La Défense de Norrköping à l’époque moderne (XVIIe–XIXe siècles) – (3/5)

La guerre de 1788 (Kriget 1788) : la mobilisation civique de Norrköping

Les premières délibérations et l’initiative de Weijerin

La guerre entre la Suède et la Russie, déclenchée en 1788 sous le règne du roi Gustave III7 (Gustav III), provoqua une vague de mobilisation patriotique sans précédent. À Norrköping, c’est Daniel Weijerin, président du conseil des bourgeois (borgarrådets ordförande), qui prit l’initiative en demandant au magistrat : de solliciter l’aide d’un officier de fortification pour les îles, d’envoyer le régiment de cavalerie d’Östergöta pour couvrir la ville et de pourvoir les citadins d’armes de poing et de munitions. Le magistrat était à la fois désireux d’agir et craintif de s’avancer. Une proposition de convoquer la congrégation pour discuter publiquement des défenses fut même rejetée, car on estimait que cela «provoquerait une alarme inutile dans la ville».

La consultation de von Röök et l’incident Iggeström

Néanmoins, un officier de fortification, le colonel C. F. von Röök8, fut convoqué. Il se rendit sur les redoutes en compagnie de l’échevin à la police Iggeström et du marchand Wadström pour examiner les possibilités de défense. Lors de ce déplacement survint un incident révélateur des tensions internes à la magistrature : pendant le voyage, Iggeström lut à voix haute une lettre adressée conjointement au magistrat et aux anciens de la bourgeoisie (borgerskapet). Le magistrat prit fort mal la chose et décida de rappeler à Iggeström «de s’occuper une autre fois de la dignité qui est due à la fonction de magistrat». L’échevin en charge de la justice Ekermann précisa pour sa part que le magistrat ne devait pas être tenu responsable de la gestion et de la correspondance de la ville conjointement avec les anciens. Ekermann, de manière générale, «avait une aversion pour les grandes institutions de défense».

Le gouverneur temporise

Le gouverneur (landshövdingen), dans une lettre du 25 août 1788, loua certes la nécessité de la défense de la ville, mais calma les esprits en rappelant qu’il fallait attendre l’avis du Roi sur l’étendue du danger. L’ennemi, argumentait-il, ne disposait pas de navires d’archipel (skärgårdsfartyg) ; la menace restait donc faible. Il insistait néanmoins sur la nécessité de préparer l’établissement des redoutes et de donner à la bourgeoisie «une certaine pratique de guerre plus grande ». Des gardes devaient être établis sur les hauteurs à l’extérieur de la ville, capables de recevoir des signaux des habitants de l’archipel lorsque l’ennemi arriverait. Sur le dos de cette lettre du gouverneur, une petite strophe avait été écrite au crayon, témoignant de l’humeur royaliste qui régnait dans la ville à l’époque où la ligue d’Anjala (Anjalaförbundet) manifestait son aversion pour le roi :

«Quand les voleurs d’or préparent la chute du Roi, pour rien au monde je n’hésiterai pas à suivre mon Roi dans la mort.»

La collecte de fonds et le plan de défense

L’hésitation du magistrat fut probablement dissipée par la lettre du gouverneur, et le 28 août 1788, la congrégation se réunit pour discuter des moyens de financer la construction des redoutes et l’acquisition des canons. Une collecte publique en numéraire permit de réunir la somme de 2 718 rixdales et 16 shillings. Le plan de défense élaboré par von Röök fut approuvé lors d’une réunion du conseil général le 28 août. Son exécution fut confiée à 6 députés, désignés sous le nom de «Défense-Députation» (Försvarsdeputationen), assistée d’un commissaire aux comptes (revisor) et d’un comptable (bokhållare). Un major Wallander9 fut engagé pour enseigner les exercices militaires aux conscrits : division des hommes en rangs, maniement des armes, etc.

Le recensement des armes et l’enrôlement

Toutes les armes à feu de la ville furent inventoriées. Les hommes servant en dehors de la bourgeoisie habituelle — meuniers, maçons, charpentiers, planteurs de tabac — furent enrôlés quartier par quartier par les conseillers municipaux (rådmän). On parvint à enrôler 1 500 hommes. Dans la cave du marchand Peter Lindahl10, on découvrit 17 centners de poudre à canon (centner krut), aussitôt mis à disposition. En revanche, les 16 canons de la ville étaient hors d’usage, et l’on n’osa pas puiser dans les caisses municipales (stadskassan) pour en acquérir de nouveaux.

Tous ces arrangements furent rapportés au Roi, qui, par lettre du 10 septembre 1788, exprima son «gracieux bon plaisir» (nådigt välbehag) et autorisa les citoyens à prélever sur les réserves de la Couronne 50 centners de poudre à canon supplémentaires.

La suite dans un prochain numéro …

Le Roi Gustave III, dessin de Pehr Hörberg daté de 1773.

