Enveloppez bien la petite Madame

Lettre n°2 – Correspondances Lidén-Kuhlman (1er février 1773)

« Correspondance Lidén-Kuhlman »

Linköping, le 18 janvier 1773.

Mon cher ami,

Lettre, facture, argent, chaussures de Laponie¹, tout est bien arrivé. Merci pour tout le mal que tu t’es donné. Ne t’étonne pas que j’aie tardé à écrire. La main ne veut guère être assez serviable depuis qu’il fait froid. Par ce temps si changeant, je me suis senti assez mal et j’ai été de mauvaise humeur. Le manque de compagnie y est aussi pour quelque chose. Je rêve de mes bons hôtes de Norrköping² ; mais comment un pauvre hère pourrait-il s’y rendre par un tel froid et de si mauvaises routes³ ? À présent, je n’ose même pas mettre le nez dehors. Ah ! quelle agréable visite cela eût été pour moi de vous voir ici à Linköping. Pourquoi les bonnes conditions de route ont-elles si vite disparu ? Je n’ai rien à offrir, car ici en ville c’est le refuge de l’inquiétude ; mais quand les routes seront praticables et le temps doux, un tel voyage ne pourrait guère faire de mal. Imagine que Frère Rudberg⁴ vous accompagnât. Soyez les très bienvenus du fond du cœur, quand cela deviendra possible. Mais enveloppez bien la petite Madame⁵ afin qu’elle n’ait pas froid.

Pour le compte de mon beau-frère, le juge de district Sparschuch⁶, je dois commander une bonne provision d’eau de Pyrmont⁷ pour l’été. L’eau que j’avais fait chercher, c’est maintenant M. Duværus qui la boit, lui qui est misérablement torturé par la goutte⁸ depuis qu’il a surmonté la fièvre putride⁹.

Fais-moi savoir à l’avenir quel a été le prix des céréales¹⁰ à Örebro¹¹, ainsi que lors de la foire de la Saint-Paul¹² à Norrköping. Mon cher ami, rappelle à l’occasion à Grewahn¹³ de se souvenir du 22 février¹⁴. Ce serait un bien vilain tour si je me retrouvais à sec ce jour-là. Salue humblement Madame⁵ et Mademoiselle¹⁵ ; dis-leur qu’à présent je suis un parfait invalide¹⁶. J’espère toutefois redevenir un brave homme.

Comment te portes-tu toi-même ? Prends-tu régulièrement tes remèdes ? Aime toujours celui qui vit et meurt

Le plus fidèle ami de mon cher ami, Lidén

P.S. Prête-moi l’Histoire du commerce¹⁷ quand un messager part. Les livres de l’assesseur Braad¹⁸ sont-ils bien revenus ?

Depuis que j’ai écrit ces lignes, j’ai reçu une nouvelle et chère lettre par la poste. Comme il me réjouit que mes amis aillent mieux ! Ah, si je pouvais être parmi vous ! Eh bien, j’aurai aussi cette joie, si Dieu le veut. M. Alstrin, directeur des mines¹⁹, était chez moi aujourd’hui et est en route pour Stockholm ; il s’arrêtera à Norrköping. Jern²⁰, je ne le connais pas personnellement, mais il jouit d’une fort bonne réputation en ville. Il est celui qui, parmi tous les jeunes marchands, se comporte le mieux. De plus, il est bien marié et fait un bon commerce. Ainsi, il n’y a aucun risque avec lui.

[Reçu le 19 janvier²¹]

« Au domaine de Rödmossen, ses possesseurs ont exécuté des travaux louables », Le 12 juillet 1793. « Pille, l’homme riche, cultivait les forêts et les champs. Ovide ». Lars Sparschurch. Texte laissé dans le livre d’Or de Johan Kuhlman. Archives de Norrköping.

Notes explicatives

¹ Chaussures de Laponie (lappstöflar) — Bottes traditionnelles sames, confectionnées en peau de renne, à la semelle recourbée vers le haut pour s’adapter aux raquettes à neige. Très prisées en Suède au XVIIIe siècle pour leur chaleur exceptionnelle, elles s’achetaient souvent par l’intermédiaire de correspondants dans les villes du Nord ou de marchands itinérants.

