme la bibliothèque de l’Université d’Uppsala. Wadström manqua les funérailles de Lidén en 1793, étant alors à l’étranger pour sa cause abolitionniste.

Après une carrière réussie en tant que directeur et membre du Commerce-Collegium, il se maria et s’installa à Norrköping. Influencé par Emanuel Swedenborg et indigné par l’esclavage, il fonda en 1779 la « Société de Norrköping » pour discuter d’une colonisation en Afrique sans esclavage. En 1787, il partit au Sénégal avec Anders Sparrman et Carl Axel Arrhenius, où ils furent témoins des horreurs du commerce des esclaves et les documentèrent. En tant qu’abolitionniste engagé, Wadström se rendit ensuite à Londres, où il témoigna au Parlement contre l’esclavage en 1788, contribuant à la sensibilisation publique. Il aida à la fondation de la colonie de Sierra Leone, y compris la ville de Freetown en 1792, basée sur des principes de liberté, de développement et d’égalité, avec des contributions suédoises notables comme la planification urbaine et l’envoi de colons. Il écrivit « An Essay on Colonization » (1794-1795), un ouvrage majeur sur la colonisation humanitaire et l’anti-esclavagisme, considéré comme l’une des publications suédoises les plus influentes internationalement après celles de Linné. Après la destruction de Freetown par les forces françaises en 1794 lors de la guerre, il s’installa à Paris, où il réclama des réparations sans succès. Là, il reçut l’hommage de Napoléon, qui emprunta son livre et exprima son admiration pour son engagement humanitaire, bien que cela n’ait pas mené à des actions concrètes. Wadström mourut en 1799 à Versailles. Son héritage inclut la lutte pour les droits humains, des donations à la bibliothèque de Norrköping et une rue portant son nom. Il fut un pionnier, 170 ans avant les organismes d’aide de l’ONU…

Pehr Hörberg : Un Artiste inspiré aux racines humbles

« Une scène de campagne », tableau de Pehr Horberg datant de 1815. Collection personnelle de l’auteur.

Dans le cercle des amis de Johan Kuhlman (1738-1806), un personnage retient tout particulièrement l’attention. Il fut le premier à laisser une trace dans le Livre d’Or de Johan et Margaretha, Le Livre d’Or de Rödmossen. Lorsque Johan inaugure son livre dans sa propriété à quelques vingt kilomètres de Norrköping, le 12 juin 1792, Pehr Hörberg est là et il inscrira ces quelques mots assortis d’un dessin original :

« Den som kan sin lycka styra, wara stadig om han yra, Den har mer än lyckans lott, är säll i koian och i slott ».

« Antecknat under mitt första och nöjsamma wistande här, då ägaren med sin idoghet har förvandlat denna park mäst ifrån en onyttig ödemark, till mellanståndet af den fruktbaraste ort. Den högsa gifvare wälsignelse til fortsättning och slutet Rödmosen den 12 Juni 1792 Pehr Hörberg, målare och gårdsbrukare ».

« Celui qui sait maîtriser sa chance, qui reste droit même lorsqu’il erre, possède bien plus que la chance et est heureux aussi bien dans une chaumère que dans un château ».

« Ces mots ont été prononcés lors de mon premier et agréable séjour ici, lorsque le propriétaire, par sa diligence, a transformé ce parc, autrefois terrain vague et stérile, en un lieu d’une grande fertilité. Que le Très-Haut bénisse la poursuite et la fin de cette œuvre. Rödmosen, 12 juin 1792. Pehr Hörberg, peintre et agriculteur ».

Né le 31 janvier 1746 dans le petit village de Virestad, en Småland, au sud de la Suède, Pehr Hörberg grandit dans une famille modeste, dans une petite ferme de appelée Övra Ön. Issu d’un milieu pauvre, il manifesta très tôt une passion pour la peinture, utilisant des matériaux primitifs pour créer des œuvres qui firent sensation dans la région. On raconte que, enfant, il passait ses étés comme berger, observant la nature et esquissant des scènes rustiques qui émerveillaient les villageois. Ces débuts modestes l’amenèrent à devenir apprenti chez un peintre décorateur à Växjö, puis à se former à Sävsjö et Eksjö, où il apprit les rudiments de la peinture d’église et artisanale.