7. Gustave III (Gustav III) — Roi de Suède. Né le 24 janvier 1746 à Stockholm — Mort assassiné le 29 mars 1792 à Stockholm. Fils du roi Adolphe-Frédéric et de la princesse Louise-Ulrique de Prusse (sœur de Frédéric le Grand). Despote éclairé francophile, en correspondance avec Voltaire. Abolit la torture, fonde l’opéra royal (1773) et l’Académie suédoise (Svenska Akademien, 1786). Premier chef d’État à reconnaître l’indépendance des États-Unis (1782). Engage la guerre russo-suédoise de 1788–1790 sans résultat territorial décisif. Assassiné lors d’un bal masqué (maskeradbalen) à l’opéra de Stockholm par le capitaine Jacob Johan Anckarström. Inspirera l’opéra Un ballo in maschera de Verdi (1859).

Colonel Carl Fredrik von Röök (1725-1793)

8. Carl Fredrik von Röök — Colonel, officier du génie suédois. Né le 11 mai 1725 — Mort le 2 avril 1793. Officier de fortification au service de la France de 1744 à 1748. Major en 1762, colonel en 1773. En 1772, dirige les enquêtes pour la construction de la route du canal Göta à travers l’Östergötland. Reçoit la noblesse allemande en 1763, naturalisé suédois en 1773. Musicien amateur passionné (violoniste), élu membre n° 82 de l’Académie royale de musique (Kungliga Musikakademien) le 28 mars 1782. Père de Lars Jacob von Röök. En 1788, organise les défenses de Norrköping et dirige les travaux sur les redoutes de Skänäs et Säterholmen. Son fils Gustaf (1773-1852) laissera une note dans le livre d’Or de Johan le 21 août 1802.

9. Major Wallander — Instructeur militaire. Actif en 1788 à Norrköping. Officier engagé par la Défense-Députation pour enseigner aux conscrits de Norrköping les exercices militaires : division des hommes en rangs, maniement des armes, manœuvres d’infanterie. Célébré aux côtés de von Röök dans les chants patriotiques du corps de garde.

10. Peter Lindahl — Marchand de Norrköping et ami de Johan Kuhlman. Son fils Johan Nicolas Lindahl (1769-1813), inscrira un poème dans le livre d’or de Johan le 29 juin 1792.

A travers les personnages évoqués dans ce chapitre on commence à voir se dessiner … le Cercle de Johan.

A la recherche de Rödmossen (3/4)

La carte de Nystrand : bornage (limites de la propriété)

Cette carte et la description qui l’accompagne constitue le document le plus complet et le plus précis de la propriété de Rödmossen. Réalisée par Jacob Nystrand en 1791 suite à la demande de Johan , c’est une merveille de précision. Ce même Jacob Nystrand repassera par Rödmossen en 1794 et déposera dans le livre d’Or de Johan et Margaretha un petit poème présenté à la fin de la deuxième partie de cette évocation de la propriété de campagne des Kuhlman. La description de la propriété est présentée dans cet article dans son intégralité, traduite du Suédois.

Jakob Nystrand, lantmätare — relevé géométrique complet de Rödmossen en 1791. Archives d’Östergötland, Norrköping.
PARTIE I — PROTOCOLE D’OUVERTURE

En l’an 1791, le 8 août, en vertu de la décision (Utslag) du Gouverneur Royal (Kongl. Majts Befallningshafvande) de l’Östergötland et du Comté de Västra, du 7 juin dernier, qui accorde au Négociant de Norrköping Monsieur Johan Kuhlman le droit d’ajouter à sa possession le [quart ?] du domaine franc (frälsehemman) de Rödmossen, en Östergötland, district de Bråbo et paroisse de Kvillinge ; à prendre sur la Commune (Allmänning) dudit district sur le lieu-dit Kolmården, et à mettre en culture contre redevance au Roi et à la Couronne en champs et prairies quatre tourbières, avec 2 petits terrains hauts sur ladite Commune ; l’arpenteur soussigné entreprit, avec l’assistance des jurés-témoins (Nämdeman) Johan Märtensson à Hult et Nils Olsson à Ingelstad, paroisse de Risinge, de mesurer et décrire, et de séparer de la Commune cette zone de mise en culture, selon les limites fixées lors de l’Inspection de la Régie de la Couronne du 19 août de l’année dernière [1790] et confirmées par le Haut Gouverneur Royal. Se présentèrent à cette occasion, conformément à la disposition de ladite décision, au nom du Roi et de la Couronne pour la Commune, le Shérif de la Couronne (Krono Länsmannen) Monsieur Samuel Forsberg ; ainsi que le détenteur du Domaine Rödmossen, Monsieur le Négociant Kuhlman. Bien que cette opération ait été officiellement annoncée dans les églises du district (Östra Eneby, Kvillinge et Simonstorp) selon les attestations des pasteurs sur les annonces publiées, et que les délégués du district aient été requis, il ne se présenta néanmoins aucun habitant du district en qualité de délégué ; c’est pourquoi, en vertu du §59 de l’Ordonnance Royale de Géodésie de 1783, l’arpenteur n’ayant rien à objecter, l’opération se déroulera en bonne et due forme.