² Norrköping — Grande ville marchande et proto-industrielle du sud-est de la Suède (province d’Östergötland), l’une des plus dynamiques du royaume au XVIIIe siècle, avec de nombreuses manufactures textiles et un commerce actif. Elle se distinguait nettement de Linköping, ville administrative et épiscopale plus modeste, d’où le sentiment d’isolement de Lidén.

³ Conditions de route (åkföre / wægelag) — En Suède, les routes d’hiver praticables en traîneau (åkföre, littéralement « conditions pour rouler ») étaient souvent meilleures que les chemins détrempés du printemps ou de l’automne. Un bon åkföre (sol gelé, neige tassée) rendait les longs trajets rapides et confortables. Sa disparition soudaine rendait tout déplacement pénible ou impossible.

⁴ Frère Rudberg (Bror Rudberg) — Titre familier (bror, « frère ») désignant un ami proche, probablement un ecclésiastique ou un académicien du réseau de Lidén. L’usage de bror pour un non-membre de la famille était courant dans les cercles cultivés suédois du XVIIIe siècle pour marquer une amitié intime.

⁵ La petite Madame / Madame (Frun) — Il s’agit de Brita Katarina Classon, première épouse de Johan Kuhlman, fille d’un marchand d’Örebro, épousée en 1772, quelques mois seulement avant que cette lettre soit écrite. Le qualificatif affectueux lilla Frun (« la petite Madame ») reflète sans doute à la fois sa jeunesse et sa condition de jeune mariée récente. La tendresse de Lidén à son égard prend une teinte particulièrement poignante à la lumière de ce que l’on sait : Brita Katarina mourra l’année même de cette lettre. Johan Kuhlman se remariera le 7 août 1779 avec Margareta Sehlberg, fille d’un marchand de Gävle, ville située à quelque 200 km au nord de Stockholm.

⁶ Lars Sparschurch (1738-1810) — Beau-frère (swåger) de Lidén, mentionné avec le titre abrégé V. Hæradsh., correspondant vraisemblablement à Vice-Häradshövding (vice-juge de district), fonction qu’il occupait en 1773. Il fera ensuite carrière comme Assesseur, administrateur et fonctionnaire de l’État chargé de fonctions judiciaires dans les instances royales suédoises. Il avait épousé Anna Brita Älf, demi-sœur de Lidén, et se rattachait par ce mariage à la famille Montelius de Linköping, où il mourut en 1810. Lidén joue ici le rôle d’intermédiaire et d’agent pour ses affaires.

Eau de Pyrmont (Pyrmontervatten) — Eau minérale gazeuse provenant de la station thermale de Bad Pyrmont (principauté de Waldeck, actuelle Allemagne du Nord). Au XVIIIe siècle, elle était réputée dans toute l’Europe pour ses vertus médicinales contre les maladies digestives, la goutte et les affections nerveuses. Elle s’exportait en bouteilles et constituait un article de luxe importé en Suède, signalant un statut social élevé et une préoccupation pour la santé selon les codes médicaux de l’époque.

⁸ Goutte (gikten) — Maladie articulaire causée par un excès d’acide urique, particulièrement répandue parmi les classes aisées du XVIIIe siècle en raison d’une alimentation riche en viandes et en alcool. Ses crises pouvaient être profondément invalidantes et duraient parfois plusieurs semaines.

⁹ Fièvre putride (rötfebern) — Terme générique désignant au XVIIIe siècle diverses fièvres graves à caractère infectieux : typhus, fièvre typhoïde, ou fièvre scarlatine sévère. Le mot röt- (« putride, de putréfaction ») reflète la théorie médicale humorale de l’époque, qui attribuait ces fièvres à une corruption des humeurs internes.

¹⁰ Prix des céréales (spanmålspriset) — Information économique capitale au XVIIIe siècle. En Suède, les prix du blé, du seigle et de l’orge variaient fortement selon les régions et les saisons, influençant directement le coût de la vie et les spéculations commerciales.

¹¹ Örebro — Ville de la province de Närke, centre commercial important disposant de foires régulières. Les prix pratiqués à Örebro servaient souvent de référence pour les transactions dans les provinces voisines. C’est également la ville d’origine de Brita Katarina Classon, épouse de Johan Kuhlman.