À l’âge adulte, Hörberg fit de la peinture son métier, parcourant la campagne suédoise, se spécialisant dans les motifs religieux, mythologiques et historiques. En 1769, il épousa Maria Eriksdotter, une servante et le couple eut trois fils. A 37 ans, il partit étudier à l’Académie royale des beaux-arts de Stockholm de 1783 à 1787, sous la direction de Carl Gustaf Pilo. Il y copia des maîtres anciens, comme la statue antique de Laocoon et ses fils ou Le Complot de Claudius Civilis de Rembrandt, affinant son style influencé par le rococo, le clair-obscur et le baroque. Petit à petit la famille parvint à acquérir des propriétés, comme une partie d’une ferme à Olstorp, dans l’Östergötland, en 1788. Hörberg y emménagea en 1790, obtenant des commandes du chambellan Jean-Jacques De Geer pour des travaux ecclésiastiques.

Prolifique, Hörberg réalisa pas moins de 87 retables au cours de sa vie, ornant principalement les églises de Småland et d’Östergötland. Parmi ses œuvres notables, on compte le retable de l’église de Risinge, représentant le « Sermon sur la montagne de Jésus », où il intégra le paysage local d’Olstorp. Il réalisa d’autres pièces emblématiques comme « L’Ascension du Christ » à Östra Husby ou « L’Eucharistie » à l’église Saint-Olai de Norrköping en 1797. Ses compositions étaient grandioses, avec des couleurs vives et une atmosphère empreinte d’émotion, mêlant classicisme et un soupçon de romantisme naissant. Au-delà de la peinture, il excellait en gravure sur bois, en tapisserie et même en musique : compositeur, il créa des airs folkloriques comme la « Pigopolska », une polonaise en sol mineur dont la partition fut découverte au dos d’un de ses retables – une découverte inattendue qui témoigne de sa polyvalence créative.

Johan Henrik Lidén (1741-1793) par le peintre Pehr Hörberg, 1792, Musée National Stockholm.

En 1792, alors que l’érudit Lidén, ami commun était installé chez Kuhlman à Norrköping, Hörberg réalisa son portrait, capturant l’historien alité, posant de manière contemplative avec un livre. Hörberg peignit également Kuhlman lui-même ainsi que son épouse Margaretha, immortalisant ce couple pieux et généreux qui soutenait les arts. Ces tableaux étaient en possession de Simone Kuhlman (1914-1972), la jeune sœur de ma Grand-Mère Suzanne (1908-1990). Ils lui furent dérobés lors de son rapatriement en France à l’indépendance de l’Algérie. Mais mon grand-oncle Pierre Caillet les avaient photographiés dans les années 1950 et annotés… Le style original du peintre semble indiquer l’auteur de ces tableaux : Pehr Hörberg. Le jeune fils de Johan, Carl David (1789-1860), avait réussi à les sauver lors de l’incendie de Norrköping en 1822 comme relaté par les journaux de l’époque. Ces tableaux de Pehr Hörberg étaient disposés dans la maison de Drottninggatan au dessus du long canapé en acajou (1).

Johan Kuhlman (1738-1806)
Margaretha Kuhlman, née Sehlberg (1759-1841)

En 1798, Hörberg peignit des murales représentant des images divines dans des alcoves, dans une pièce de la maison de Kuhlman à Norrköping, œuvres répertoriées sous le numéro 340 dans son catalogue raisonné. De plus, une autre peinture de Hörberg intitulée Davids orkester (L’Orchestre de David) faisait partie de la collection des Kuhlman, bien qu’elle soit aujourd’hui conservée dans les archives de l’hôtel de ville de Norrköping.

Pehr Hörberg incarne l’esprit d’un créateur persévérant, issu du peuple suédois, qui transforma ses origines humbles en un héritage artistique durable. Ses liens avec Norrköping et des figures comme Johan Kuhlman illustrent comment des réseaux locaux et des mécénats ont amplifié son influence, contribuant à des œuvres religieuses et culturelles encore visibles dans les églises et musées suédois. Aujourd’hui, son legs, des retables aux compositions musicales, témoigne de la vitalité de l’art provincial au tournant du XIXe siècle, inspirant une appréciation renouvelée pour les talents autodidactes.