Informations clés de cette page :

InformationDétail
Date d’ouverture8 août 1791
AutoritéGouverneur Royal de l’Östergötland
Décision d’autorisationUtslag du 7 juin 1791
CommanditaireJohan Kuhlman, Négociant (Handelsman) à Norrköping
Droits accordésMise en culture de 4 tourbières + 2 terrains hauts sur la Commune de Kolmården
Représentant de la CouronneKrono Länsmannen Samuel Forsberg
Témoins assermentésJohan Märtensson (à Hult) et Nils Olsson (à Ingelstad, paroisse de Risinge)
Base juridique§59 de l’Ordonnance Royale de Géodésie de 1783
Inspection préalableKrono Betjeningens Besigning du 19 août 1790
PARTIE II — BORNAGE (Rågångsbeskrivning)

Description des 18 bornes frontières. Le bornage délimite le périmètre complet de la zone de mise en culture accordée. Chaque borne (skäl) est décrite avec sa position, ses matériaux et ses dimensions.

Note : 1 aune = 0,6 m

N° I — Storängsskälet (Borne de la Grande Prairie)

Erigée à 59 aunes du coin nord-est de la prairie du domaine Rödmossen, coin qui est également mitoyen de la prairie du domaine Algutsboda ; dans un ruisseau qui coule des tourbières de Carlsmäsen et de Rödmossen et descend vers la rivière dite Gela Bäck. Le cairn (Röret) a été maçonné sur un talus au sud d’un rocher, demi-aune de diamètre, 1 aune de haut ; dans lequel a été enchâssée une pierre plate sur sa face gauche et légèrement rugueuse à l’est, demi-aune de haut, demi-aune de large au milieu, mince et pointue vers le haut. Le guide-pierre vers la prairie : 33 aunes, et vers N° II : 18½ aunes depuis la borne.— Depuis ce point, la ligne droite fut tracée jusqu’à la borne routière N° IV ! et 4 guide-pierres furent placées sur cette même ligne droite ; la première étant la N°2.

N° II —342 aunes depuis N° I. Une pierre pointue et triandrique, 1½ aune de haut, 9 pouces de large et 6 pouces d’épaisseur au milieu, entourée d’un cairn de pierres.

N° III —342 aunes depuis la précédente et 561 aunes depuis N° IV, sur le bord nord d’un chemin allant de Rödmossen à Algutsboda ; cette pierre fait 1 aune de haut, ¼ aune de large et 4 pouces d’épaisseur.

N° IV — Landsvägsskälet (Borne de la Grand-Route)

Landsvägsskälet (Borne de la Grand-Route), située sur le bord sud de la grande route de Stockholm à Norrköping ; cairn de 2½ aunes de diamètre, ½ aune de haut ; la pierre est quadrangulaire à pointe saillante, 2 aunes de haut, 1 aune de large à la base et 15 pouces au milieu, 10 pouces d’épaisseur ; indique la ligne vers N° 3, 2 et 1 avec un guide-pierre dans la même direction ; 25 aunes depuis la borne ; puis 206 aunes jusqu’à [N° V].
✦ Note importante : La borne N° IV est directement sur la route royale Stockholm–Norrköping — ce qui prouve que la propriété de Rödmossen était traversée par cette grande voie de communication.

N° V — Bergskälet (Borne du Rocher)

Bergskälet (Borne du Rocher), située à 52 aunes du point où le chemin de Rödmossen rejoint la grand-route, près d’un haut rocher à l’est ; cairn de 3 aunes de diamètre, 1 aune de haut, dans lequel est enchâssée une dalle plate de 1 aune 9 pouces de haut, 1 aune de large au milieu, ¼ aune d’épaisseur ; indique N° IV. Un guide-pierre dans la direction de N° VI érigé sur le rocher à 33 aunes de N° V.

N° VI — Norrängsskälet (Borne de la Prairie Nord)

Norrängsskälet (Borne de la Prairie Nord), sur un haut rocher au-dessus du coin nord-ouest de la Prairie Nord de Rödmossen (Norräng) ; là où commencent les terres du Torpet Häradssvedens [la cense des terres de la commune du district] ; une dalle ronde côté est et plate côté ouest, pointue vers le haut, 1½ aune de haut, ¾ de large au milieu ; indique N° V. Entourée d’un cairn de 2¼ aunes de diamètre et ¾ aune de haut.