¹² Foire de la Saint-Paul (Pålsmessan) — Foire traditionnelle célébrée autour du 25 janvier (fête de la Conversion de Saint Paul). Ces foires saisonnières rythmaient la vie économique des villes suédoises : on y réglait les dettes, on y concluait les contrats et on y fixait les prix pour les mois à venir.

¹³ Grewahn — Intermédiaire commercial de Norrköping, chargé de régler une échéance pour le compte de Lidén. Son identité précise n’est pas établie avec certitude.

¹⁴ 22 février — Date d’une échéance financière, très probablement une lettre de change (växel), courante dans le commerce du XVIIIe siècle. « Se retrouver à sec » (strandsättas, littéralement « être échoué ») signifiait ne pas pouvoir honorer un paiement, ce qui entraînait une grave atteinte à la réputation commerciale.

¹⁵ Mademoiselle (Mamsell) — Probablement Mademoiselle Ornberg, gouvernante au sein du foyer Kuhlman. Dans la société suédoise du XVIIIe siècle, le titre Mamsell désignait une femme non mariée de condition respectable, souvent employée dans les maisons bourgeoises comme gouvernante, dame de compagnie ou préceptrice. Sa mention aux côtés de Frun dans les salutations finales indique qu’elle faisait pleinement partie du cercle domestique de la famille.

¹⁶ Parfait invalide (fullkomlig Stympare) — Stympare désigne littéralement un « estropié » ou « mutilé », mais Lidén l’emploie ici avec autodérision pour qualifier son incapacité à tenir correctement la plume en raison du froid qui ankylose sa main. Ce type de plainte stylistique était un topos épistolaire du XVIIIe siècle.

¹⁷ Histoire du commerce (HandelsHistorien) — Ouvrage à identifier précisément ; il peut s’agir du Dictionnaire universel de commerce de Jacques Savary des Bruslons (traduit et diffusé en Suède), ou d’un traité sur le commerce international alors en vogue dans les cercles marchands et intellectuels suédois.

¹⁸ Assesseur Braad et Sara Margaretha Kuhlman — Le Ass. Braad mentionné dans le post-scriptum est Christofer Henric Braad (1728-1781), marin, navigateur et écrivain suédois de renom. Officier de la Compagnie suédoise d’Extrême-Orient (Svenska Ostindiska Companiet), il avait commandé plusieurs expéditions vers la Chine. Son dernier voyage accompli, il s’installa à Norrköping pour rédiger ses mémoires, et c’est là qu’il fit la connaissance de Johan Kuhlman, dont il devint l’ami. Johan lui présenta alors sa jeune sœur cadette, Sara Margaretha Kuhlman (née en 1752), qu’il épousa en 1772, à peine un an avant que cette lettre soit écrite. Sara Margaretha était issue du second mariage du père de Johan, dont celui-ci avait pris la tutelle après la mort de leur père en 1771. Le couple eut trois enfants, dont un fils, Christofer Hinrich, qui deviendra Secrétaire Royal. La question posée par Lidén — « Les livres de l’assesseur Braad sont-ils bien revenus ? » — révèle que les ouvrages de Braad, très probablement ses journaux de bord ou notes de voyage qu’il mettait en forme pour ses mémoires, circulaient au sein de ce réseau lettré. Cette note permet de mesurer la densité des liens unissant les protagonistes de cette correspondance : Kuhlman est à la fois l’ami de Lidén, le beau-frère de Braad et le tuteur de sa propre sœur, dans un réseau mêlant commerce, culture et vie familiale.

¹⁹ Directeur des mines (Bergmästare Alstrin) — Fonctionnaire royal chargé de la supervision des mines dans un district minier (bergslag). La Suède du XVIIIe siècle était l’une des premières puissances minières européennes (fer, cuivre), et ce titre correspondait à une position influente et bien rémunérée.

²⁰ Jern — Nom propre (järn signifie « fer » en suédois), probablement un négociant lié à l’industrie métallurgique, dont la réputation à Norrköping est jugée favorable. Lidén, qui ne le connaît pas personnellement, le recommande indirectement à son correspondant sur la foi de son image en ville.