Pour terminer cette évocation du peintre Pehr Hörberg, voici une nouvelle pièce de ma collection personnelle, acquise récemment. Un dessin et un poème du jeune Hörberg, en français et daté de 1768. Il avait alors 22 ans.

Un dessin précoce du jeune Pehr Hörberg, 1768. Collection personnelle de l’auteur.

« Inventé et pint par Rounart le fils (?) »

« Quog donc vous méprisez ma flâme et mes soupires ? Tandis que d’un rival vous comblez les désirs. Est-ce là cette foy que vous m’avez livrée ? Iris, s’en est assez, n’allons pas plus avant ! Un mary tout comme un amant, seront l’objet de la risée ».

Pehr Hörberg est mort le 24 janvier 1816, à Risinge dans l’Östergötland , en Suède.

(1) Hjalmar Lundgren: Kuhlmans, Pasteller från den borgerliga empiren. (Stockholm 1917)

Kuhlmanska gården

Quelle pouvait être cette « asile héréditaire » qu’évoquait Josef Kuhlman à sa soeur Ingeborg dans cette lettre de juin 1866 et dont il ne se souciait guère ? (1)

On savait que la maison de Drottninggatan en centre-ville avait été détruite lors de l’incendie de 1822 à Norrköping, que Carl David, plus jeune fils de Johan avait réussi à sauver quelques affaires dont les deux tableaux de ses parents et peints par Pehr Horberg mais où étaient situées toutes les propriétés et terrains ?

La propriété Kuhlman était située à l’angle de Drottninggatan et Skolgatan.

Lors d’une visite du musée de la ville, à Norrköping en juillet 2022 en parcourant la petite librairie, je tombe sur un livre présentant les principales propriétés de la ville au XVIIIe siècle et parmi celles-ci, la Kuhlmanska gården ou propriété des Kuhlman.

En 1994, Olov Lönnqvist, Historien et météorologue, publie un document de recherche recensant les propriétés du Norrköping du XVIIIe siècle. L’auteur s’est basé sur les polices d’assurances déclarées à l’époque et qui reprenaient en détails le contenu des propriétés.

Le document s’intitule « Från frihetstidens Norrköping – Fakta bakom modellen Norköping på 1700-talet” ou « Le Norrköping de la liberté – Les faits derrière la maquette de Norrköping au 18e siècle ».

La page relative aux propriétés de Johan Kuhlman (1738-1806).

Le descriptif ne comportait pas que celui de la maison de Drottninggatan (celle qui brûla lors de l’incendie de Norrköping en 1822) mais indiquait également la plantation de tabac ainsi qu’une fabrique de cartes à jouer … L’auteur situe la propriété dans la partie occidentale du quartier de Korpen (le Corbeau). La ferme Kuhlmanska est située à l’angle de Drottninggatan et Skolgatan. À l’arrière-plan, au-delà de Skolgatan, le cimetière Sant Olai avec le Stadstornet (dans son premier design bas). Ce qui ressemble à un gazebo dans le verger du voisin est « une maison à colombages pour surveiller Somaren ». Des voleurs de pommes ?

Ces premières indications me permirent de récupérer les plans d’origine de la propriété auprès des archives de Norrköping. La propriété Kuhlman comprenait les parcelles 3,4 et 5 soit a et b sur le plan. On constate une petite évolution par rapport au plan présenté avant. Les Kuhlman avaient du s’agrandir quelque peu. A noter que le maire de l’époque, Otto Ekerman habitait dans le même quartier, parcelle d (partie).

Plan du cadastre de Norrköping à cette époque (source archives de la ville).

La propriété Kuhlman comprenait un peu plus de la moitié du quartier Korpen (le Corbeau) indiqué à l’emplacement n°11 sur cette vieille carte de Norrköping, à côté de l’église Sant Olaï.

Plan de Norrköping 1780, archives de Norrköping.

L’archiviste principal de Norrköping, monsieur Rolf Jonsson, me communique alors la police d’assurance complète des Kuhlman ainsi qu’un autre plan montrant les quartiers nord de la ville.