N° VII — Hagskälet (Borne de la Pâture)

Un cairn dit Hagskälet (Borne de la Pâture) fut érigé près de la clôture de la Prairie Nord (Norräng) du domaine Rödmossen, près d’un rocher ; la pierre est plate côté nord et ronde côté sud, ½ aune de haut, ¾ aune de large, avec une arête vive vers le haut ; indique la ligne partant d’ici vers N° VIII, entourée d’un cairn de 2½ aunes de diamètre et 1 aune de haut. L’Intaga [enclos] de Häradssvedens depuis la Commune suit depuis ici jusqu’à [N° VIII].

N° VIII — Borne à Lilla Mäsen

La borne à la Lilla Mäsen (Petite Tourbière), maçonnée dans un amas de pierres au sud d’un rocher, 33 aunes à l’est de la tourbière.

N° IX — Guide-pierre

Un guide-pierre (ledare) : 387 aunes depuis N° VIII, sur un haut rocher, entouré d’un cairn ; la pierre est triandrique avec pointe saillante, 1 aune 14 pouces de haut, 11 pouces de large et 4 pouces d’épaisseur au milieu. Depuis ce point où les terres de Häradssvedens se terminent et où la Commune reprend, la même ligne droite fut tracée sur 415 aunes jusqu’à [N° X].

N° X — Dalskälet (Borne du Vallon)

Dalskälet (Borne du Vallon), érigée dans un vallon au nord-ouest de Carlsmäsen, sur un terrain plat ; cairn de 2 aunes de diamètre, ¼ aune de haut, dans lequel est enchâssée une dalle plate côté est et ronde et anguleuse côté ouest, 1 aune 8 pouces de haut, ¼ aune de large au milieu ; munie de guide-pierres à 25 aunes de la borne au sud. Depuis ce point, longeant le côté est de Carlsmäsen, le bornage monta en ligne droite par-dessus un haut rocher sur 690 aunes jusqu’à [N° XI].

N° XI — Carlsmäseskälet (Borne de Carlsmäsen)

Carlsmäseskälet (Borne de Carlsmäsen), situé sur un rocher à 50 aunes du bord ouest de ladite tourbière ; cairn de 2 aunes de diamètre et ¼ aune de haut, dans lequel est enchâssée une pierre triandrique, plate côté ouest et arrondie côté est, ¼ aune de haut, ¼ aune de large, ¼ aune d’épaisseur, pointant vers N° X.— Depuis cet endroit, le bornage fut mesuré et jalonné autour d’un marais et d’un vallon en lien avec Carlsmäsen…

N° XIII — Wägskälet (Borne du Chemin) . Note : curieusement borne XII non précisée.

Wägskälet (Borne du Chemin), à 10 aunes au sud d’un chemin menant à Rödmossen, maçonnée dans un amas de pierres ; la pierre fait 6 quarts de haut, 3 quarts de large, plate et mince s’effilant vers le haut, pointant vers N° XIV ; cairn de 3 aunes de diamètre, 1 aune de haut.— Puis 187 aunes jusqu’à [N° XIV].

N° XIV — Källskälet (Borne de la Source)

Källskälet (Borne de la Source), érigée côté nord et tout près d’un rocher, et à 40 aunes d’une source située à l’ouest de ce même rocher (appelée Jacobs Källa — la Source de Jacob) ; le cairn fait 2½ aunes de diamètre, 1 aune de haut, dans lequel est enchâssée une pierre quadrangulaire ; ½ quart de haut, 10 pouces de large et ½ aune d’épaisseur au milieu ; avec un guide-pierre posé à 2 aunes de là ; indiquant une pointe saillante ; depuis ici, la ligne droite traversant les rochers est longue de 1 169 aunes ; 2 guide-pierres furent placées sur cette ligne droite.
✦ Découverte majeure : La Source de Jacob (Jacobs Källa) est ici localisée avec précision : elle se trouve à 40 aunes (≈ 23,8 mètres) à l’ouest de la borne N° XIV Källskälet, elle-même au nord d’un rocher.

N° XV — Guide-pierre : 318 aunes depuis N° XIV, maçonnée sur un haut rocher ; une dalle plate s’effilant vers le haut, ½ aune de haut, ¾ de large au milieu.

N° XVI — Guide-pierre : 544 aunes depuis la précédente, également sur un rocher, entourée d’un cairn ; pierre triandrique à pointe saillante, 1 aune 2 pouces de haut, 7 pouces de large et 4 pouces d’épaisseur au milieu.— Puis dans la même ligne droite jusqu’à [N° XVII].

XVII — Halfsnaneskälet (Borne en demi-lune)

Halfsnaneskälet (Borne en Demi-Lune), maçonnée près d’un rocher, raison pour laquelle le cairn a pris la forme d’un demi-croissant de lune ; 2½ aunes de diamètre, ½ aune de haut ; la pierre indicatrice est triandrique et rugueuse avec des arêtes vives et plate vers le haut ; indique la ligne vers N° XVI ; munie de 2 guide-pierres, l’un vers N° XVII et l’autre vers N° XVIII.—11 aunes depuis la borne.— La dernière ligne de séparation avec la Commune du District fut finalement tracée depuis cet endroit sur 545 aunes jusqu’à [N° XVIII].