²¹ [Reçu le 19 janvier] — Note archivistique ajoutée par le destinataire (ou un archiviste ultérieur) indiquant la date d’arrivée. La lettre étant datée du 18 janvier et reçue le lendemain, le voyage postal entre Linköping et Norrköping — deux villes voisines distantes d’une quarantaine de kilomètres dans la province d’Östergötland — s’effectuait donc en une seule journée, témoignant de l’efficacité du service postal suédois de l’époque. Cela souligne aussi, par contraste, combien les plaintes de Lidén sur les routes impraticables sont éloquentes : le courrier passe, mais lui ne peut bouger.

Note linguistique générale — La lettre est écrite en suédois du XVIIIe siècle, caractérisé par une orthographe archaïsante : w pour v, æ pour ä, ø pour ö, th pour t. Cette graphie reflète l’état de la langue avant les grandes réformes orthographiques du XIXe siècle. Le style est vif, familier et elliptique, typique de la correspondance privée cultivée de l’époque des Lumières suédoises.

Le vœu de sincérité

Lettre n°1 – Correspondances Lidén-Kuhlman (1er janvier 1773)

« Correspondance Lidén-Kuhlman »

Johan Henrik Lidén (1741-1793). Depuis son lit de Linköping, immobilisé par la goutte, il adresse à Kuhlman ses premiers vœux de l’année.

Linköping, Jour de l’an 1773.

Mon très cher ami,

Ceci est ma première lettre de l’année. À qui aurais-je dû écrire plus volontiers qu’à un ami ?

Je ne fais pas de fioritures de Nouvel An, ni de compliments, comme on les appelle selon le « nouveau style » ; mais il n’est rien de bon que je ne souhaite maintenant et à l’avenir, du fond du cœur, à M. Kuhlman, ainsi qu’à sa chère épouse. Que Dieu nous accorde la santé et l’esprit satisfait ! Tout le reste, je le tiens pour peu de chose. J’ai passé les fêtes dans le calme ; surtout au lit, car mes pieds ne veulent guère me tenir compagnie pour marcher. Mais je ne veux pas commencer l’année par des lamentations. Donc, assez à ce sujet.

La pelisse était jolie et bienvenue. Je n’aurais jamais pu faire une plus grande surprise à ma mère. Je renouvelle mes remerciements pour la peine que vous vous êtes donnée avec cela, tant à Madame qu’à M. Kuhlman. Mais combien n’ai-je pas à vous remercier pour tout le reste ?

Soit qu’il ne se passe rien de nouveau ici, soit que j’en sois ignorant. Saluez tous nos amis communs, et aimez toujours celui qui le restera jusqu’à la mort.

De mon très cher ami, L’humble et fidèle Lidén. »

J’ai oublié mes bottes de Laponie à Norrköping. Soyez gentil de me les envoyer ici, quand l’occasion se présentera. Elles sont nécessaires, maintenant que le froid commence à s’installer.

3 janvier. À l’instant, je reçois une nouvelle lettre de mon bon ami. Cela exige de nouveaux remerciements. Merci pour tous les vœux. Ils sont sincères et donc bienvenus. Ah ! si le bon Dieu nous donnait cette année une meilleure santé ! Comme nous nous unirions pour chanter Ses louanges ! Que Dieu rende au moins nos souffrances supportables et pas trop longues ! Ou, plus justement : que Dieu nous accorde la Grâce d’être satisfaits de Sa volonté en tout !

Ma bonne mère vous envoie ses salutations cordiales. Saluez aussi mon frère Rudberg bien-aimé. [Reçu le 6.1.]