Carte des terres et parcelles appartenant à M. Johan Kuhlman, marchand, et à sa famille et à Güstaf Collanders. Terres et parcelles communes. 1771. Archives de Norrköping.

La lecture de la police d’assurance permet de découvrir qu’en 1781 et 1782, Johan Kuhlman agrandit sa propriété et rachète avec son associé Collanders en bordure limitrophe de la ville un terrain destiné à une autre plantation de tabac.

Emplacements détaillés du plan :

  • N°1 quatre grands quartiers de plantation rectangulaires et uniformes, tous situés horizontalement, consistant au sud-est en une plantation de tabac fertile et les autres en un champ moins fertile sur un sol sablonneux, et contenant environ 13 parcelles de 432 acres carrés en tout. (acre : ancienne mesure agraire = 52 ares). Soit 22,46 hectares.
  • N°2 quatre parcelles plus petites face à la rivière, dont deux orientés au nord et deux plutôt vers le sud, mais les deux sud sont moins exposées et ont toutes été transformées en champs, consistent en limon sableux et contiennent 4 parcelles de 140 acres en tout. Soit 7,3 hectares.
  • N°3 deux quadrangles obliques égaux situés horizontalement à la porte, le nord consistant en un champ de limon sableux, mais le sud en une plantation de tabac fertile, et contenant chacun 6 acres 299 2v d’aulne : 15,5 hectares.
  • N°4 un parc triangulaire et horizontal à côté des limites de la ville et de la porte en limon sableux.
  • N°5 Un idem devant l’entrepôt légèrement au sud, de la même gaine.
  • N°6 un autre à l’ouest du quartier n°2, situé au sud et consistant en une terre nourricière.
  • N°7 Un parc carré et perpendiculaire, à l’extrême nord-ouest, en majorité horizontal, de limon sableux.
  • N°8 Un parc très horizontal, au sud du susdit, de la même enceinte.
  • N°9 Sol sableux le plus horizontal de tous
  • N°10 Mur de margelles penché vers le ruisseau, ensemble
  • N°11 Mur de margelles, plus raide, le long du ruisseau.
  • N°12 Brandt örbacke (?)
  • N°13 Magasin de pour les semences et pour le bois
  • N°14 Rez-de-chaussée du mur de pierre grise devant le même magazine
  • N°15 Parc horizontal prévu avec des murs en gravier contre le ruisseau, pour l’établissement d’une zone piétonne.
  • a : allées de 12 coudées de largeur – b : idem de 7 1/2 coudées c : fossés de 6 1/2 coudées et d. de 6 coudées de largeur, comptés ensemble. e : les entrées pontées du fossé de la ville pour le maintien de la juste distinction entre la même et cette terre, contenant. f : le même propriétaire foncier au même titre pour les entrées mentionnées de la même largeur mais d’un terrain identique et plus petit.
  • N°16 Parcelle entre l’entrepôt et la passerelle de la ville, constituée principalement de baies et de pentes.
  • N°17 Route droite projetée de la cour à l’entrepôt et au quai d’une largeur de 10 coudées.
  • N°18 Une remise sur une porte en pierre grise
  • N°19 : Un mur de pans coupés à double paroi, de construction bois, sur un bon mur de pierre grise contre le ruisseau
  • N°20 Un moulin à farine à quatre paires de pierres, construit en bois, sur un bon lit de pierres grises dans le ruisseau.
Le moulin à farine.
  • N°21 : Le pont et son quai de bois
Le pont et son quai de bois
  • N°22 : Une porte projetée de 10 coudées de largeur dans la même ligne droite que la route projetée vers le quai.
  • N°23 : Au-delà du champ couché et le plus inoccupé, sous le nom de la place
  • N°24 : le même champ clos, de plus sur ladite rue projetée
  • N°25 : Un champ occupé sur la place

Ainsi confirmés et dûment comptabilisés, les éléments suivants pour 60 hectares environ.

J’évoquerai dans un prochain article la fabrique de cartes à jouer de Johan…

(1) lire l’article correspondant intitulé « Lettre à Ingeborg ».