N° XVIII — Algutsboda Ängeskäl (Borne des Prairies d’Algutsboda)

Algutsboda Ängeskäl (Borne des Prairies d’Algutsboda), érigée à un angle de clôture à l’ouest de la Prairie d’Algutsboda ; cairn de 2½ aunes de diamètre, ¾ aune de haut ; pierre triandrique, plate côté est et rugueuse côté ouest, 1½ aune de haut, ¾ aune de large au milieu et plate vers le haut ; indique la ligne vers N° XVII.

La suite dans un prochain épisode…


A la recherche de Rödmossen (2/4)

une ferme forestière au cœur du Kolmården
Dessin, d’après Pehr Hörberg, du docteur Bergsten qui racheta la propriété aux Kuhlman en 1878.

Au cœur des hauteurs boisées du Kolmården, à la frontière naturelle entre l’Östergötland et la Södermanland, se dissimule une ferme que l’histoire a longtemps gardée dans l’ombre : Rödmossen. Nichée dans la paroisse de Kvillinge, au sein du district de Bråbo, cette propriété forestière est le fruit d’une colonisation patiente et déterminée, celle des hommes qui, siècle après siècle, ont taillé leur place dans un paysage de forêts denses, de lacs et de tourbières. Son histoire, reconstituée à partir de deux sources précieuses révèle bien plus qu’un simple établissement rural. Rödmossen est un condensé de mémoire collective : des bornes frontières oubliées, une source aux vertus légendaires, des charbonnières enfouies sous la mousse, et des vestiges de l’Âge du Bronze que la forêt n’a jamais tout à fait effacés.

Rödmossen n’est pas une ferme issue d’un village préexistant. Elle ne constitue pas davantage une dépendance de la ferme voisine d’Algutsboda, bien qu’elle en soit géographiquement proche. Elle est ce que les sources suédoises appellent une avsöndring — un lotissement prélevé directement sur les terres communes du district, la Bråbo häradsallmänning. C’est, en d’autres termes, le résultat d’un défrichement volontaire sur le commun de Kolmården, tel que le précise explicitement l’acte cadastral de 1791 : la ferme y est qualifiée d’uppodlingsmark på allmänningen Kolmården, c’est-à-dire une terre mise en culture sur le territoire de Kolmården. Les fermes de ce secteur — Algutsboda, Böksjö, Böksjötorp, puis Rödmossen — se sont succédées comme autant de traces d’une chaîne d’occupation humaine progressant depuis les terres basses et fertiles vers les hauteurs sauvages et isolées.

Premières traces cartographiques

La première mention documentée de Rödmossen remonte à 1673. Elle apparaît sur une carte à petite échelle du nord-est de l’Östergötland, dessinée par le cartographe Johan de Rogier (LSA D13). Cette carte, qui figure également la Vieille Route de Stockholm (Gamla Stockholmsvägen) et le pont de Getå (Getåbro), révèle un paysage déjà partiellement humanisé, avec une occupation relativement dense entre l’ancienne église de Krokek et le lac Svinsjön. En 1708, Rödmossen réapparaît sur une carte de la réserve commune de Bråbo (LSA D20). Puis, en 1791, la ferme fait l’objet d’un levé cadastral détaillé, avec mesure précise de ses terres et description de ses limites foncières (LSA D57-71:1). Ce document constitue la source principale pour comprendre la structure de la propriété à la fin du XVIIIe siècle. Il précise notamment l’emplacement et la nature de l’ensemble des bornes de délimitation qui entouraient la ferme — des repères dont certains, multi centenaires, jalonnent encore des limites entre propriétés voisines. L’une de ces bornes de délimitation, devenu obsolète à la suite d’ajustements ultérieurs des frontières, est aujourd’hui classé comme vestige culturel. En son centre se dresse encore une pierre pointeuse (visarsten), qui indique en silence la direction d’une limite foncière depuis longtemps disparue.

Plan de Rödmossen, Livre d’Or de Johan et Margaretha. Archives municipales de Norrköping.
Jacobs källa : la source et sa légende

À quelques pas de la ferme, le long de l’ancienne route reliant Rödmossen à Eriksberg — une voie que l’on retrouve sur les cartes historiques et dont le tracé semble inchangé depuis des siècles —, se trouve l’un des éléments patrimoniaux les plus émouvants du secteur : Jacobs källa, la source de Jacob. Il s’agit d’une petite fontaine ronde, d’environ cinquante centimètres de diamètre et soixante-dix centimètres de profondeur, entièrement murée à la main avec des pierres plates soigneusement ajustées. Elle est signalée dès la carte cadastrale de 1791 sous le nom de Jacobs källa. En raison de son ancienneté et de son importance patrimoniale, elle a été classée comme monument archéologique (fornlämning, UV 2) dans le cadre du projet ferroviaire Ostlänken, et bénéficie d’une protection prioritaire.