Notes historiques
  • Sincérité contre usages : Lidén refuse les « Nyårskrumelurer » (littéralement : « fioritures de Nouvel An »). Il se moque des vœux pompeux à la mode (« selon le nouveau style ») et leur préfère une déclaration simple, venant du fond du cœur. C’est le ton de toute sa correspondance : une intimité dépouillée d’artifices.
  • La santé et les fêtes : Lidén mentionne avoir passé les fêtes « au lit » à cause de ses pieds. Il s’agit d’une référence récurrente à sa goutte, qui l’handicapait souvent et limitait ses déplacements, faisant du lit son bureau et son lieu de réflexion.
  • Le cadeau (La pelisse) : La « Pellisen » (pelisse, un manteau de fourrure) est ici au centre du récit. Lidén semble l’avoir reçue de Kuhlman et en a fait cadeau à sa mère, lui créant ainsi une immense « surprise ». Il exprime une gratitude profonde, non seulement pour le cadeau lui-même, mais pour l’attention touchante qu’il représente.
  • Les bottes de Laponie (Lappstöflar) : Ces bottes, faites de peau de renne, étaient essentielles pour affronter les hivers suédois. Le fait que Lidén les oublie à Norrköping témoigne de son état de fatigue ou de distraction lors de son départ, mais surtout de la rudesse du climat contre lequel il cherche à se protéger.
  • La rapidité des échanges : Notez la précision « d. 3. Jan. » et « [Ank. d. 6.1.] » (Reçu le 6 janvier). En trois jours, la lettre a voyagé, a été traitée et reçue. C’est une illustration fascinante de l’efficacité du système postal de l’époque entre deux villes distantes de 45 km.
  • La résignation religieuse : La phrase « Que Dieu nous accorde la Grâce d’être satisfaits de Sa volonté en tout ! » est très représentative de la mentalité du XVIIIe siècle. Face à la maladie (sa goutte chronique), Lidén ne se contente pas de demander la guérison, il cherche la paix intérieure dans l’acceptation de son sort, un sentiment qui revient souvent dans sa correspondance.

Correspondance Lidén-Kuhlman : Le récit d’une amitié (1773-1787)

Bienvenue dans ce voyage à travers une époque. Entre 1773 et 1787, Johan Henrik Lidén a entretenu avec son ami intime, Johan Kuhlman, une correspondance riche de 120 lettres. Comme nous l’avons évoqué dans la présentation de l’ouvrage Förtroendes brev från Johan Henrik Lidén (1768-1787), ces écrits constituent le cœur battant de ce projet éditorial. Les lettres originales sont conservées aux Archives de la bibliothèque de Linköping.

Portrait de Lidén (1741-1793) par le peintre Magnus Hallman.

Plus qu’une simple collection de documents historiques, ces lettres sont le témoignage vivant d’une amitié rare qui a défié le temps. En publiant cette série, nous souhaitons vous offrir une immersion complète dans l’intimité de ces deux hommes. Chaque article sera l’occasion de transcrire, traduire et analyser une pièce de ce puzzle épistolaire, nous permettant de découvrir le quotidien, les joies, les peines et les réflexions intellectuelles de la Suède du XVIIIe siècle.

Qui était Johan Henrik Lidén (1741-1793) ?

Pour mieux comprendre la profondeur de ces échanges, il est essentiel de se pencher sur la figure centrale de cette correspondance : Johan Henrik Lidén.

Johan Kuhlman (1738-1806) par le peintre Pehr Horberg.

Historien, professeur et bibliophile érudit, Lidén est une figure marquante de la vie intellectuelle suédoise de son temps. Après avoir étudié à l’Université de Lund, il a consacré une grande partie de sa vie à l’étude de l’histoire littéraire et à la constitution d’une bibliothèque privée considérable. Voyageur infatigable, il a parcouru l’Europe, rencontrant des intellectuels et collectant des ouvrages précieux, ce qui lui a conféré une culture et un réseau exceptionnels.

Cependant, derrière le savant public se cachait un homme sensible, souvent tourmenté par une santé fragile, notamment sa goutte chronique, et par les aléas de la vie. C’est précisément dans ses lettres à Johan Kuhlman, son confident le plus fidèle, que Lidén tombe le masque. Il y dévoile une vulnérabilité touchante et une humanité profonde qui contrastent avec son image d’érudit rigoureux. Ces lettres ne sont pas seulement le journal d’un homme de savoir, mais le miroir d’une âme en quête de chaleur humaine et de soutien dans un siècle en pleine mutation.

Accéder à l’intégralité de la correspondance

Nous publions progressivement la transcription et la traduction annotée de l’ensemble des 120 lettres de Lidén à Kuhlman.

Consulter toutes les lettres publiées

Ce projet s’inscrit dans la continuité de nos recherches sur le fonds Lidén. Pour en savoir plus sur l’origine de cette collection, vous pouvez consulter notre présentation détaillée : Förtroendes brev från Johan Henrik Lidén (1768-1787).