L’orthographe correcte du prénom du futur Consul Général de Suède et Norvège était-elle Josef (en Suédois) ou Joseph (en Français) ? Quelle importance me direz-vous et pourquoi cet article inutile ?
Certains registres le mentionnent avec l’orthographe suédoise, d’autres française, mais c’est l’acte de naissance qui nous apporte la réponse. Ses parents, Johan Peter (1767-1839) et Inga Näsbom (1776-1852), avaient choisi Joseph.

Naissance : jour 2 janvier 1809 – Père : Kamerareren Johan Peter Kuhlman, né 1767 – Mère : Inga Näsbom, 22 ans (erreur dans le registre il faut lire 32 ans) – Enfant : Joseph [Kuhlman] – Parrains/marraines : Groshandlare [négociant] Dan Schloss, Johan Bolander, Anna Lundström (?), Fru Christina Jyrwald.
En Suède à cette époque, Josef est la forme courante dans les registres paroissiaux suédophones. L’utilisation de Joseph (avec le ph) dans ce registre de 1809 est notable car elle souligne une influence de langue française, pratiquée de longue date dans la famille, voire wallonne (via la famille de Besche que j’évoquerais prochainement). Le choix de « Joseph » (et non Josef) pour nommer son fils en 1809 pourrait refléter la conscience de l’héritage wallon/français de la famille Kuhlman — les De Besche étant d’origine wallonne francophone établis en Suède depuis le XVIIe siècle.


Les registres officiels Suédois utiliseront toujours la forme telle que déclarée sur l’acte de naissance, comme sur ce recensement de 1825 ou encore ce registre des diplomates édité en 1909.


Bien sûr dans les registres français, tels que celui d’Alger lors de son mariage avec Marie Pauline Carraux, le 22 septembre 1862 il est écrit Joseph, le prénom de son père était même orthographié « Jean Pierre » au lieu de Johan Peter.
Mais cela n’empêchait pas Joseph de signer lui-même Josef comme le montre cette lettre écrite à sa sœur, en français de surcroît, en 1866.

De même dans ses nombreux articles publiés dans les journaux Suèdois de l’époque, il utilisera toujours la forme suédoise de son prénom. Avec un f…

Curieux cette habitude d’écrire en français à des membres de sa famille proche tout en privilégiant l’orthographe Suédoise de son prénom, comme une hésitation entre deux nationalités. Ou représentait-il tout naturellement une synthèse entre deux histoires, deux cultures ?
J’utiliserai donc la forme « Josef » comme semblait le souhaiter mon arrière-arrière-arrière grand-père…