Mais ce qui rend cette source véritablement singulière, c’est la tradition orale qui l’entoure. Une croyance populaire dit ceci : si la source venait à se tarir, il en irait mal pour le peuple de Rödmossen. Cette formule rappelle combien, dans les régions forestières isolées, l’eau — ressource vitale — pouvait cristalliser l’imaginaire collectif et donner naissance à des légendes protectrices. Eriksberg, la ferme voisine vers laquelle mène cette même route, s’appelait autrefois Långeblåmosse, un nom qui évoque lui aussi le monde des tourbières et des marécages si caractéristique de ces hauteurs de Kolmården. Je compris enfin le sens de ce texte inscrit par l’Ingénieur municipal de Norrköping, Jacob Nystrand, le 4 octobre 1794. Celui-là même qui réalisa la carte de 1791…

Livre d’Or de Rödmossen. Poème de Jacob Nÿstrand le 4 octobre 1794. Ingénieur municipal de Norrköping. Né à Hjorteds klockaregård, Hjorted le 6 octobre 1758. Jakob Nystrand a épousé Maria Sofia Älf, fille de Samuel Älf. Il est décédé le 1838 à Norrköping.
« Tant que le champ produit de l'herbe et la forêt des arbres et du bois, 
les larmes de la fontaine de Jacob coulent,
Le propriétaire de Rödmossen a conquis un souvenir impérissable pour sa Persévérance et sa diligence, un ami, des signes d'amitié ».
Vestiges archéologiques : mémoire enfouie d’un territoire vivant

Les terres de Rödmossen et ses alentours immédiats ont livré plusieurs vestiges archéologiques qui témoignent d’une présence humaine bien antérieure à la fondation de la ferme. On y trouve d’abord un ancien cairn de pierres, entièrement recouvert de lichen, dont l’aspect solennel et vieilli suggère une grande ancienneté. Sa fonction exacte demeure inconnue : les archéologues ont écarté l’hypothèse d’une borne frontière. Lors des prospections menées dans le cadre de l’Ostlänken, des traces et un bois de cerf élaphe (kronhjort) ont été découverts à proximité, ajoutant une note de vie sauvage à ce témoignage du passé. Plus loin, trois installations de charbonnage ont été mises au jour. Ces charbonnières circulaires révèlent l’importance de l’économie forestière dans cette région. L’une d’elles, localisée au sud-ouest du lac Gullvagnen, est particulièrement remarquable : elle est accompagnée des fondations de trois cabanes de charbonniers (kolarkojor), ces petits abris rudimentaires dans lesquels les travailleurs se réchauffaient, cuisinaient et surveillaient leurs meules jour et nuit. L’âge de ces installations demeure indéterminé, mais elles s’inscrivent dans une longue tradition d’exploitation forestière qui a marqué profondément le paysage de Kolmården. Enfin, une skärvstenshög — un monticule de pierres brisées — a été découverte dans un secteur en hauteur, à l’écart de tout habitat connu. Ces structures sont typiques de l’Âge du Bronze, mais elles peuvent également dater du début de l’Âge du Fer. Lorsqu’elles sont isolées, loin des zones d’habitation, elles témoignent généralement d’activités spécialisées impliquant la chauffe intentionnelle de pierres dans le feu — peut-être liées à la métallurgie, au traitement d’aliments, ou à des pratiques rituelles.

la suite dans un prochain numéro…


A la recherche de Rödmossen (1/4)

l’enigme
Dessin d’après Pehr Hörberg.

Johan Kuhlman (1738 – 1806), Citoyen et marchand de Norrköping, possédait une propriété sur Drottninggatan avec un pignon donnant sur Skolgatan. Cette propriété fut détruite lors de l’incendie de la ville en 1822. Johan Kuhlman s’intéressait à la littérature et à l’érudition. Dans la « Kuhlmanska gården », un cercle de personnes partageant les mêmes idées se réunissait autour de lui notamment le navigateur de la Compagnie des Indes Orientales Christoffer Henrik Braad, le peintre Pehr Hörberg et l’historien et professeur Johan Henrik Lidén, afin de cultiver des intérêts communs et de discuter des questions culturelles de l’époque. L’été, le cercle se réunissait plutôt dans la maison de campagne de Kuhlman, Rödmossen, à Kolmården. Un livre d’or de cette maison est conservé dans les archives de la ville de Norrköping. Les invités de Johan Kuhlman y ont écrit des vers, des pensées et leurs autographes. Le livre contient également une carte et quelques dessins.

Première page du livre d’Or de Rödmossen.

Retrouver l’emplacement de Rödmossen ne fut pas de tout repos. Il y a en effet plusieurs lieux en Suède portant ce même nom dont un dans la banlieue de Stockholm et j’ai longtemps pensé que ce lieu était le bon. C’est en traduisant le livre de Hjalmar Lundgren « Kuhlmans, Pastel d’un Empire Bourgeois » (Lundgren, Kuhlmans ; Pasteller från den borgeliga empiren , 1917), écrit en 1917, que je fus mis enfin sur la bonne piste. Lundgren y décrit, sous forme de roman léger, le quotidien de Johan Kuhlman entre sa ville de Norrköping avec ses amis et sa propriété de Rödmossen.

Un soir, il rejoint, après avoir travaillé toute la journée, sa ferme de Rödmossen, dans la paroisse de Qvilinge. Sur la route il laisse à droite après la sortie de la ville, Herstaberg, la vieille ferme des De Falck, puis longe bientôt le lac et entouré de peupliers bourdonnants et passe devant le vieux manoir des Ribbings à Loddby. Après la forêt à gauche, on aperçoit déjà la propriété de Lida et, comme toujours, il pensera à son ami vénéré et malade resté chez lui à Drottninggatan, Johan Henric Lidén. Puis la calèche roule sur la route en pente douce vers Åby, monte la courte élévation vers l’auberge, où l’aubergiste Glad se tient là au carrefour et lui tire son chapeau avec la plus profonde dévotion, et continue à travers la forêt sur les pentes de Kolmård...

Puis, c’est en étudiant deux documents intéressants que je compris où était localisée la maison de campagne de Johan et Margaretha. La lecture d’un rapport officiel de fouilles archéologiques préventives (1), commandé par l’agence suédoise des transports dans le cadre de la planification de la ligne ferroviaire à grande vitesse Ostlänken, devant relier Stockholm à Göteborg via Norrköping et Linköping présentait moult détails intéressants dont la mention d’une carte de la propriété et datant de 1791. Un autre document, l’encyclopédie historique et géographique de l’Östergötland (2), publiée à Stockholm en 1917 par l’érudit Anton Ridderstad décrit la province de l’Östergötland avec ses villes, ses paroisses rurales et toutes ses propriétés. Ridderstad y recense, paroisse par paroisse et domaine par domaine, toute la géographie, l’histoire, les familles nobles, les légendes et les traditions de la province. C’est une source primaire de référence pour qui veut comprendre l’Östergötland d’antan. Ce volume couvre notamment le comté de Bråbo — dans lequel se trouve la paroisse de Kvillinge, où est localisée Rödmossen.

J’avais à présent toutes les informations pour préparer enfin cette visite de Rödmossen, prévue à l’été 2022. Le chemin se dessinait enfin et nous allions pouvoir remonter le temps afin de trouver l’endroit où les Kuhlman passaient tous leurs étés à la fin du XVIIIe siècle. Mais que restait-il des lieux ? Qu’allions-nous pouvoir trouver comme restes de cette époque lointaine. Le GPS nous emmena à l’orée du bois, là où un hôtel de luxe moderne s’était installé depuis quelques années. L’adresse indiquait « Rödmossen » mais ce n’était pas Rödmossen car je ne reconnaissait pas les lieux… Il fallut laisser la voiture et parcourir encore environ deux kilomètres et six cent mètres restant à pied dans la forêt. Le chemin passait sous la route et, je le savais, la propriété allait se présenter à nous un peu plus loin, sur la gauche et après la fourche.

Rödmossen, juillet 2022. Etienne LAUDE
Rödmossen, juillet 2022. Etienne LAUDE
Rödmossen, juillet 2022. Etienne LAUDE
Rödmossen, juillet 2022. Etienne LAUDE

La suite dans un prochain numéro…

(1) Pia Nilsson et al., Ostlänken – Delsträckan kolmårdsbranten till länsgränsen (Östergötland–Södermanland), Rapport 2015:2, Riksantikvarieämbetet UV / Statens Historiska Museer, Linköping, 20 janvier 2015.

(2) Anton Ridderstad, Östergötlands Beskrivning med dess städer samt landsbygdens socknar och alla egendomar, Tome II, Première partie, P. A. Norstedt & Söners Förlag, Stockholm, 1917.

Les derniers mots de Beaumarchais

Alors que je cherchais des indices relatifs à des amis les plus proches de Johan Kuhlman (1738-1806), Johan Niclas Lindhal, marchand de Norrköping lui aussi et gendre de Carl Christopher Gjörwell (1), je fus intrigué par une phrase que je traduis tout d’abord par « exécuteur testamentaire » de Beaumarchais. Mais rien dans la biographie de Lindhal ou de Beaumarchais (2) ne permettait de confirmer cette affirmation. De fil en aiguille, je décidais de parcourir le Minnesbok de Lindhal, disponible sur le site internet « litteraturebanken ». Similaire à celui de Johan mais contenant 460 pages, il a ceci de spécial que Lindhal l’emmenait avec lui lors de ses voyages en Europe.

Et à la page 266 on peut lire ce qui est probablement un des derniers textes de Beaumarchais, alors alité à son domicile à Paris avec une date indiquée : 18 mai 1799, date de la mort du célèbre poète et écrivain.

Extrait de la page 266 du Minnesbok de Johan Niklas Lindhal, marchand et ami de Johan Kuhlman.
Vous arrivez trop tard en France monsieur Lindhal pour avoir autre chose de moi que mes adieux au monde.

Adieu passé, songe rapide
Adieu longue ivresse homicide
Des amours et de leur festin.
Quelque soit l'aveugle qui guide
Ce monde vieillard enfantin;
Adieu grands mots remplis de vide,
Bazard, providence ou destin.
Fatigué dans ma course aride,
De gravir contre l'incertain;
Désabusé comme candide,
Et plus tolérant que Martin;
Cet asile est ma propontide (3):
J'y cultive en paix mon jardin.

Cette date du 18 mai 1799 a certainement été rajoutée par Lindhal lui même par la suite (elle est écrite en Suédois) indiquant la mort de Beaumarchais. J’ai donc regardé les dates qui encadraient ce dernier poème du grand écrivain des lumières. La page d’avant est datée du 3 vendémiaire an 7 de la République et la suivante du 19. C’est à dire entre le 28 septembre 1798 et le 10 octobre 1798. C’est entre ces deux dates que l’on peut dater ce qui est certainement un des derniers poèmes de Beaumarchais. Un poème probablement jusqu’à ce jour jamais publié …

Un mystère chassant l’autre il est curieux de constater que Beaumarchais se sent mourir alors que sa biographie indique une mort par apoplexie (4), c’est à dire plutôt survenue brutalement.

(1) Johan Nicolas Lindahl (1769-1813), marchand de Norrköping et ami de Johan Kuhman. Son épouse Gustafva Eleonora Lindahl, née Gjörwell deviendra la meilleure amie de Margaretha Sehlberg, épouse de Johan. Les deux amies s’écrivirent beaucoup et leur correspondance a fait l’objet d’un livre publié en 1941 et intitulé Ett Ömt Hjärtas Brev de Lundgren écrivain et historien de Norrköping qui publia en 1917 un livre sur l’histoire des Kuhlman « Kuhlmans – Pasteller från den borgeriga empiren » (Stockholm 1917). Lindhal lui même laissera dans le Livre d’Or de Johan ces quelques vers présentés ci-dessous :

Poème de Johan Niklas Lindhal (1769-1813), Livre d’Or de Johan Kuhlman le 29 juin 1792.

(2) Pierre-Augustin Caron de Beaumarchais, plus souvent désigné comme Beaumarchais, né le 24 janvier 1732 à Paris et mort le 29 floréal an VII (18 mai 1799) à Paris 8e, est un écrivain, dramaturge, musicien et homme d’affaires français. Éditeur de Voltaire, il est aussi à l’origine de la première loi en faveur du droit d’auteur et le fondateur de la Société des auteurs. Également agent secret et marchand d’armes pour le compte du roi, il est un homme d’action et de combats ne semblant jamais désarmé face à un ennemi ou à l’adversité. Son existence est tout entière marquée par l’empreinte du théâtre, et, s’il est principalement connu pour son œuvre dramatique, en particulier la trilogie de Figaro, sa vie se mêle étrangement à ses œuvres. Figure majeure du siècle des Lumières, il est considéré comme un des annonciateurs de la Révolution française[2] et de la liberté d’opinion ainsi résumée dans sa plus célèbre pièce, Le Mariage de Figaro :

« Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur, il n’y a que les petits hommes qui redoutent les petits écrits.

(3) Ancien nom de la mer de Marmara. La mer de Marmara, autrefois appelée la Propontide, est une mer située en Turquie, entre la Thrace orientale et l’Anatolie, et qui communique avec la mer Égée au Sud-Ouest et la mer Noire au Nord-Est. Par les détroits des Dardanelles et du Bosphore, qu’elle inclut dans sa surface, elle constitue une mer transitoire entre la mer Méditerranée et la mer Noire.

(4) Apoplexie est un terme médical historique, qui se définissait comme la suspension brutale, plus ou moins complète, de l’activité cérébrale, le plus souvent causée par une hémorragie cérébrale. Par extension et par analogie, le terme apoplexie a pu désigner toute hémorragie soudaine survenant dans les tissus, ou tout arrêt fonctionnel brusque, d’un organe quelconque. Le terme devient médicalement obsolète au cours du XXe siècle, mais il reste utilisé dans le langage populaire et littéraire. Au début du XXIe siècle, le terme d’accident vasculaire cérébral (AVC) englobe plus ou moins ce qui était historiquement l’apoplexie cérébrale.